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29/08/2013

De la crise financière à la 3ème guerre mondiale

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29/08/2013 - Ces investisseurs qui parient sur le prochain chaos mondial...
  

« Des milliers de milliards de dollars de dettes seront restructurés et des millions d’épargnants prudents vont perdre des pourcentages importants de leur pouvoir d’achat réel exactement au pire moment de leur vie. 

Cette fois-ci encore, ce ne sera pas la fin du monde, mais le tissu social des nations dépensières sera étiré et dans certains cas il se déchirera. 



Il est triste de constater que bien trop souvent dans l’histoire économique, la guerre a toujours été la conclusion logique de la dynamique du chaos économique. Nous pensons que la guerre est une conséquence inévitable de la situation économique mondiale actuelle » écrit Kyle Bass, un investisseur américain qui parie sur l’effondrement des pays d’Europe, cité par le blog financier américain Zero Hedge.

Dans un email adressé aux adhérents de ses bulletins d’avis boursiers, Larry Edelson, un gourou de la bourse américaine, prophétise lui aussi la guerre. Il y explique qu’il a étudié depuis une trentaine d’années les « cycles de guerre », c’est-à-dire, les cycles qui prédisposent les sociétés à entrer dans le chaos et la haine, qui aboutissent à des guerres civiles et des guerres internationales.

    « Je ne suis probablement pas le premier à examiner ces modèles très distinctifs dans l’histoire. Il y en a eu d’autres avant moi, Raymond Wheeler en particulier, qui a publié la chronique qui fait le plus autorité en matière de guerre, et qui couvre une période de 2.600 années de données. Toutefois, très peu de personnes sont disposées à discuter de ce problème de nos jours. Et si je me base sur ce que je vois, les implications pourraient être absolument énormes pour 2013.»

Charles Nenner, un analyste de Goldman Sachs réputé pour la justesse de certaines de ses prévisions, parle quant à lui d’une guerre majeure qui devrait débuter au cours de cette année.

Quant à Jim Rogers, un autre investisseur américain influent, pense aussi qu’il pourrait y avoir une guerre mondiale.

    « Une poursuite des plans de sauvetage en Europe pourrait aboutir à déclencher une autre guerre mondiale », a-t-il affirmé.

    « Ajoutez de la dette, la situation empire, puis c’est l’effondrement. A ce moment-là, tout le monde recherchera un bouc émissaire. Les politiciens accusent les étrangers, et nous revoilà dans la seconde guerre mondiale, ou une guerre mondiale de toute façon » explique-t-il.

Marc Faber, un analyste en investissement suisse, estime qu’une guerre serait plus le fait des Américains. Selon lui, ils pourraient la provoquer pour détourner l’attention sur la mauvaise situation économique du pays. Il croit que le pétrole du Moyen-Orient pourrait fournir le prétexte d’un conflit pour les États-Unis, la Chine, mais aussi la Russie.
 
Zero Hedge / Le Journal du Siècle



En relation avec:  1914-1939 - Les mécanismes économiques menant aux guerres mondiales - Des crises à la guerre civile


25/12/2012 -  2013, le scénario noir par le JT de France 2

10/10/2011 - Conférence Ihedn - Jean-Michel Quatrepoint - La 3ème guerre mondiale en question

07/10/2011 - Adrian Salbuchi, économiste argentin - La 3ème guerre mondiale débutera par un évènement nucléaire (intervention en entier ici)


30/07/2013 - Un analyste russe prédit l'effondrement en 2014

L'épine dorsale du "Système périodique du développement capitaliste mondial du milieu du XVIIIe siècle à la moitié du XXIe siècle" que j'ai élaboré est constituée par la théorie des grands cycles de Kondratiev, la théorie du développement par l'innovation de Schumpeter, et par la théorie du chaos de Prigogine.  
 
Dans mon Système, j'ai réussi à intégrer en un seul et même ensemble des cycles différents, les cycles courts de Kitchin (3-5 ans) et de Juglar (8-11 ans), les cycles moyens de Kouznetsov (20-25 ans), avec les cycles longs de Kondratiev (40-60 ans), les cycles de formation des Structures technologiques (ST) de Glaziev, M.Hirooka et K.Peres et les cycles séculaires d'Arrighi, Pantine et Badalyan et Krivorotov. Il s'est avéré non seulement que tous ces cycles sont connectés, mais qu'ils se complètent et se conditionnent mutuellement. En outre, je m'appuie dans mes recherches sur des classiques de la pensée économique, comme Adam Smith, Karl Marx, Keynes et bien d'autres.

Quelles grandes tendances se dégagent de cette approche?

J'ai remarqué une chose intéressante: depuis les XVIIe-XVIIIe siècles, deux conceptions majeures du développement s'affrontent. La première a été initiée par les physiocrates français dans la formule «laissez faire, laissez passer», appelant à la liberté d'entreprise, et rejetant l'implication du gouvernement dans la vie économique de la société. Plus tard, cela a donné la «main invisible du marché» d'Adam Smith, la loi de Say etc., jusqu'au néo-libéralisme moderne.

L'autre conception, formulée dans la théorie du mercantilisme, non seulement autorisait, mais exigeait l'intervention du gouvernement dans la vie économique, d'abord sous forme de protectionnisme (protection du capital national contre la concurrence étrangère), puis de participation directe de l'Etat dans la vie économique par redistribution des ressources financières à travers le budget de l'Etat, et en régulant l'ensemble de la vie économique, conformément à la théorie de Keynes.

Ces deux paradigmes se succèdent lors de la transition entre les phases montante et descendante de chaque grand cycle de Kondratiev. Le néolibéralisme a détrôné dans les années 1980 le modèle de développement keynésien, et le néolibéralisme sera à son tour remplacé durant la décennie actuelle par le post-keynésianisme, fondé sur la participation déterminante de l'Etat dans la vie économique de la société, jusque dans la planification, comme au Japon ou en Chine.

Dans quelle mesure les actions des gouvernements et des Banques centrales peuvent influer sur l'économie mondiale si celle-ci est déterminée par des cycles?

Tout dépend des cycles dont on parle. Si vous parlez des petits cycles de Kitchin, l'injection massive de liquidités dans l'économie et les programmes étatiques de stimulation de la demande (prime à la casse, etc) ont permis dès la fin 2009 de surmonter la crise de ce cycle. Dans ce cas, les gouvernements et les Banques centrales ont joué un rôle décisif.

Mais ce cycle dure 3 à 5 ans, et en 2012-2013, les économies occidentales sont de nouveau entrées dans la phase descendante de ce cycle, et les gouvernements et les banques centrales sont depuis à court d'idées. Dans le cadre des cycles de Juglar, l'économie occidentale n'est jamais sortie de la crise depuis 2008, comme le montre le chômage élevé, la faible utilisation des capacités de production, le renouvellement larvé du capital fixe. Si l'on observe les cycles moyens de Kouznetsov, là aussi les économies développées restent dans un état de dépression: la demande de logement est faible, les prix sont encore bas par rapport à la période d'avant-crise, la construction est en berne.

Concernant les cycles de Kondratiev, la transition de la phase descendante à la phase montante suivante, étape à laquelle nous nous trouvons, est le terreau de formation des innovations de base de la "'VIe structure technique": nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information, énergie alternative, ingénierie génétique, qui ne seront pas opérationnelles avant 2020.

En contexte de crise, l'Occident adopte-t-il les bonnes décisions compte tenu des cycles?

Concernant la marge de manœuvre des Etats pour influer sur l'économie en contexte de changement de cycle, celle-ci est très mince. Les gouvernements ne peuvent qu'atténuer ou intensifier des processus revêtant un caractère objectif, mais les crises provoquent une inflexion des politiques menées, il est vrai pas toujours dans le bon sens.

Pour mémoire: la transition du IIIe au IVe cycle de Kondratiev a porté Roosevelt au pouvoir aux USA, et Hitler en Allemagne. La transition du IVe au Ve cycle dans les années 1979-80 a porté Thatcher au pouvoir en Grande-Bretagne et Reagan aux Etats-Unis, qui ont totalement modifié la politique économique menée avant eux.

Le problème est qu'en phase descendante des cycles, les gouvernements mènent généralement une politique "pro-crise" qui ne fait qu'aggraver la situation. C'est ce qui se passe actuellement en Europe et aux USA.

La crise de l'euro a repris de plus belle après une accalmie, notamment en raison de la dette de pays comme le Portugal. L'euro pourra-t-il surmonter cette crise?

L'euro survivra, mais l'Europe aura besoin d'une intervention chirurgicale. Certains pays devront être exclus de la zone euro, les autres traverseront des années difficiles. Mais je suis convaincu qu'après cette intervention, ce bloc n'en sera que plus fort. Bien sûr, il fallait tout de suite faire une "ablation" de la tumeur, et ils ont décidé de réaliser une "chimiothérapie" (émission de crédit). On ne note pas d'amélioration pour le moment, la maladie a été mise en veilleuse pour un temps.

En outre, l'UE traverse une crise de croissance, une monnaie commune existe mais il n'y a pas d'union budgétaire et fiscale. Il aurait fallu introduire avec l'euro des règles communes en matière d'impôts et de dépense des budgets publics. Le problème est que la zone euro a été formée lors de la phase montante du cycle de Kondratiev, alors que l'économie était florissante. Dès qu'on est passé en phase baissière, les problèmes sont apparus de plus belle. Il faut les résoudre, pas les remettre à plus tard.

Quand l'économie sortira-t-elle de la crise actuelle, qui a débuté en 2008 avec l'éclatement de la bulle des "subprimes"?

L'économie se récupèrera, mais cela n'arrivera pas avant 2019-2020. Il faut bien comprendre la nature de la crise actuelle. Le fait est que depuis la révolution néolibérale des années 1980, quand Thatcher et Reagan ont brutalement réduit les impôts sur les riches, étranglé leurs syndicats et créé les conditions pour la baisse des salaires des travailleurs, le monde a brusquement mis le cap sur la sphère financière, les riches n'investissant plus dans la consommation, mais dans les spéculations financières.

Regardez, actuellement, même les grandes corporations obtiennent jusqu'à la moitié de leur chiffre d'affaire non pas en produisant des biens, mais par le biais de spéculations sur les marchés, alors qu'il y a 30 ans ce chiffre était de 15%. Dans le même temps, le salaire réel aux Etats-Unis, si l'on déduit l'inflation, est resté au niveau de 1968.

Une question s'impose: à quoi était due la hausse du niveau de vie de l'Américain lambda avant la crise? La réponse est simple: au crédit. Les ménages, les villes et les autorités régionales vivent à crédit, tout comme les gouvernements des Etats. L'ensemble du monde occidental vit à crédit: cela signifie qu'il ne vit pas en conformité avec ses revenus, aux dépens d'autres pays qui ne consomment pas autant qu'ils le pourraient, et n'empruntent pas.

Va-t-on assister à un rééquilibrage violent?

Oui, le temps du rééquilibrage est venu. En Europe, personne n'est prêt à accepter une réduction violente de son niveau de vie, et il le faudra pourtant, de 25-30% au moins. Seule la crise le pourra, ce n'est qu'au terme de cette dernière qu'arrivera une restauration de l'équilibre mondial, gravement malmené depuis 30 ans.

De nombreux médias financés par l'oligarchie financière mettent l'accent sur des pays secondaires, comme la Grèce ou le Portugal, mais ce qui arrive aux Etats-Unis est bien pire. Il n'y a qu'une seule différence entre Washington et Athènes: le premier peut imprimer de l'argent, le second pas. Les Américains comme les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens, créant moins de biens qu'ils n'en consomment, mais les premiers compensent la différence avec des "morceaux de papier vert" sans valeur, tout comme les colonisateurs de jadis achetaient de vraies ressources avec des morceaux de verre. Le monde entier accepte ces "morceaux de verre" pour fournir des biens véritables. Toute violation de l'équilibre mènera tôt ou tard à une crise, vouée à restaurer l'ordre violé.

Les USA impriment tous les mois 85 milliards de dollars. Les marchés sont suspendus aux annonces de la FED sur la poursuite ou l'arrêt du programme d'"assouplissement quantitatif". Le pays peut-il arrêter d'imprimer du dollar?

Les marchés financiers se comportent comme des toxicomanes de longue date: tout rappel du fait que le toxicomane peut ne pas recevoir sa nouvelle dose le rend hystérique. C'est pareil avec les Etats-Unis pour l'impression de dollar, qui est leur drogue. Un toxicomane peut-il vivre une vie longue et heureuse? La réponse à cette question aide à comprendre ce qui attend les Etats-Unis ces prochaines années.

Ce n'est pas un hasard si Ben Bernanke quitte son poste en janvier 2014, alors qu'il pourrait rester pour un nouveau mandat. Il ne veut pas être le bouc émissaire de la politique qu'il a menée, il veut sauter d'un train qui roule vers l'abîme, il comprend les conséquences de sa politique.

Quelle est l'étape suivante pour les Etats-Unis?

Le dollar pourrait résister s'il ne jouait pas le rôle de monnaie mondiale. Ce qui sape le dollar, c'est qu'il supporte le fardeau d'un gigantesque volume d'obligations du monde entier. Personne ne peut le sauver. Les USA vivront des temps très durs, similaires à la Grande dépression.

Mais les Américains ont prévu une issue de sortie. Le plus probable est qu'ils feront défaut sur leur dette, se renfermeront sur le NAFTA (qui intègrera la Grande-Bretagne), mettront en place une nouvelle devise, l'Amero, sur lequel un accord a été trouvé avec le Canada et le Mexique dès 2007, puis ils panseront leurs plaies.

Le potentiel économique des USA est très important: ils ont des ressources, ils n'auront pas trop de mal à reconstituer leur potentiel de production, ils ont du personnel qualifié, leur niveau d'innovation est le plus élevé au monde, ils sont leaders dans l'assimilation de la Structure technique du VIe cycle de Kondratiev.

Il est vrai, on assistera à l'effondrement des liens technologiques et productifs liés à l'Europe, l'Asie et l'Amérique latine, les marchés financiers américains dégringoleront, leurs obligations redeviendront de simples bouts de papiers, les retraites de millions d'Américains seront dépréciées, le niveau de consommation et de vie des Etats-Unis va chuter, et toutes les bases militaires américaines à l'étranger seront fermées. Mais les USA surmonteront ces temps difficiles et après 2020 ils commenceront à rapidement redynamiser leur économie. Toutefois, ils ne seront plus l'unique leader de l'économie mondiale. Ils ne seront qu'un leader régional parmi d'autres.

Je n'envie pas ceux qui détiendront des dollars ou des obligations du trésor américain, mais personne ne forcera les Etats-Unis à rembourser leur dette par la force, car ils ont l'armée la plus puissante du monde.

Va-t-on faire face à de l'hyperinflation?

La politique américaine ne peut pas causer d'hyperinflation tant que le dollar joue le rôle de devise mondiale, car l'émission de cette monnaie est "disséminée" en une fine couche sur l'ensemble de l'économie mondiale. Les Etats-Unis diffusent leur inflation à l'ensemble du monde, en premier lieu aux pays émergents, qui ont une inflation d'au moins 5%, même si grâce à divers artifices techniques ils parviennent à jeter de la poudre aux yeux du monde entier.

En outre, une grande partie des dollars est absorbée par les marchés financiers, où ils viennent gonfler différentes bulles. La spéculation massive se produit précisément sur la base de cette masse monétaire excédentaire. C'est pourquoi les acteurs des marchés réclament la poursuite de l'assouplissement quantitatif. Mais prochainement, les marchés vont s'effondrer comme un château de cartes. C'est inévitable.

L'once d'or a chuté à 1200 dollars. De nombreux experts ont déclaré, dans le sillage de Paul Krugman, que c'était la fin de la "bulle de l'or". Que pensez-vous de cette analyse?

Il faut immédiatement préciser de quel or nous parlons. Si nous parlons de l'or physique réel, qui depuis 5.000 ans sert d'équivalent universel, la demande pour ce dernier a fortement augmenté dernièrement. Les Banques centrales et les particuliers ont nettement augmenté l'achat d'or physique. Mais sur les marchés des métaux, où l'on échange de l'or virtuel, c’est-à-dire des contrats à terme sur l'or, on a observé une brusque chute des prix sur cet or virtuel. 95% du marché de l'or mondial, ce sont des contrats à terme sur les bourses, seuls 5% étant constitué d'or physique.

L'or est un étalon de mesure de valeur, un équivalent universel. Un mètre ou un kilo peuvent-ils perdre en dimension ou en poids? C'est pareil pour l'or, c'est un étalon de mesure sans lequel les indicateurs économiques seraient appréciés comme dans un miroir déformant. Théoriquement parlant, nous inversons tout quand nous disons qu'une once d'or vaut 1200 dollars, il faudrait dire qu'un dollar côte 1/1200ème d'once d'or. En réalité ce n'est pas l'or qui monte ou descend en valeur, c'est le pouvoir d'achat du dollar par rapport à l'or qui monte ou baisse.

Pourquoi le dollar américain a-t-il commencé à jouer après la guerre le rôle de devise mondiale? Parce que le dollar était "aussi bon que l'or", il était adossé à 70% à l'or. En 1971, il a fallu déconnecter le dollar de l'or et laisser le métal jaune "flotter librement" par rapport aux autres devises et biens. Mais l'or reste l'étalon de valeur. Dès que des crises et des bouleversements se font sentir sur les marchés, beaucoup accourent vers le "havre de paix de l'or".

Actuellement, certains acteurs du marché des "futures" ont intérêt à faire baisser le prix de l'or, certainement en vue de l'achat massif de métal bon marché avant sa hausse en flèche. Ils l'ont fait baisser au maximum pour pouvoir gagner à l'avenir des sommes énormes, car dès août-septembre, la question du plafond de la dette US se reposera, avec la possibilité d'un défaut technique. Et pendant qu'Obama bataillera avec le Congrès, les prix de l'or vont à nouveau percer tous les maximums historiques (des pics de 2500-3000 USD l'once sont tout à fait plausibles). Cela devrait se produire au cours de cette année.

Le cours de l'or a été multiplié par 7 depuis 2001, et ces derniers mois, il a été divisé par 1,5. Difficile de parler de fin de la "bulle de l'or", quand ce métal reste 4,5 fois plus cher qu'il y a douze ans!

Vous prévoyez le krach du dollar pour 2014. Les événements actuels confortent-ils cette opinion?

Le krach du dollar peut arriver à n'importe quel moment, car toutes les conditions sont réunies. Certes, le gouvernement américain et la FED ont une réserve de solidité leur permettant de reculer l'échéance en menant une politique raisonnable (ce dont je doute fort). Mais le krach est inévitable. Selon mes estimations, cela aura lieu en 2014, dans le meilleur des cas en 2015, mais pas plus tard.

Comme l'écrit Boulgakov dans Le Maître et Marguerite: "Annouchka a déjà renversé l'huile" (qui provoquera la mort d'un personnage, Berlioz, ndlr). Des événements X ou Y ne peuvent qu'accélérer ou légèrement reculer les processus en cours, mais pas les arrêter, tout comme nous ne pouvons pas éviter la mort. Le processus naturel de vieillissement du modèle capitaliste américain mène inexorablement à la mort de ce modèle, et la crise permettra de reconstruire l'économie conformément aux nouvelles exigences mondiales.

Face aux bouleversements qui les attendent, que peuvent faire les gens pour protéger leurs économies?

Le "gourou" des marchés spéculatifs Jim Rogers (un ancien proche de Soros), que je respecte beaucoup, émet depuis longtemps les mêmes mises en garde que moi. Il conseille pour conserver ses économies de les placer dans l'or ou dans les denrées, mais aucun cas dans des actions, des obligations, ou des titres de dette. Tout ceci sera fortement dévalué pendant la crise, et les valeurs stables telles que l'or se maintiendront. Les gens auront en outre toujours besoin de manger.

Il est curieux de constater que le spéculateur Jim Rogers conseille aux traders et experts financiers de fuir Wall Street à toutes jambes: en novembre 2010, il a appelé les étudiants à renoncer à faire carrière à Wall Street ou à la City, car ces prochaines années, vivre à la ferme rapportera plus que Wall Street. Il a en outre confirmé la théorie de Braudel et Arrighi: "Si vous étiez intelligent en 1807 vous auriez déménagé à Londres, si vous l'étiez en 1907 vous seriez parti à New-York, et si vous êtes malin en 2007, déménagez en Asie".

La guerre peut-elle résoudre les problèmes de dette de l'occident?

L'histoire montre de manière convaincante que les leaders mondiaux de différentes époques ont cherché à résoudre leurs problèmes au moyen de la guerre. Napoléon a cherché grâce aux guerres à unifier l'Europe continentale contre la Grande-Bretagne et ainsi à résoudre les problèmes économiques de la France, en faisant du pays le leader du cycle hollandais d'accumulation du capital. Mais il a perdu et cédé la palme du leadership à la Grande-Bretagne, qui 100 ans plus tard a elle aussi cherché à assurer sa position en déclenchant la Première Guerre mondiale.

A la différence de Napoléon, le pays a gagné la guerre, mais il est devenu débiteur net, et a cédé le leadership mondial aux Etats-Unis. Ces derniers cherchent, 100 ans plus tard, à déclencher une nouvelle guerre au Proche-Orient, près des frontières de leurs concurrents potentiels: Chine, Russie et Inde. Mais ils ne font qu'aggraver leur situation économique et plongent le pays dans la crise. Il faut étudier les leçons de l'histoire pour ne pas tomber sans cesse dans les mêmes pièges. Et ne pas chercher de solution simple à des problèmes complexes. Elles n'existent pas!

A quoi ressemblera le monde d'après-crise?

La particularité de la période actuelle est que selon les cycles d'accumulation de capital (Braudel, Arrighi), il s'y produira un transfert du cycle américain vers le cycle asiatique, dont les leaders sont actuellement la Chine et le Japon. Des pays dont les économies sont basées sur le modèle postkeynésien reposant sur les principes de collectivisme et de solidarité, aux antipodes de l'individualisme et de la concurrence intrinsèques au modèle anglo-saxon. C'est un changement important qui s'accompagnera de bouleversements dans l'économie mondiale.

Grossièrement, notre économie mondialisée actuelle va se scinder en plusieurs méga-régions, à l'instar de l'UE. On assiste d'ores et déjà à la formation de pôles économiques comme le NAFTA (USA, Mexique, Canada et qui devrait intégrer à terme la Grande-Bretagne), la Chine avec l'ASEAN, les pays d'Amérique latine, la Communauté économique eurasiatique.

Chaque méga-région aura sa devise de base, ses instituts, ses lois et ses règles en matière de relations interétatiques, compte tenu des spécificités culturelles, nationales, religieuses et civilisationnelles des Etats membres. Ces méga-régions vont tisser entre elles de nouvelles relations au niveau mondial.

D'ici 2020, le monde aura un visage radicalement différent de celui qu'on lui connaît aujourd'hui.

Propos recueillis par Hugo Natowicz. - RIA


30/06/2013 - La guerre, seul moyen efficace pour effacer les dettes?

La première mondialisation a abouti à 1914-1918. Un siècle plus tard, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le temps nous est compté pour repenser l'actuelle globalisation. Et envisager particulièrement nos rapports futurs avec la Chine, explique Jean-Michel Quatrepoint.
Alors qu'elle était censée apporter bonheur et prospérité au plus grand nombre, la globalisation a tourné au cauchemar. Comment tout cela nous est-il arrivé ?

Jean-Michel Quatrepoint- Pour le comprendre, il faut d'abord se tourner vers le passé, et regretter que personne n'en ait tiré les leçons. Le monde a connu une première globalisation entre 1850 et 1914, avec le même substrat qu'aujourd'hui : innovation technologique, diminution considérable du coût des transports, émergence de nouveaux pays, notamment les anciennes colonies britanniques : Etats-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie, etc. On a ponctionné les matières premières pour les transformer en Grande- Bretagne, France et Allemagne, ce qui a entraîné un phénomène d'exode rural massif, de paupérisation des paysans, qui sont venus fournir une main-d'œuvre bon marché dans les usines. Parallèlement, certains pays ont beaucoup perdu, particulièrement la Chine, mise en coupe réglée par les Anglais, suivis par les Français, les Américains et les Japonais. Il y eut aussi des sorties de capitaux massives de Grande-Bretagne et de France, tout comme on l'observe aujour d'hui. L'épargne française est allée s'investir à 90 % à l'étranger, notamment en Russie, où elle s'est évaporée, alors que les Britanniques investissaient dans leurs colonies. On retrouve donc les mêmes phénomènes : des enrichissements phénoménaux, des scandales financiers, en même temps qu'un extraordinaire dynamisme. La leçon de tout cela...

C'est la guerre de 1914-1918 ?


Oui. Tel est le paradoxe de la mondialisation, dont on nous expliquait qu'elle rendrait tout conflit impossible, le capitalisme n'y ayant aucun intérêt. Jaurès lui-même y a cru. Les libéraux purs et durs affirment que cette guerre fut le fruit des mesures protectionnistes prises par les Etats, notamment l'Allemagne, qui joua un jeu mercantiliste en développant son pacte social. Bismarck en fut le véritable inventeur, songeant que les possibles excès du capitalisme risquaient d'entraîner une réaction socialiste. D'où la convergence entre patronat et syndicats, qui permit à l'Allemagne de développer son industrie et de prendre progressivement la place des Britanniques. Reste que lorsque l'internationalisme débouche sur le nationalisme, les gens de gauche sont gênés, préférant voir dans cet affrontement un fruit du hasard, pour ne pas entériner les excès de la non régulation de la globalisation. L'effet est pourtant mécanique : quand on ne peut plus régler les problèmes, la seule solution est à la guerre.

 

Comment éviter que la seconde mondialisation ne débouche aussi sur une catastrophe ?

En rétablissant les grands équilibres. On nous parle d'une crise à la fois financière, sociale et monétaire, sans voir la géométrie dans l'espace. Or, cette crise vient fondamentalement des déséquilibres des balances des paiements, certains Etats accumulant les déficits, tandis que d'autres accumulent les excédents. Entre 2000 et 2010 : 5 600 milliards de dollars de déficit pour les Etats-Unis, à la fois commercial et de paiements courants, autrement dit, le capital part aussi. Alors que, dans le même temps, la Chine amassait plus de 3 000 milliards de dollars. Les déficits des uns étant les excédents des autres, les deux pays se retrouvent désormais liés par une sorte de deal non écrit.

Pouvez-vous expliquer plus en détail ?

Un pacte contre nature entre le Parti communiste chinois et les multinationales anglo-saxonnes s'est noué au cours des années 1980. Les Etats-Unis de Reagan avaient deux ennemis : l'URSS (ennemi idéologique et militaire) et le Japon (industriel et économique). A l'arrivée de Deng Xiaoping, Reagan a obtenu la neutralité tacite des Chinois vis-à-vis de la guerre froide, la contrepartie étant la rétrocession de Hongkong, via Margaret Thatcher.

Or, en 1985, le Japon montait en puissance, usant de la sous-évaluation du yen pour exporter massivement. Il prétendait quasiment apprendre aux Américains à fabriquer des voitures, rachetant Hollywood et le Rockefeller Center, tandis que certains de ses dirigeants se laissaient aller à des déclarations revanchardes. Les Américains n'ont réagi que lorsqu'ils se sont aperçus que les écrans à cristaux liquides nécessaires à leurs avions de chasse F16 étaient en la possession des Japonais, ces derniers exigeant en contrepartie la cession de la technologie des empennages - ce qui leur aurait permis de revenir en force dans l'aéronautique, domaine qui leur était interdit depuis la défaite de 1945. Il y eut donc une vraie stratégie du Pentagone, de la Maison- Blanche et des industriels de la Silicon Valley pour reconquérir le terrain perdu. Washington décida de mettre Tokyo à genoux. En 1985, avec l'aide de la France et de la Grande-Bretagne, les Américains obligèrent le Japon à réévaluer, ce dont il ne se remit jamais. Comme entre-temps Hongkong s'était indexé sur la monnaie américaine, lors de son retour à la Chine, cette dernière bascula ipso facto dans la zone dollar. Ainsi la zone yen projetée par les Japonais ne vit jamais le jour. Les Chinois allèrent voir les multinationales en leur disant de venir produire en Chine, où elles n'auraient pas de risque de change. Et les premiers à se délocaliser furent précisément les groupes japonais, qui accentuèrent d'autant les problèmes de leur pays...

L'indexation du yuan sur le dollar via la rétrocession de Hongkong fut donc un coup de génie ?

Absolument ! Elle était pourtant aisée à prévoir, car Pékin annonce toujours ce qu'il va faire. C'est même une caractéristique. Il suffit de savoir lire les déclarations. Les Chinois ont dit dans les colloques et les réunions internationales que les Américains ne leur referaient pas le coup qu'ils avaient réservé au Japon, d'où leur absolu refus d'une réévaluation substantielle du yuan. Pour eux, c'est vital.

Depuis le début des années 1980, les multinationales anglo-saxonnes ont délocalisé en Chine, pensant prendre un marché de 1,3 milliard d'habitants. Le Parti communiste leur a expliqué que cela ne se passerait pas ainsi : elles pourraient produire avec des partenaires locaux, mais avec un objectif de réexportation et de transfert des technologies. Les multinationales ont accepté, y voyant leur intérêt. D'autant que, dans le même temps, elles ont habilement joué de ce que l'on appelle « l'optimisation fiscale », localisant leurs profits hors des Etats-Unis, mouvement que nous avons connu nous aussi. Les fiscs occidentaux sont finalement tous allés dans le même sens, en diminuant bien plus fortement les impôts des multinationales, des institutions financières, des hyper-riches, que ceux de la classe moyenne... On en voit les résultats aujourd'hui. Les multinationales engrangent des profits, tandis que les Chinois acquièrent du savoir-faire et de la technologie, tout en engrangeant des recettes à l'exportation qu'ils n'investissent pas suffisamment dans leur consommation. Le danger est que, progressivement, ils ont vocation à tout faire, car ils sont aussi performants que nous, bien loin des clichés que l'on véhiculait encore il y a quelques années, selon lesquels ils n'étaient bons qu'à copier. Désormais, ils inventent et créent. Avec, au surplus, une soif de revanche...

Précisez votre pensée...

Là encore, il faut se tourner vers l'histoire. La Chine a été la première puissance du XVIIIe siècle, avec 35 % du PIB mondial de l'époque. Elle exportait massivement vers l'Europe, mais sans s'ouvrir vers l'extérieur, sécurisant seulement les marches de l'empire. Elle demeurait repliée sur elle-même, se considérant comme le centre du monde. Pourquoi importer des produits quand tout est meilleur chez soi ? Elle vendait massivement du thé à la Grande-Bretagne, au point que cette dernière s'est retrouvée avec un considérable déficit commercial ainsi que de sa balance des paiements, les Chinois exigeant de n'être payés qu'en monnaie d'argent. Métal que les Anglais durent acheter aux Espagnols et aux Japonais - autant d'opérations qui se traduisaient par des sorties de devises. Ne pouvant continuer ainsi, les Britanniques proposèrent divers produits en échange, qui leur furent systématiquement refusés, jusqu'au moment où ils eurent l'idée de vendre de l'opium, qui pouvait intéresser les Chinois pour leurs préparations de pharmacie. Ils se mirent donc à cultiver du pavot au Bengale, à le transformer, à le transporter dans des bateaux jusqu'à Canton. Là, arrosant les douaniers pour passer massivement leurs ballots en contrebande, ils commencèrent à fournir en drogue la noblesse et la bourgeoisie chinoises, lesquelles payaient en monnaie d'argent. Petit à petit, la balance des paiements britannique revint à l'équilibre, au grand dam de l'empereur de Chine, qui voyait fondre ses réserves. Ses élites s'abrutissaient, la corruption de son administration allait croissant, il fit donc quelques représentations à la couronne d'Angleterre, interdit la vente de l'opium, ordonna de brûler des ballots. Le ton monta, au point qu'au printemps 1840, la Grande- Bretagne envoya une armada composée de 16 vaisseaux de ligne, 4 canonnières, 28 navires de transport, 540 canons et 4 000 hommes pour canonner Canton au nom du libre-échange. Ce fut la première guerre de l'opium.

Là s'acheva la puissance de l'empire du Milieu et débuta « le siècle de l'humiliation ». Les Anglais prirent le contrôle du commerce extérieur, imposant des traités léonins avec l'aide des Français et des Américains. Cet épisode, les Chinois ne l'ont pas oublié, d'où leur volonté de revanche. L'humiliation n'ayant cessé qu'en 1949, avec la victoire de Mao Zedong.

Vous voulez dire que, quels que soient ses crimes, Mao leur a rendu leur honneur national ?

Précisément. Il faut bien comprendre que les Chinois sont capitalistes dans l'âme en matière économique, et communistes pour ce qui est de l'organisation de la structure nationale : le Parti possède une hiérarchie où se déroulent d'importants débats internes, il contrôle le pays avec l'Armée rouge, et tous sont hyper-nationalistes. Depuis Deng Xiaoping, force est de constater que la stratégie chinoise a réussi. Elle se décline en cinq phases : 1) Indexation du yuan sur la monnaie mondiale, 70 % des échanges se faisant en dollars, le marché principal étant l'Amérique et l'Europe. 2) Fabrication de produits bas de gamme. 3) Accumulation de réserves. 4) Montée en puissance. 5) Acquisition de nouvelles technologies, avec ciblage sur tous les secteurs industriels - particulièrement ceux de l'avenir comme le photovoltaïque et l'éolien. Nous voici parvenus au dernier stade, celui où les Chinois ont les moyens de racheter des entreprises dans les pays occidentaux pour prendre des positions, parce qu'ils sont bien conscients qu'à terme, il y aura une réaction. En accumulant des réserves dont une part sert à racheter de la dette américaine, ils financent les Etats-Unis et, demain, l'Europe. Tout le monde y a trouvé à peu près son compte, mais le système est désormais à bout de souffle.

Alors, que faire ?

Rétablir les règles d'une concurrence loyale, au besoin par des protections temporaires, négocier une réévaluation du yuan pour rétablir les équilibres, demander aux groupes chinois, comme aux multinationales, de relocaliser de la production sur les territoires européen, américain, voire japonais. Tel est l'enjeu, avec des marges de manœuvre d'autant plus faibles que la sphère financière joue un rôle néfaste, les acteurs des marchés financiers étant les banques qui, par le biais de la spéculation, agissent finalement contre elles-mêmes. Un rééquilibrage et l'accouchement d'un nouveau modèle prennent du temps, or, ce dernier nous est compté. On l'a vu tout dernièrement pour la dette européenne bousculée par la spéculation. Les opinions publiques, ahuries, ne comprennent plus. Cela peut très mal se terminer.

Cela signifie-t-il des risques de guerre ?

La guerre est un moyen terrible pour effacer la dette, faire des moratoires, bloquer les salaires, rebasculer vers une autre économie. C'est ainsi qu'après la dépression des années 1930, l'économie américaine n'est véritablement repartie que vers 1942. Même schéma pour Adolf Hitler qui, en six ans, a fait d'un pays exsangue, à genoux, la première puissance continentale. La seule solution pour éviter cette tragique issue est celle d'une autre mondialisation, où les frontières ne sont pas seulement un obstacle, mais la reconnaissance de l'altérité et du respect de l'autre. On comprend fort bien la position des pays émergents comme la Chine ou l'Inde ou, plus près de nous, celle de l'Allemagne, cette petite Chine de l'Europe, mais il faut qu'ils prennent conscience que paupériser massivement les populations occidentales aboutirait à leur faire perdre leurs clients. La Chine, du reste, commence à avoir des problèmes. Elle pratique un quadruple dumping : monétaire, avec la sous-évaluation du yuan ; environnemental, puisqu'elle produit en émettant un maximum de CO2, tout en investissant à fond sur les énergies de demain ; un dumping social ; et un dumping en capital dont on parle moins : procurer massivement du crédit pour de nouvelles usines avec un capital qui ne coûte rien est une concurrence déloyale. Les Chinois ont ainsi développé une industrie papetière lourdement équipée et surproductrice qui nettoie ses concurrents mondiaux. Pour autant, cette concurrence déloyale sur l'utilisation du capital aboutit à une bulle de crédit qui nécessite, pour les entreprises qui en bénéficient, une croissance annuelle de 20, 30, 40 % par an afin de rembourser leurs prêts. Si cela baisse un peu, elles sont étranglées et doivent avoir recours au marché parallèle du crédit, dont les taux sont usuraires. D'où un certain nombre de suicides et de départs précipités pour l'étranger de promoteurs et d'industriels chinois. C'est un problème difficile à gérer pour eux aussi. L'impression générale est qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion de l'économie mondiale et que l'on a mis en branle des mécanismes qu'on ne sait plus réguler.

Ainsi, les catastrophes de l'histoire ne sont-elles que les conséquences des intérêts à court et moyen termes...

C'est tragique. Voyez les grands succès de ces dernières années : Steve Jobs était un génie, à ceci près qu'avec un chiffre d'affaires mondial de 100 milliards de dollars, Apple possède 80 milliards de dollars de cash dans ses caisses qu'il n'investit pas. Idem pour Google et Microsoft. Les premiers groupes américains du secteur ont 220 milliards de dollars de cash qu'ils n'investissent pas. Certains vont racheter leurs propres actions, ou augmenter les dividendes, ce qui ne prépare nullement l'avenir. C'est cela, le capitalisme cannibale. Il se mange lui-même, avec d'un côté, une montagne de cash, et de l'autre, des montagnes de dettes. La morale politique d'un tel état de fait a été clairement envisagée dès l'aube du XIXe siècle : «Il y a deux manières de conquérir une nation. L'une par l'épée. L'autre par la dette», disait John Adams, le deuxième président des Etats-Unis.


Figaro novembre 2011



16/04/2013 - L'arrivée de la 3ème guerre mondiale scientifiquement prouvable?

La pause accordée à l’humanité entre la seconde guerre mondiale et la guerre froide pourrait bien toucher à sa fin. C’est la conclusion qui a été faite par des scientifiques de l’Académie russe des sciences militaires, en se basant sur la théorie des cycles de Kondratiev.
Selon cette théorie développée par l’économiste soviétique Nikolaï Kondratiev – également appelée théorie des ondes longues – une nouvelle guerre mondiale pourrait débuter dans la décennie à venir, a déclaré Sergei Malkov, membre de l’Académie des sciences militaires et professeur de l’Université de Moscou. À la demande de La Voix de la Russie, le professeur a présenté son sentiment sur les perspectives d’évolution du monde.
D’après une vision très simplifiée des cycles de Kondratiev, les périodes de développement économique des civilisations modernes durent entre 40 et 60 ans.

Nikolaï Kondratiev a identifié six cycles pour la période historique de 1803 à 2060. Le quatrième cycle a duré de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la première moitié des années quatre-vingt. Nous sommes actuellement dans le cinquième cycle qui, selon Kondratiev, devrait s’achever en 2018. Les partisans de cette théorie relient étroitement chaque cycle économique à un niveau de technologie spécifique. Notre époque se distingue par le développement des nouvelles technologies, des télécommunications et de la robotique. Le sixième cycle devrait être marqué par une percée des nano et biotechnologies, mais aussi de l’intelligence artificielle et des sciences cognitives.

Mais chaque cycle d’essor technologique s’accompagne invariablement de crises et de guerres. La fin du cycle actuel et la transition vers un nouveau stade de développement technologique se feront dans un contexte de forte instabilité politique, voire d’une nouvelle guerre mondiale, affirme Sergei Malkov.

« Nous traversons actuellement une période de crise, de dépression, et cherchons le moyen d’en sortir. En particulier, en s’appuyant sur les nouvelles technologies qui seront les moteurs de la croissance. Ce que l’on nomme les technologies NBIC : nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences cognitives. Mais cette période est très dangereuse, car nous n’y trouvons pas d’issue, alors que beaucoup de tensions se sont accumulées. C’est habituellement à ce moment-là que commencent les guerres mondiales. Le commerce international, les finances, le système économique, politique et classique, tout arrive à terme. »

En effet, si nous prenons pour modèle la théorie des cycles, nous pouvons voir qu’au cours des deux derniers siècles, les événements les plus sanglants de l’histoire du monde ont eu lieu en ces phases de déclin, aussi appelées « vagues de Kondratiev ». La crise a déjà eu lieu, et nous approchons à présent du cap fatidique. Selon les prévisions des partisans de la théorie de Kondratiev, le moment le plus critique devrait advenir en 2016-2017.

Bien sûr, il est aujourd’hui difficile à dire s’il s’agira d’une guerre mondiale au sens traditionnel du terme. Mais selon le professeur Makov, l’avènement de guerres informationnelle, psychologique, économique et commerciale, ne fait aucun doute.

« Précédemment la guerre froide aurait eu lieu justement à la jonction des quatrième et cinquième cycles de Kondratiev. Elle se serait déroulée sans utilisation généralisée des armes, mais le résultat est clair : la carte géopolitique du monde a été redessinée, le challenger pour la domination du monde, l’Union soviétique et ses alliés, ont été vaincus et ont cessé d’exister dans leur forme passée. Aujourd’hui, le rôle de l’Union soviétique est joué par le nouveau prétendant au leadership mondial : la Chine. »

Durant cette nouvelle étape du développement de l’humanité, les événements majeurs dépendront de l’évolution des relations sino-américaines. Le conflit larvé qui menace la péninsule coréenne illustre parfaitement ce schéma de division du monde, selon Sergei Malkov. Dans le cas des deux Corée, nous sommes face aux conséquences de la politique américaine qui encourage le développement de zones de conflit dans le seul intérêt des Etats-Unis. Tous les concurrents « technologiques » des Etats-Unis – la Russie, la Chine, le Japon, voire même la Corée du Sud – se trouvent dans cette région de l’Asie et du Pacifique.

Selon Malkov, les Etats-Unis sont en train de perdre leur position dans le monde. L’instabilité économique mondiale provoque l’augmentation du cours du Dollar américain, et les déséquilibres politiques conduisent à accroître les attentes envers les Etats-Unis, en tant qu’arbitre mondial. En raison de l’essoufflement de la puissance économique américaine, les Etats-Unis ne peuvent plus s’imposer comme unique leader mondial, c’est pourquoi ils commencent à mettre davantage en avant les composantes politiques, financières et même technologiques de ce leadership. Les Américains sont forcés de soutenir l’instabilité du monde.

Il est clair que nous sommes dans l’utopie. Cependant la réalité est telle, que même indépendamment de la théorie des cycles, la transformation du monde ressemble fort à un scénario de science.

Voix de la Russie


29/01/2013 - 20(19)13: Rien ne ressemble plus à 2013 que 1913

Cette année là, une formidable période de croissance butait sur une crise financière provoquée par la première puissance economique du moment (La Grande Bretagne).

De formidables progrès techniques, en matière d’énergie et de communication (électricité, automobile, avion, radio, sous-marin) annonçaient des lendemains qui chantent

Un grand nombre de mouvements favorables à la démocratie se faisaient jour en Amérique latine, en Afrique, en Russie, en Asie. Mais aussi, commençaient à sévir des mouvements terroristes (qu’on nommait alors « nihilistes »).

Des idéologies totalitaires dénigraient l’économie de marché et la démocratie; et annonçaient leur intention de combattre l’idéologie des droits de l’homme.

Pourtant, cette année là, 1913, personne ne connaissait le nom de Lénine, qui allait prendre le pouvoir en Russie 4 ans plus tard. Encore moins celui de Mussolini, qui marcherait sur Rome 7 ans plus tard, ni d’Hitler, qui tenterait son premier coup d’état dix ans plus tard.

Personne n’imaginait non plus qu’un attentat terroriste parmi d’autres allait déclencher, par le jeu des alliances, une première guerre mondiale à laquelle allait succéder une grande crise économique, puis une deuxième guerre mondiale. Ni que le régime soviétique, né de la première guerre mondiale, ne s’effondrerait que 75 ans plus tard.

Aujourd’hui, les mêmes forces de progrès et de liberté s’expriment; les mêmes grondements existent; les mêmes mouvements destructeurs. La même crise economique. La même tentation d’en sortir par le protectionnisme, la violence et même la guerre, au moins froide.

Regardons lucidement le monde d’aujourd’hui : une très brève période vient de se clore où il n’existait plus aucune guerre entre deux pays, nulle part dans le monde.

Désormais un arc de la violence fait le tour du monde : une guerre au Mali, des conflits en Libye (qui a libéré un puissant armement classique) , un conflit entre Israël et la Palestine, une guerre civile en Syrie (qui peut libérer d’effrayantes armes chimiques), des tensions entre Israël et l’Iran, une guerre en Afghanistan, une tension entre l’Inde et le Pakistan, entre la Chine et le Japon, pouvant impliquer son allié américain, pour redescendre au Mexique, au Brésil et, par le biais des cartels de la drogue, rejoindre la Guinée équatoriale et le Mali.

Tout se met donc en place pour que menace une troisième guerre mondiale.

Nul ne sait seulement où aura lieu l’équivalent de l’incident de Sarajevo qui déboucha sur Août 14 : sur les iles disputées entre la Chine et le Japon, sans doute.

Pour l’eviter, il faut clairement distinguer le combat contre le terrorisme narco-islamique, que tous doivent mener, sous forme d’une action de police internationale ( où sont au Mali les Allemands? Les Anglais? Les Américains? ) des disputes, souvent dérisoires de territoires entre nations, qui doivent faire l’objet d’arbitrages civilisés.

Si on ne pose pas clairement ces principes, si on laisse nos économies se fermer et les guerres commencer, on court à une épouvantable catastrophe, dont on ne sortira, si tout ressemble au siècle passé, qu’en 2089, après, toute proportions gardées, plus de  200 millions de victimes.

Jacques Attali Blog


10/01/2013 - Vidéo: Ce soir ou jamais - 1973 - 2013: la crise sans fin? 
 

   


19/11/2012 - Pour plusieurs gourous de la bourse, une guerre se prépare

« Des milliers de milliards de dollars de dettes seront restructurés et des millions d’épargnants prudents vont perdre des pourcentages importants de leur pouvoir d’achat réel exactement au pire moment de leur vie. Cette fois-ci encore, ce ne sera pas la fin du monde, mais le tissu social des nations dépensières sera étiré et dans certains cas il se déchirera. 

Il est triste de constater que bien trop souvent dans l’histoire économique, la guerre a toujours été la conclusion logique de la dynamique du chaos économique. Nous pensons que la guerre est une conséquence inévitable de la situation économique mondiale actuelle », écrit Kyle Bass, un investisseur américain qui parie sur l’effondrement des pays d’Europe, cité par le blog financier américain Zero Hedge.

Dans un email adressé aux adhérents de ses bulletins d’avis boursiers, Larry Edelson, un gourou de la bourse américaine, prophétise lui aussi la guerre. Il y explique qu’il a étudié depuis une trentaine d’années les « cycles de guerre », c'est-à-dire, les cycles qui prédisposent les sociétés à entrer dans le chaos et la haine, qui aboutissent à des guerres civiles et des guerres internationales. « Je ne suis probablement pas le premier à examiner ces modèles très distinctifs dans l’histoire. Il y en a eu d’autres avant moi, Raymond Wheeler en particulier, qui a publié la chronique qui fait le plus autorité en matière de guerre, et qui couvre une période de 2.600 années de données. Toutefois, très peu de personnes sont disposées à discuter de ce problème de nos jours. Et si je me base sur ce que je vois, les implications pourraient être absolument énormes pour 2013 ».

Charles Nenner, un analyste de Goldman Sachs réputé pour la justesse de certaines de ses prévisions, prédit quant à lui une « guerre majeure qui devrait débuter à la fin de 2012 jusqu’en 2013 ».

Quant à Jim Rogers, un autre investisseur américain influent, pense aussi qu’il pourrait y avoir une guerre. « Une poursuite des plans de sauvetage en Europe pourrait aboutir à déclencher une autre guerre mondiale », a-t-il affirmé. « Ajoutez de la dette, la situation empire, puis c’est l’effondrement. A ce moment-là, tout le monde recherchera un bouc émissaire. Les politiciens accusent les étrangers, et nous revoilà dans la seconde guerre mondiale, ou une guerre mondiale de toute façon », explique-t-il.

Marc Faber, un analyste en investissement suisse, estime qu’une guerre serait plus le fait des Américains. Selon lui, ils pourraient la provoquer pour détourner l’attention des électeurs de la mauvaise situation économique du pays. Il croit que le pétrole du Moyen-Orient pourrait fournir le prétexte d’un conflit pour les Etats Unis, la Chine, mais aussi la Russie.

Express.be



17/10/2012 - La faillite, l’(hyper)inflation ou la guerre…

Nos vieux pays européens entrent dans la mondialisation à reculons, pleins d’angoisse devant une révolution à laquelle rien ne les a préparés : là où la chute de Rome avait été précédée par l’avènement du christianisme, là où la révolution française était fille de l’Encyclopédie et le séisme bolchevique enfant spirituel du marxisme, la révolution mondialiste n’est si l’on peut dire « fille de personne ». Aucune philosophie structurante pour accueillir les débris de nos civilisations fatiguées ! Comme disait en son temps Gramsci : « le vieux monde ne veut pas mourir et le nouveau tarde à naître ».

Le constat est inquiétant.

Faisons ensemble le tour des solutions envisageables :

1/ La faillite ne déplairait pas aux tenants actuels de l’extrême gauche. Elle éliminerait une bonne part des possédants tout en ruinant à coup sûr tous les épargnants. Je crois entendre le « bien fait ! » des thuriféraires de cette solution radicale. C’est la technique utilisée par l’URSS naissante dont elle n’a pu sortir qu’en affamant son peuple par des exportations de grain pour payer cash ses achats de machines. Mais c’est oublier qu’un pays qui a fait défaut ne s’en remet pas avant de très longues années. Et il faut être bien fou pour penser que le niveau de vie des plus pauvres en sortirait grandi. La faillite argentine quoi qu’on puisse en dire, n’est pas rassurante sur ce point. Encore ne s’agissait-il que d’un pays « moyen » dont les conséquences de la banqueroute ont pu être limitées… Le krach d’un grand pays aurait, lui, des conséquences incalculables.

2/ L’inflation : D’autres prônent la relance keynésienne à la Roosevelt : lancer de grands travaux d’intérêt général en empruntant davantage mais en mutualisant les dettes, ce que les Etats européens les plus sérieux contestent à bon droit. Rappelons à ce sujet quelques vérités utiles :

Là où la France et l’Angleterre sortent ruinées de la guerre de 14, les U.S.A. de l’époque sont riches. En 1929, on estime le taux d’endettement fédéral à environ 25% du PIB. Rien à voir avec les 100 à 110% d’aujourd’hui ou les 85% (chiffre moyen) de l’Europe. De plus les « smoke stack industries », disons les grands secteurs manufacturiers, sont encore intégralement présents sur le sol américain. Il est donc possible d’appuyer sur le levier relance par l’endettement au profit des usines locales là où l’Amérique actuelle a perdu des pans entiers de son outil industriel. Le fait est que la relance par la consommation (crédit à taux zéro etc.), profite largement au reste du monde sans doper beaucoup la croissance intérieure. Il y faudrait une politique beaucoup plus protectionniste permettant aux U.S.A. de remettre en route leurs chantiers navals, leurs usines sidérurgiques etc. Mais il est bien tard pour cela car ses créanciers ne l’entendraient pas de cette oreille et l’Amérique ne peut les ignorer sous peine de mesures de rétorsion ravageuses.

Si l’on admet que la dévaluation unilatérale, euphorisante à court terme, est impossible au sein de la zone euro et qu’une croissance forte est sans doute écologiquement insupportable à l’échelle mondiale, le niveau de la dette actuelle ne saurait donc être stoppé et plus encore diminué (en % du PIB) que par un seul moyen: l’inflation. Osons un pronostic :

Les Etats-Unis, Obama ou Romney, peu importe, vont continuer à faire tourner la planche à billets. La dette américaine ne se résorbera pas, tout au contraire. La consommation finira par reprendre, mais l’inflation va alors inévitablement démarrer compte tenu de l’énorme excès de liquidités. Devant ce phénomène, le cri unanime des sociaux démocrates européens sera de réclamer à leur tour la politique de relance qu’ils appellent de leurs vœux avec à la clef une inflation modérée (tout au moins au début). Face à une dévaluation significative du dollar, même l‘Allemagne finira par l’accepter. Cette inflation appauvrira bien sûr l’épargnant petit et moyen mais ce que l’on appelle poétiquement l’« euthanasie des rentiers » contribuera efficacement à diminuer la charge de la dette. C’est là que le déclin de l’Occident se précisera un peu plus (cf. « dans l’ombre de la décadence »).

3/ La guerre enfin a constitué, bien souvent dans l’histoire, l’exutoire à une situation sans issue. Et le poids d’un certain nombre de groupes d’influence américains au premier rang desquels le lobby militaro industriel peut légitimement faire peur : rien de tel qu’un bon conflit pour remettre tout le monde au travail et réveiller le civisme. C’était déjà la tentation de Julien l’Apostat à laquelle il a cédé en engageant la guerre contre la Perse (à propos, un certain G.W. Bush n’est-il pas parti flamberge au vent en Irak et en Afghanistan ?). Et le bruit de bottes que l’on entend du côté républicain, proche des lobbies en question, comme le remue ménage perceptible au Proche Orient, ne laissent pas d’inquiéter. Rien n’interdit de commencer par un bon « tour de chauffe » à l’occasion d’un conflit possible (probable ?) entre Israël et l’Iran en attendant les confrontations plus sérieuses qui ne sauraient manquer de se produire à terme, par exemple avec la Chine dont les stratèges de Washington observent avec appréhension l’ascension foudroyante. Et si, pour éviter le désastre, il fallait faire donner les armes atomiques, alors nous entrerions dans l’inconnu… Mais n’oublions pas que Fidel Castro, tel Stanley Kubrick dans son « docteur Folamour », incitait Nikita Kroutchev à utiliser l’arsenal nucléaire russe pour dénouer la crise de Cuba, ». L’humanité ne dédaigne pas de temps à autre une bonne secousse…

Tout cela n’est guère rassurant mais une chose est certaine : Seule l’avènement d’une philosophie ou à tout le moins d’une voie de recherche structurante, d’essence laïque ou religieuse, peu importe, peut indiquer aux peuples du monde le chemin d’espoir qui leur est si nécessaire. Et à cela, il est grand temps de penser.

Gilles Cosson, Ancien membre du directoire de Paribas
« Dans l’ombre de la décadence », éditions de Paris, Max Chaleil

Nouvel Economiste


15/10/2012 - De hauts responsables craignent une guerre si l'euro explose

Pointant le risque d'un conflit armé, le ministre anglais du Commerce Vincent Cable, a évoqué ce week-end des conséquences "absolument incalculables" pour le Vieux continent en cas de faillite de la monnaie unique. Des propos qui se situent dans le sillage de ceux de Christine Lagarde, qui a jugé la semaine dernière que la dette des pays riches avoisinait les niveaux atteints "en temps de guerre".

Il tire la sonnette d'alarme. Alors que la semaine dernière, tous les dirigeants européens se sont félicités de l'attribution du Nobel de la paix à l'UE, Vincent Cable, lui, nage à contre-courant. Dans un discours au Cheltenham Literature Festival ce dimanche, le ministre britannique du commerce a jugé que les conséquences d'une faillite de l'euro seraient "absolument incalculables" pour le Vieux continent. A l'en croire, il n'y aurait aucune "garantie automatique" qu'un tel événement ne dégénère pas en conflit armé.

Le ministre n'y est pas allé de main morte. Il a renchéri : "nous avons tendance à l'oublier, mais le projet européen a été bâti pour sauver l'Europe du nationalisme extrémiste et des conflits" a-t-il rappelé, arguant que c'était un des principaux enseignements à tirer de l'attribution du Nobel de la paix à l'UE.

"L'UE n'est pas la même chose que la zone euro"

Ce n'est certes pas la première fois qu'un haut responsable tient des propos alarmistes concernant l'éventualité d'une chute de l'euro. Mais alors que les négociations pataugent toujours concernant la résolution de la crise grecque, ce type d'intervention apparaît de plus en plus fréquente. Lundi, Joseph Stiglitz, a tenu des propos en ce sens. Dans les colonnes du quotidien allemand Handelsblatt, le Nobel d'économie 2001 a estimé que "l'euro et la politique de sauvetage de l'euro" n'étaient "pas bon pour la paix". Sur ce point, l'économiste affirme que "la division entre Etats mais aussi à l'intérieur des Etats" fait notamment le miel "des courants extrémistes et nationalistes". Et s'il salue le fait que l'Union européenne a décroché le Nobel, il rappelle que "l'UE n'est pas la même chose que la zone euro".

Enfin, mercredi dernier, c'est Christine Lagarde, au nom du FMI qu'elle dirige, qui a fait part des mêmes préoccupations. Mais de manière indirecte : "le plus grand obstacle [à la croissance] sera sans doute l'immense héritage légué par la dette publique qui atteint maintenant en moyenne 110% du PIB dans les pays développés, quasiment un niveau de temps de guerre", a-t-elle déclaré à Tokyo lors de l'Assemblée FMI-Banque mondiale.

"Une guerre! Mesdames, messieurs"

Le climat actuel et ces interventions rappellent ce pavé dans la mare, jeté il y a presque un an par le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski, dont le pays assurait alors la présidente tournante de l'UE. Devant le Parlement européen de Strasbourg, il avait alors jugé que l'Europe était "en danger". "Si la zone euro se fissure, l'Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer", a-t-il déclaré. Devant les députés, il a alors raconté s'être entretenu avec un ami banquier, qui lui a fait part de sa peur d'une "guerre au cours des dix prochaines années". Puis de s'exclamer : "Une guerre! Mesdames, messieurs, ce sont les termes qu'il a employés."

La tribune



30/08/2012 - Une troisième guerre mondiale, vraiment?

La discussion est vive sur le caractère probable, voire inévitable d’une conflagration mondiale. Elle n’a rien d’académique: les divers conflits régionaux qui débordent et s’entrecroisent – en Syrie, à ses frontières et à proximité – se déroulent sur fond de dérive économique et sociale en Occident. Les ingrédients d’une crise majeure sont nombreux.

Un peu partout, des intellectuels débattent en cette fin d’été du caractère probable, voire inévitable d’une conflagration mondiale dont les ingrédients s’amalgament peu à peu.

Les grandes questions politiques identifiées mais non maîtrisées telles que l’absence de gouvernance mondiale, l’impuissance des organisations internationales, le chômage, la démographie, les profondes crises économiques, sociales, financières, la pauvreté, la faim, le changement climatique conduiraient inexorablement à une explosion sourdement pressentie.

Dans le domaine français, Max Gallo, historien respecté, ancien ministre, et Alain Gérard Slama, professeur et chroniqueur très connu, se sont récemment donné la réplique dans les colonnes du Figaro. Sans vraiment se contredire, ils décrivent les scénarios de crises et déséquilibres qui, s’emboîtant, nous feraient glisser vers une guerre mondiale. Le spectre de Sarajevo est évoqué: une guerre se déclencha en 1914 que personne ne voulait vraiment, mais dont on mesura après coup les enchaînements implacables qui la provoquèrent. Nos deux auteurs voient dans le Moyen-Orient «l’épicentre» d’un conflit régional qui serait de nature à embraser le monde entier.

Un éminent stratège américain, Anthony Cordesman, se réfère au même épisode – la Bosnie d’il y a un siècle – pour analyser les bruits de botte autour de l’Iran nucléaire. Les tensions augmentent, et avec elles le risque d’un faux calcul: un incident militaire, dans le golfe ou ailleurs au Moyen-Orient, qui donnerait lieu à une escalade accidentelle, dégénérant en un conflit majeur en vertu de la loi des conséquences inattendues. Mais une situation analogue aux circonstances qui prévalaient à la veille de la Seconde Guerre mondiale peut aussi se présenter: à force d’alterner des épisodes de négociation, de sanctions et de menaces apocalyptiques, on finit par ne plus croire à ces rodomontades – jusqu’au moment où l’on plonge mécaniquement dans la réalité de la guerre.

Mais, ajoute notre politologue, parfois le meilleur moyen de prévenir la guerre est de démontrer en toute clarté qu’elle est possible. Il est difficile de déterminer à quelle phase nous nous trouvons de la «montée des périls» dans un Moyen-Orient en ébullition. Le pire n’est pas toujours sûr, diraient nos auteurs français, qui n’entendent guère jouer les Cassandre mais n’en appellent pas moins à la vigilance et même à la résistance.

Le professeur américain considère que la situation actuelle est dangereuse parce qu’elle est ambiguë. Les Israéliens disent qu’ils sont à bout: la faillite des efforts diplomatiques, l’inefficacité des sanctions tandis que l’Iran poursuit son programme nucléaire tout en usant de la terreur et en intervenant chez ses voisins créent un mélange explosif. Une guerre peut surgir, mais les mises en garde se multiplient en Israël même. Les Etats-Unis redoutent d’être aspirés dans une action violente qui serait le fait de leur allié. Personne ne peut prédire les conséquences d’un conflit armé. Le contexte complexe et volatil où s’inscrivent les séquelles du Printemps arabe, la guerre civile internationalisée de Syrie, l’instabilité en Irak, au Yemen et dans le golfe sont autant d’impondérables – sans parler des «inconnues insoupçonnées» de l’équation.

Les élections présidentielles américaines ajoutent à l’incertitude. Au fond, les deux candidats ne diffèrent pas tant sur la nécessité d’un recours aux armes, le cas échéant, que sur les modalités conduisant aux hostilités.

Le spécialiste américain recommande que les Etats-Unis fixent en toute clarté les lignes rouges à ne pas franchir, aussi bien à l’intention de l’Iran que d’Israël. Ils doivent faire montre d’une double détermination: d’abord relancer les négociations, en leur imposant un terme précis. Tous les sujets devraient y être abordés, y compris celui des garanties de sécurité, en accord avec les Etats du golfe. Des solutions acceptables, qui sauveraient la face de tous les protagonistes, doivent être mises sur la table. Si le processus n’aboutit pas dans les délais fixés, les Etats-Unis doivent alors indiquer avec une égale clarté qu’ils n’hésiteraient pas à recourir à l’option militaire, ce qui ne laisserait pas d’issue favorable à l’Iran, car ils engageraient toutes leurs forces dans la bataille. Cette double démarche devrait être suffisamment crédible pour retarder à tout le moins une éventuelle intervention israélienne: l’Amérique reprendrait décisivement la main et réglerait la crise de l’Iran nucléaire, d’une manière ou d’une autre.

Il est donc justifié de se demander si l’été de feu que nous avons vécu ne débouchera pas sur une ère encore plus dangereuse. Les divers conflits régionaux qui débordent et s’entrecroisent – en Syrie, à ses frontières et à proximité – se déroulent sur fond de dérive économique et sociale en Occident. Déjà le baromètre du pétrole s’affole. Ce débat n’a décidément rien d’académique.

Le temps.ch


27/06/2012 - La 3ème guerre mondiale cet été?

Le 23 février 2012, le leader controversé du parti libéral démocratique de Russie, Vladimir Jirinovski, a prédit le possible déclenchement de la Troisième Guerre mondiale cet été. Selon cet ancien colonel de l'armée russe, aussitôt que la Syrie sera anéantie, une attaque sera menée contre l'Iran. A ce moment, « l'Azerbaïdjan pourrait profiter de la situation pour s’emparer à nouveau du Haut-Karabakh. La République d'Arménie s'y opposera et agira en conséquence tandis que la Turquie soutiendra l'Azerbaïdjan. C'est ainsi que nous serons engagés dans une guerre cet été », a expliqué Jirinovski.

Bien que le politicien russe soit un habitué de ce genre de déclarations, le risque que le Caucase devienne le déclencheur d'une nouvelle guerre mondiale est tout sauf improbable. Plus tôt cette année, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a déclaré que Bakou était en train d'acheter de l'armement moderne afin d'être en mesure de reprendre rapidement et avec peu de pertes le contrôle de la région séparatiste du Haut-Karabakh, si les pourparlers de paix avec l'Arménie voisine échouaient. Les négociations pour mettre fin au conflit ont été menées depuis 1992 sous l'égide du prétendu groupe de Minsk mais jusqu'à présent elles ont été infructueuses.

L'Azerbaïdjan est l'allié naturel de la Turquie et l'adversaire de l'Iran. Partenaire de l'OTAN depuis 1994 par sa participation au Partenariat pour la paix (PPP), Bakou est aussi l'un des alliés géostratégiques importants de l'Occident dans la guerre des gazoducs qui l'oppose à la Russie. Bakou est en effet à la fois un soutien et un fournisseur potentiel pour le projet de gazoduc Nabucco soutenu par Washington. De l'autre côté, l'Arménie est une alliée proche de la Russie et de l'Iran qui souhaitent contrer les influences américaine et turque dans la région de la mer Caspienne.

Etant donné ce contexte géopolitique, auquel s'ajoutent les tensions entre l'OTAN et la Russie à propos des projets d'installation de boucliers anti-missiles américains en Europe, et les désaccords entre les Russes et les Azerbaïdjanais au sujet du renouvellement du bail de la station radar de Gabala, un pic de violence dans le Caucase pourrait déclencher un conflit majeur entre deux blocs: d'un côté, une coalition dirigée par les Etats-Unis qui regrouperait l'Azerbaïdjan, la Turquie et Israël et de l'autre un bloc sino-russe qui inclurait l'Arménie et l'Iran. Néanmoins, bien que cinq des huit pays impliqués soient de facto des puissances nucléaires, une Troisième Guerre mondiale entre elles n'impliquerait pas nécessairement l'utilisation des armes nucléaires.

En réalité, un conflit qui prendrait sa source dans la région du Caucase et de la Caspienne serait de portée locale mais aurait des conséquences et une étendue globales, si bien qu'on pourrait le considérer comme une guerre mondiale. Une telle confrontation emprunterait des caractéristiques à la guerre froide, étant le résultat d'au moins trois conflits de proximité (l'Azerbaïdjan contre l'Arménie, l'Iran contre l'Azerbaïdjan, la Turquie contre l'Iran); néanmoins, étant donné le potentiel nucléaire des pays diplomatiquement impliqués, une telle guerre ne saurait durer plus de quelques jours et serait résolue à la fois par la force et les stratégies de dissuasion menées par les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Selon le New York Times, les avions de combat russes stationnés en Arménie ont mené environ 300 vols d'essai depuis le début de l'année 2012, augmentant leur nombre d'heures de vol de plus de 20 pour cent par rapport à l'année dernière. Bien que Kirill Kiselev, un fonctionnaire du service de presse de la base militaire sud de Gyumri ait affirmé que "l'augmentation des vols de la base militaire N 102 ont eu lieu dans le cadre d'un programme d'entraînement au combat", une telle hyperactivité des forces aériennes russes pourrait être un avertissement de Moscou: si une guerre devait éclater, la Russie serait prête à intervenir à n'importe quel moment.

Néanmoins, seul un soutien fort de la Chine peut permettre à la Russie de continuer victorieusement sa stratégie de dissuasion qui a pour but d'éviter les interventions militaires financées par les Etats-Unis aussi bien dans le Caucase (Haut-Karabakh) qu'au Moyen-Orient (Syrie et Iran). Forte de ses 3 millions de soldats, qui font de l'Armée de Libération du Peuple la plus grande force militaire au monde, la Chine serait en mesure de mener n'importe quel type de conflit avec une supériorité écrasante. Si Beijing [Nota CVAN : Pékin] parvenait à obtenir des aménagements militaires dans des pays comme le Kazakhstan et le Pakistan, une attaque occidentale contre Téhéran et ses alliés deviendrait peu probable. Dans ce cas, le revers essuyé par les Etats-Unis et Israël d'avoir à accepter la nucléarisation de facto de l'Iran serait, en soi, une victoire pour l'axe sino-russe et une réalisation concrète de ce que Sun Tzu [3] considérait comme le "sommet de la stratégie": gagner le combat sans combattre.

A propos de l'auteur :

Window on Heartland est un blog géopolitique axé sur les problèmes de sécurité et les problèmes stratégiques dans l'espace post-soviétique. Lancé en novembre 2010, Window on Heartland a pour but d'apporter de nouvelles perspectives sur la géopolitique de la région, en prenant en compte l'arrière-plan historique, ethnique et culturel complexe des peuples vivant à l'intérieur des frontières de l'ancien empire soviétique. Window on Heartland a été créé et est dirigé par Daniele Valvo, un analyste politique indépendant spécialiste de la Russie et de l'Europe de l'Est.

[1] http://fr.euronews.com/2012/02/22/vladimir-jirinovski-5e-campagne-pour-le-nationaliste-russe/

[2] http://www.slate.fr/lien/42431/crise-economique-troisieme-guerre-mondiale

[3] Nota CVAN : Sun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu (signifie « maître Sun ») de son vrai nom Sun Wu (signifiant « militaire », « martial ») est un général chinois du VIe siècle av. J.-C. (544–496 av. J.-C.).

Traduction de l’anglais Héléna Demirdjian pour le Collectif VAN


31/12/2011 - Foreign Policy : dix guerres pour 2012 ?

En collaboration avec l'International Crisis Group, le magazine américain Foreign Policy a élaboré une étude selon laquelle dix guerres ou conflits risquent d’éclater en 2012 dans différentes régions du monde !

Premier choix sur la liste des pays menacés de guerre : la Syrie. Suivie de l’Iran, puisque selon le magazine, Israël a l’intention de frapper les sites nucléaires iraniens, surtout que les élections présidentielles américaines assureront un soutien à Israël sur l'agenda américain comme jamais auparavant. Ce qui créera un environnement propice pour Israël de prendre des mesures pouvant entraîner des conséquences catastrophiques et imprévisibles.

L’Afghanistan continue d’être présent sur la scène internationale, en raison de l'échec à trouver une stabilité dans ce pays déchiré par les guerres, et aussi par ce que les chefs talibans sont sûrs de leur victoire qui n’est plus qu’une question de temps !

Son voisin le Pakistan risque de voir une flambée de violences, en raison de la détérioration des relations entre les Etats-Unis et le Pakistan et d’événements récents, poursuit le Foreign Policy.
Le magazine a souligné que le Yémen est situé en milieu de route : entre le spectre de la guerre civile et l’espoir faible d’une transition pacifique du pouvoir.

Mais, l'existence de groupes armés contestant l'autorité du président yéménite Ali Abdullah Saleh, sans compter, les militants du Yémen du Sud qui exigent leur indépendance immédiate. Aussi, il ne faut pas oublier les Houthis du nord du Yémen, qui revendiquent plus de droits pour leur communauté et l'accès à l'autonomie gouvernementale.

La région de l’Asie centrale est, elle aussi, menacée de conflits, d’une part à cause de l'effondrement de l'infrastructure du pays, et d’autre part à cause de l'érosion d’un système politique corrompu comme c’est le cas en Tadjikistan ou en Kirghizistan.

Le Burundi figure aussi sur la liste en raison de la fragilité d’un régime affaibli par le déclenchement de la guerre civile en 2000 et la détérioration du climat politique. En effet, la flambée de violences que le pays a connues, à l’issue des élections des districts en 2010 ont plongé le pays dans l’insécurité !

En Afrique, le magazine s’attend à une guerre entre le Kenya et la Somalie, à cause des dernières campagnes militaires en Somalie contre le mouvement des Jeunes somaliens. Mais aussi, la présence des forces kenyanes - au sein de la Mission de l'Union africaine - dans le sud de la Somalie est mal accueillie par le peuple somalien, sur fond d’une discrimination ethnique somalienne significative. Il faut aussi ajouter le pourcentage élevé de la population musulmane au Kenya, très hostile aux campagnes militaires kenyanes en Somalie, ce qui risque d’entraîner des attaques ethniques contre des Somaliens vivant au Kenya.

Almanar


18/12/2011 - Le Sénat américain approuve la détention militaire de citoyens américains

Le Sénat américain a voté jeudi soir en faveur d’un projet de loi de financement de l’armée qui institutionnalise les pratiques criminelles d’État entreprises sous Bush, et poursuivies par Obama, au nom de la « lutte mondiale contre le terrorisme ».

Il autorise explicitement la détention militaire indéfinie et sans procès des citoyens américains et autorise que tous les non-citoyens accusés de terrorisme, incluant ceux arrêtés en sol américain, soient détenus de manière indéfinie par l’armée plutôt que jugés par un tribunal civil.

La législation fait partie de la National Defense Authorization Act, qui fournit 662 milliards de dollars pour financer la machine de guerre américaine et toutes ses guerres à l’étranger. Le projet de loi a passé le Sénat, contrôlé par le Parti démocrate, par une majorité écrasante de 93 contre 7, soulignant une fois de plus qu’il n’existe pas de représentants sérieux pour la défense des droits démocratiques dans l’une ou l’autre des sections de l’élite dirigeante américaine ou ses deux partis de la grande entreprise.

Cette législation jette aux orties le droit, garanti sous le sixième amendement de la Constitution pour tous ceux accusés d’une offense criminelle, à « être jugé promptement et publiquement par un jury impartial  », ainsi que la clause centrale du cinquième amendement qui stipule qu’aucune personne ne doit être privée de sa liberté « sans procédure légale régulière ». Elle légalise l’abrogation en pratique lors de la dernière décennie du principe de base de l’habeas corpus, qui requiert que l’État amène chaque détenu devant un tribunal indépendant et prouve qu’il y a matière à emprisonnement.

Le projet de loi interdit également l’utilisation de fonds autorisés par le Pentagone qui serviraient à fermer l'infâme prison de Guantanamo Bay, à Cuba, et circonscrit la libération de ceux qui sont actuellement détenus là-bas. Conséquemment, ce projet de loi inscrit de manière permanente dans la loi américaine une institution qui a fait des États-Unis une nation de paria à travers le monde.

Finalement, plus d’une décennie après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 sur les villes de New York et de Washington, il renouvelle la Authorization of the Use of Military Force (Autorisation d'usage de la force militaire, AUMF), passée par le Congrès immédiatement après ces attaques, tout en garantissant encore plus de pouvoirs à la branche exécutive que ce qui était inscrit dans la loi originale.

De manière spécifique, l’AUMF, votée en septembre 2001, autorise l’utilisation de la force contre « ces nations, organisations ou personnes », désignées par le président américain, qui auraient « planifié, autorisé, commis ou facilité » les attaques du 11 septembre 2001 ou qui auraient accordé l'asile aux responsables.

Les mesures enchâssées dans le projet de loi sur les dépenses du Pentagone vont beaucoup plus loin. Elles autorisent l'utilisation de la force et le recours à l'emprisonnement extraconstitutionnel contre quiconque « fait partie d'Al-Qaïda, des talibans ou de forces qui leur sont associées et qui prennent part à des hostilités contre les États-Unis ou ses partenaires de coalition, ou quiconque a appuyé de manière substantielle ces organisations ».

Il s'agit ici de la sanction légale de ce que George W. Bush avait qualifié de « guerres du 21e siècle », c'est-à-dire des actes sans fin d'agression militaire menés sous le mot d'ordre d'une perpétuelle « guerre contre le terrorisme » dans laquelle la planète entière, y compris le territoire des États-Unis, est vue comme un champ de bataille.

Quelles sont les « forces qui leur sont associées » que l'on mentionne et qui sont les « partenaires de coalition » de Washington dont on tait le nom ? Ces termes sont peu définis et volontairement imprécis afin de servir de feuille de vigne légale pour les guerres américaines en Somalie, au Yémen et ailleurs. L'expérience a démontré que l'on décide de qualifier certains groupes de forces « associées » à Al-Qaïda et au terrorisme uniquement en fonction des intérêts géostratégiques des États-Unis. Ainsi, d'anciens alliés d'Al-Qaïda sont louangés, présentés comme des « combattants de la liberté » et utilisés pour effectuer un changement de régime en Libye, tandis qu'ailleurs, des groupes n'entretenant aucun lien substantiel avec le réseau terroriste sont diabolisés et attaqués.

Et que veut dire « appuyer de manière substantielle » Al-Qaïda ou les talibans ? Est-ce que cela comprend l'écriture d'articles, des déclarations publiques ou l'organisation de manifestations contre les guerres des États-Unis déclenchées sous le prétexte de combattre ces forces ?

En 1918, le chef socialiste Eugene V. Debs fut incarcéré, en contravention de la sévère Loi de sédition, pour avoir prononcé un discours opposant la Première Guerre mondiale et appelant la classe ouvrière à prendre le pouvoir et à entreprendre la transformation socialiste de la société. Cependant, le gouvernement dut tout de même lui accorder un procès devant jury. La loi votée jeudi rend de telles subtilités démocratiques superflues. Maintenant, une telle offense serait punissable de disparition dans un camp de concentration de l'armée.

Le sénateur Lindsey Graham (républicain de la Caroline du Sud), l'un des plus véhéments défenseurs du projet de loi, n'a laissé aucun doute sur sa signification. Il a déclaré : « Si vous êtes citoyen américain et que vous trahissez votre pays, vous serez détenu par l'armée et interrogé sur ce que vous savez, et vous n'aurez pas droit à un avocat si nos intérêts de sécurité nationale l'exigent. »

L'American Civil Liberties et divers groupes libéraux ont louangé la Maison-Blanche pour avoir menacé d'opposer son veto au projet de loi et ont pressé Obama d'agir. En fait, la réalité est que le président démocrate ne s'oppose pas à la loi parce qu'il croit que son contenu est profondément antidémocratique. Au contraire, tout comme l'administration Bush, la Maison-Blanche d'Obama a déjà adopté les pouvoirs de détention militaire inscrits dans la loi.

L'administration actuelle va significativement plus loin que celle qui l'a précédée, exerçant le droit d’assassiner des citoyens américains, le président ordonnant leur mort sans présenter la moindre preuve contre eux. Elle a mis en place ce prétendu « droit » dans le meurtre par missile de drone d’Anwar al-Awlaki, l'imam né au Nouveau-Mexique, et à d'autres occasions durant la dernière année. Si la Maison-Blanche est prête à tuer des citoyens américains sans accusations ou procès, aucun principe ne l'empêche d'accepter la détention militaire et l’incarcération indéfinie.

L’inquiétude de l’administration Obama n’est pas en lien avec les droits constitutionnels, mais plutôt avec la conservation de ses pouvoirs présidentiels extraconstitutionnels, quasi dictatoriaux, dans le but de mener la guerre et la répression sans aucune interférence de la branche législative.

Un communiqué de la Maison-Blanche sur la législation se plaint qu’elle « ferait la microgestion du travail de nos professionnels expérimentés dans la lutte contre le terrorisme, y compris nos commandants militaires, les professionnels du renseignement » et autres « agents dans le domaine ». Elle soutient que ce serait « une erreur du Congrès de contrôler ou limiter la flexibilité tactique des professionnels de la lutte contre le terrorisme de notre nation ».

Comme le sénateur du Michigan, Carl Levin, celui qui a présenté le projet de loi, a précisé lors du débat, l’administration Obama est intervenue dans le processus pour exiger que soit retirée la formulation, dans la version originale du projet de loi, empêchant les citoyens américains et les résidents légaux d’être détenus par l’armée sans accusation. La Maison-Blanche a vu cette restriction comme une limitation inacceptable des pouvoirs qu'elle revendique, incluant celui d’ordonner à l’armée de « faire disparaître » des citoyens américains pour de prétendues offenses qui ne sont jamais rendues publiques.

La législation du Sénat sert uniquement à exposer la structure déjà existante de dictature militaro-policière qui a été érigée derrière la façade en décomposition de la démocratie américaine au cours de la dernière décennie, en plus de l’entière complicité des deux principaux partis dans ce processus.

La violence policière et la répression à l’échelle nationale exercées contre les manifestants d’Occupy Wall Street ont fourni un aperçu du caractère réel d’un gouvernement de riches, par les riches et pour les riches. Dans les conditions d’inégalité sociale, de chômage et de misère sociale sans précédent qui ont déclenché ces manifestations, même les formes les plus rudimentaires de gouvernement démocratique deviennent intenables. Une la répression étatique sans retenue est nécessaire pour imposer les diktats de l’élite financière.

WSWS


09/12/2011 - Quand l'ex-patron de Jérôme Kerviel prévoit l’Apocalypse

Jean-Pierre Mustier n'était pas réapparu en public depuis le procès de l'ex-trader. Lors d'un colloque à l'Ecole des mines, ce haut dirigeant de la Société Générale, aujourd'hui chez Unicredit a stupéfait son auditoire en s'abstenant de toute langue de bois sur la gravité de la crise financière.

C’était une première pour l’Ecole des Mines : une journée consacrée à des débats sur l’innovation financière responsable. La troisième table ronde, en ce début d’après-midi du 30 novembre, portait sur les rémunérations et les bonus dans les banques. A 14 heures, l’auditoire s’endormait un peu alors que Pascal Canfin (député européen) et Nicolas Veyron (économiste) parlaient de régulation. Puis, Jean-Pierre Mustier prit la parole et ce fut comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été : les quatre-vingt personnes présentes ont levé la tête et tendu l’oreille.

Jusque-là, le banquier, ex-patron de Jérôme Kerviel à la Société Générale, s’était contenté de pianoter sur son Blackberry et de revoir sur sa tablette les grandes lignes de son exposé. A peine avait-il maugréé un chiffre lorsque Pascal Canfin avait évoqué l’exposition de la Société Générale à feu l’assureur AIG : 25 milliards d’euros avait dit le député "Non,8" avait corrigé Mustier sans lever la tête. "Non, 25", "Non, 8". L’échange s’était arrêté là.

"Notre monde pourrait disparaître"

Mais pour faire son exposé, cet homme, pourtant glacial et discret, s’est déployé comme un aigle, faisant de grands gestes avec ses bras pour appuyer ses propos. Le public était d’autant plus attentif, que, depuis le procès Kerviel, ce banquier à l’air rogue n’était pas réapparu en public. "Il faudrait peut-être parler des vrais sujets, lance-t-il en anglais, langue obligatoire de la journée. Les bonus, c’est bien gentil, mais je crois que vous ne vous rendez pas compte que d’ici deux jours, ou une semaine, notre monde pourrait disparaître. C’est Armageddon".

Autrement dit, la bataille finale qu’il ne faut pas perdre, sous peine de perdre la guerre. Pas encore la fin du monde donc, mais plus très loin. "Nous sommes tout prês d’une grande révolution sociale", lance encore celui qui est devenu en 2011 patron de l’activité de Banque de Financement et d’Investissement (BFI) d’Unicredit, banque italienne qui a annoncé 10 milliards d’euros de pertes pour le seul troisième trimestre.

"Les banques ont dégagé des taux de rentabilité trop importants"

La responsabilité de la catastrophe incombe d’abord aux Etats, qui se sont surendettés et ont manqué totalement de discipline. Puis ensuite aux régulateurs, qui prennent de mauvaises décisions et ne font qu’aggraver la situation. Et aussi, aux banques, reconnaît Mustier: "J’ai discuté récemment avec Michael Milken qui est un très brillant esprit, même s’il n’a pas fait que des choses bien." Milken est l’inventeur des Junk Bonds, qui fut condamné à dix ans de prison et en fit deux. "Il m’a rappelé que la formule la plus importante d’Albert Einstein n’était pas e=mc2 mais celle des intérêts composés".

Vérification faite, il s’agit bien d’une règle, sinon établie au moins popularisée par Einstein, dite "des 72", soit le nombre qu’il faut diviser par le taux d'intérêt attendu pour obtenir le nombre d'années nécessaire au doublement du capital. Les financiers vivent décidément sur une drôle de planète où l’on affirme sans rire que la théorie de la relativité n’est pas le plus important apport théorique du génie scientifique.

"Les banques ont dégagé des taux de rentabilité trop importants, continue Mustier, sans sourciller.. C’était intenable, sinon il n’y aurait plus eu que des banquiers et des avocats et les autres acteurs de l’économie seraient morts." Une remarque qui ne manque pas de sel, venant de l’ancien patron de la banque de marché de la Société Générale, dont la BFI dégageait des taux de rentabilité de 30% avant la crise.

Moins de crédits en vue pour tous

Cette description apocalyptique terminée, Mustier soumet à l’auditoire médusé le choix qu’il reste aux banquiers: "soit c’est 1789, soit c’est un changement majeur de notre industrie, comme ce qui s’est passé pour internet après 2000." Les banquiers, selon cet oracle, vont donc devoir réviser sérieusement leurs modèles. "Se désendetter, retourner sur leurs marchés domestiques, et faire des produits de plus en plus simples." Et elles auront de plus en plus de difficulté à octroyer des crédits à leurs clients, notamment aux PME.

Quant aux Etats, les marchés ne leur laissent guère le temps de se réformer. Et Jean-Pierre Mustier de citer en exemple la Malaisie qui avait décidé de se refermer sur elle-même en instaurant un très sévère contrôle des changes ce qui lui a permis de s’isoler des marchés et de mener ses réformes à bien. Retour au protectionnisme financier? "Evidemment pour l’Europe, cela sera plus compliqué, reconnaît le banquier. Il n’y a pas de solution facile." Mustier reste aussi persuadé qu’en temps de crise, personne ne joue collectif. "Dans ces cas- là, on n’est plus Européen, c’est plutôt du chacun pour soi", rappelle-t-il. Pour les solutions, on reste un peu sur sa faim. Il faudrait peut-être demander à Michael Milken s’il a une solution.

Irène Inchauspé - Challenge


31/10/2011 - Une troisième guerre mondiale est évitable mais imminente

S’adressant à ses collaborateurs du LPAC lors d’une réunion le 29 octobre, Lyndon LaRouche a fait part de ses discussions avec des diplomates et autres personnalités politiques de plusieurs pays, au sujet des menaces d’une nouvelle guerre mondiale se profilant à l’horizon. Nous présentons ici des extraits de ses propos.

« Nous avons maintenant, en provenance de cercles dirigeants en Allemagne et ailleurs, incluant de milieux assez puissants, des avertissement concernant l’imminence d’une troisième guerre mondiale. Il ne s’agit pas d’une prévision à longe terme, mais d’une perspective plutôt à court terme. A quel point nous ne le savons pas. Nous nous dirigeons, de plus en plus rapidement, vers la probabilité de quelque chose ressemblant à une troisième guerre mondiale, la pire d’entre elles jusqu’ici. Nous ne pouvons dire ’oublions tout ceci, n’en parlons pas, ça n’arrivera pas’, ce que seuls les idiots et les lâches sont capables de dire. Le fait est que nous sommes déjà, si vous comprenez l’histoire le moindrement, à la veille d’une troisième guerre mondiale. (...) Ceci n’est pas encore certain, mais hautement probable. Et tout ce que vous faites doit inclure la probabilité d’un tel événement comme facteur-clé dans vos décisions publiques et personnelles. (...)

« Pour comprendre ceci vous devez revenir sur les deux dernières guerres mondiales, toutes deux atteignant leur paroxysme autour des événements dans les Balkans, la guerre des Balkans. La situation européenne était par conséquent centrée autour des Balkans. (...)

« Ce qui se prépare maintenant n’est pas une guerre dans les Balkans. Regardez la planète de manière un peu différente. Quelle est la différence entre la situation de la planète aujourd’hui et celle des deux dernières guerres ? (...) Le Moyen-Orient, qui est devenu et devient les nouveaux Balkans. Lorsque vous comprenez ceci, vous commencez à sentir ce qui se prépare. Regardez la Palestine, la Jordanie, les autres Etats arabes, regardez l’Afghanistan, et plus particulièrement le Pakistan, parce que le Pakistan fait partie des « nouveaux balkans », contrôlés par les britanniques.

« Vous avez, par conséquent, une poudrière pouvant déclencher une guerre généralisée, sur le continent [eurasiatique] mais également en Amérique. Ceci serait déclenché, en grande partie, par la crise financière et monétaire créant une situation impossible dans le monde entier, et plus particulièrement dans la région bordant les deux rives de l’Atlantique. (...)

« L’odeur se répandant dans le monde aujourd’hui est celle des Canons d’août, nous sommes dans un mois différent mais l’analogie avec les Canons d’août et les deux premières guerres mondiales est que ces guerres furent organisées par les britanniques, délibérément !

« Ceci amène un autre concept, essentiel pour comprendre ces choses : qu’est-ce que l’Empire britannique, et où se trouve l’imbécile qui ne croit pas qu’il y ait un Empire britannique ? Il n’existe rien d’autre qu’un Empire britannique ! Il contrôle l’Europe en ce moment, l’Europe centrale et l’Europe occidentale ; il contrôle l’Afrique, et essentiellement ce que l’on appelle le Moyen-Orient. Il affecte d’autres parties du monde. C’est un Empire ! C’est un quatrième Empire romain. Il n’y a aucune nation en Europe centrale et occidentale, elle font toutes partie du système de l’euro ! Placées sous la gouvernance de l’Empire, des colonies.

« C’est ce qui a été mis en place lorsque le Mur de Berlin est tombé. Les britanniques et le président français ont décrété le système de l’euro, et le président français a dit : ’Si vous ne l’acceptez pas nous vous ferons la guerre !’ En d’autres termes, le président français a menacé l’Allemagne si elle n’acceptait pas la mise en place d’un système européen, si elle n’abandonnait pas sa souveraineté avec les autres nations d’Europe centrale et occidentale. (...)

« Ce système commence aujourd’hui à s’effondrer et les britanniques activent les manettes pour créer une crise. Ils mettent deux porcs successifs à la Présidence des Etats-Unis, George W. Bush et le porc des porcs, Obama. La pire ordure jamais mise à la tête d’un gouvernement depuis Néron !

« Nous avons atteint le point de faillite absolue du système monétaire international, en particulier sur les deux rives de l’Atlantique. Ces nations sont en faillite, ce qui ne signifie pas que nous ne pouvons pas nous en sortir. Tout ce que nous avons à faire est de prendre l’appoche Glass-Steagall, et de l’appliquer des deux côtés de l’Atlantique, à commencer par les Etats-Unis. Tout ce que nous avons à faire, c’est de mettre ce système en redressement judiciaire, ce qui balaierait une grande partie de l’argent présent sur les comptes, mais je sais comment faire face à ce problème. C’est une opération élémentaire.

« Donc, si vous acceptez que l’on mette le système en redressement judiciaire, nous pouvons sortir de ce guêpier, et nous liquiderions en même temps tout ce qu’a représenté l’Empire britannique à l’échelle mondiale. »

Après avoir dressé ce panorama de la situation stratégique actuelle, LaRouche a apporté plus de précisions sur les mécanismes pouvant déclencher la guerre :

« Ce qui est arrivé avec l’opération en Libye pourrait nous avoir fait franchir le seuil. L’assassinat de Kadhafi et de son parti a mené le monde au bord de l’abime. (...) Nous avons toutefois un noeud autour de la Syrie. Le présent gouvernement de la Syrie représente le principal blocage contre une troisième guerre mondiale. Et la haine contre le gouvernement syrien reflète une intention des britanniques de déclencher une nouvelle guerre mondiale. Toute la région, depuis la Turquie jusqu’au Pakistan, à travers l’Afghanistan, est une région de guerre perpétuelle exactement comme l’étaient les Balkans en leur temps. »

S&P


15/10/2011 - La tempête qui se prépare est colossale, historique, potentiellement dévastatrice

Jusqu'à quand ferons-nous semblant de croire que nous vivons des temps ordinaires? 

Chaque jour nous rapproche de l'apocalypse économique. A la faillite qui approche de la Grèce, répond un ralentissement économique désormais observable dans l'ensemble des pays occidentaux, Etats-Unis compris, qui menace en retour les capacités de remboursement des dettes italienne, c'est pour cela qu'un agence a dégradé la note du pays, portugaise, irlandaise, peut-être bientôt française, engrenage mortifère qui menace l'ensemble du secteur bancaire européen, c'est-à-dire l'épargne des citoyens et les capacités d'investissement des entreprises.

La tempête qui se prépare est colossale, historique, potentiellement dévastatrice. Entendez-vous un discours d'homme public qui tente de nous en avertir, qui prépare les esprits à ce qui s'annonce à la manière de ces sacs de sable que l'on dispose dans les villes lorsque s'approchent les vagues démesurées de la mer en colère?

Non, rien de tout cela. Nulle part en Europe, et en tout cas pas en France, le discours ne décrit la réalité. Le gouvernement semble satisfait de son dernier plan-plan de taxes et assure qu'il a fait ce qu'il fallait pour mettre le pays à l'abri. Du coup, le parti qui le soutien lance dans le débat un ridicule "serment d'allégeance aux armes de la France" en savourant d'avance la polémique qui s'ensuivra. L'opposition, elle, fait et refait les comptes imaginaires qui lui permettront d'embaucher 60.000 enseignants supplémentaires, 10.000 policiers supplémentaires, et tant d'autres choses merveilleuses encore, tant il est vrai que les riches paieront et que la suppression des niches fiscales pourvoira au reste.

Chacun des acteurs de la scène politique comprend bien sûr que c'est tout un système politique - construction européenne, financement du modèle social-, économique - manque de compétitivité de l'industrie occidentale - et monétaire -échec de l'euro- qui est en train de s'écrouler. Mais aucun ne cherche à le conceptualiser, à l'inscrire dans ces discours car pour l'instant, l'opinion publique parait toujours captive des discours creux et émollients.

La vie publique a ceci d'étrange qu'elle est une offre -le discours- qui procède d'une demande certes muette, mais intuitivement ressentie par les acteurs, de l'opinion publique. Et très probablement, personne ne s'échine à décrire correctement les temps bouleversés qui s'annoncent parce qu'au fond aucun esprit ne se montre disponible pour la prophétie du malheur qui s'annonce.

D'où ce sentiment tellement palpable d'une artificialité étrange qui doit être le sentiment ressenti par tous ceux qui, avant nous et depuis déjà longtemps, ont été confronté à l'inéluctabilité de la violence de l'histoire qui approche. 

Jean-Michel Aphatie Blog (21/09/2011)


26/09/2011 - La guerre, la Grande, comme “option”…

Dans ces temps de crise(s) déchaînée(s), les esprits sondent fiévreusement l’avenir. Selon la méthode habituelle de l’expertise prévisionniste qui est l’activité principale en cette matière, plutôt que l’analyse des possibilités restantes de cette dynamique de crise déchaînée et hors de nôtre contrôle, on parle en général d’“options” qui donnent l’illusion d’un reste d’un certain contrôle des choses par les directions politiques, même si c’est pour le pire.

Se référant en ceci au déroulement des événements des années 1930 (la Grande Dépression conduisant à la Deuxième Guerre mondiale), l’“option” de la guerre est souvent citée (la Guerre Mondiale, certes, ou Grande Guerre, avec tous les moyens armées déchaînés). C’est le cas de Jean-Michel Quatrepoint, dans son livre Mourir pour le yuan, dont Philippe Cohen, dans Marianne2, fait un compte-rendu ce 24 septembre 2011. (Le titre même indique que, dans ce scénario, la Chine a une place prépondérante, d’ailleurs en tant que nouvelle puissance dominante in being.)

« Dans un monde où chacun croit les nations dépassées et les frontières explosées, la guerre, nous rappelle Jean-Michel Quatrepoint, journaliste (il fut longtemps au Monde et à la Tribune) et économiste, est la continuation de la politique par d’autres moyens. Or, si l’on regarde les développement la crise économique et financière avec le recul de l’histoire, le temps des conflits affleure la diplomatie mondiale.

»En apparence, les dirigeants du monde sont acquis aux idéaux de paix et de prospérité. Mais nous ne sommes plus dirigés par des hommes ayant vécu dans leur enfance le traumatisme de la guerre mais par des leaders désaffiliés qui ne seront pas forcément en capacité de maîtriser les processus qu’ils ont déclenchés.

» La première dimension de la guerre qui nous menace repose selon Quatrepoint sur deux pays qui ont leur revanche à prendre sur l’histoire : l'Allemagne muselée à la sortie de la deuxième guerre mondiale et la Chine que la guerre de l’Opium a ramené à l’état de “petite nation” pendant plus d'un siècle, ont en commun une humiliation nationale et certaines similitudes que l’ouvrage souligne en les exagérant parfois.»

D’une façon paradoxale, ou qu’on jugera plutôt provocatrice c’est selon, on observera que cette option de la guerre est extrêmement “optimiste” sinon “uropique”. Elle l’est parce qu’elle s’appuie sur la proposition qu’il y a “un après”, – après la crise, puisque la guerre serait l’option qui dénouerait la crise, par le fer et par le feu, par ce que des esprits appuyés sur une raison subvertie jugeraient être comme une sorte de “Jugement de Dieu”. Notre conviction est au contraire qu’avec la crise, “il n’y a plus d’après” concevable et contrôlable par nos moyens et nos intentions. (La fameuse chanson, peut-être prémonitoire, qu’“A Saint Germain-des-Près, il n’y a plus d’après”.) Pour le cas de l’“option de la Grande Guerre”, des indications très précises montrent que nous approchons du degré de l’impossibilité industrielle et économique de cette Grande Guerre, aux moyens nécessairement considérables et au champ nécessairement mondial (projection de forces), qui est évoquée ici. Ce constat concerne les USA, qui sont, dans l’hypothèse d’un conflit de cette sorte, un acteur inévitable par ses structures de puissance traditionnelles et, dirions-nous, à cause de sa politique, potentiellement un acteur déclencheur…

Nous nous reportons, pour cette affirmation, à une nouvelle de DoDBuzz.com, ce 21 septembre 2011. Il y est rendu compte d’un rapport qui vient d’être publié, de Barry Watts et Todd Harrison, du Center for Strategic and Budgetary Assessments qui est le think tank actuellement considéré comme la meilleure et la plus précise référence dans les questions d’évaluation de la puissance militaire US, notamment dans ses aspects industriel, technologique, et de capacité de production.

«Wednesday’s brief by two of DC’s top defense analysts included another interesting element besides their endorsement of an “industrial strategy” to protect the defense sector: If the U.S. got into a desperate national pinch and needed to “surge” its stocks of weapons or equipment, it probably could not do it, they said. Barry Watts and Todd Harrison, of the Center for Strategic and Budgetary Assessments, explained that there are many reasons why the U.S. could not switch on a major industrial effort like the one that built the “arsenal of democracy” in World War II…»

Les conditions de la guerre telles que les envisagent les USA ont profondément changé, d’une part durant la Guerre froide lorsque la perspective d’un échange nucléaire impliquait une guerre nécessairement courte, ne nécessitant aucune réserve, d’autre part durant la période depuis la fin de la Guerre froide où les guerres n’ont nécessité, – du point de vue du matériel et de la philosophie d’emploi, – aucun effort nouveau des USA, et surtout pas la nécessité de constituer des réserves. Le résultat est que la base industrielle quantitative de production de guerre des USA est extrêmement faible, voire dérisoire par rapport à ce qui fut constitué durant la Deuxième Guerre mondiale ; sa reconstitution demanderait un effort industriel, technologique et financier qu’il est tout simplement impensable d’envisager aujourd’hui, d’autant qu’il s’agirait d’une base industrielle extrêmement sophistiquée, donc coûteuse et très longue à constituer, – si, même, les USA sont encore capables de la réaliser, hypothèse hautement incertaine.

Actuellement, les réserves US sont extraordinairement ténues. Watts-Harrison présentent le cas du missile de croisière, instrument principal d’une attaque conventionnelle de haut niveau, qui est ici exemplaire et nullement qu’execeptionnel…

«…In the event of a major conflict, analysts worry the Navy and Air Force could expend most or even all of their weapons in the opening days and then lose their initiative. Harrison said the Navy fired about 200 Tomahawk cruise missiles in the early days of the Libya intervention, which he said was about the same number the Pentagon buys in a year. Not only that, Navy warships’ Vertical Launch System tubes can’t be reloaded at sea, so if your cruiser fires all its weapons, it’s out of action until it can swing by a friendly port.»

La même situation est envisagée dans d’autres domaines, y compris ceux des effectifs eux-mêmes, complètement dépassés du point de vue quantitatif par des adversaires potentiels. Philip Ewing, l’auteur de l’article conclut : «Watts and Harrison did not take a position on that issue, but their analysis does raise the question about whether America’s arsenal is as ready for anything as we tend to think it is.»

(Dans une autre partie du rapport, examinée également par DoDBuzz.com le même 21 septembre 2011, Watts-Harrison envisage tout de même l’idée d’une mobilisation industrielle. S’ils estiment qu’elle serait en théorie possible, ils émettent l’argument qu’elle devrait s’appuyer sur une “politique industrielle” radicale, impliquant une nationalisation de facto de l’industrie de défense, – chose dont on était extrêmement loin, même durant la Deuxième Guerre mondiale aux USA. Ils concluent que “ce n’est pas une option”, dans le climat idéologique et populaire actuel, une telle orientation signifiant rien de moins qu’une économie quasiment de type socialiste. Impensable, d’autant plus que le pouvoir US est d’une faiblesse telle que même la considération théorique d’une telle option est au-dessus de ses forces.)

Dans ce contexte d’impasse complète, il faut ajouter le facteur aggravant du temps. Toute idée de reconstitution d’une base industrielle acceptable de mobilisation, outre la capacité de la réaliser, est quelque chose qui se compterait en années, en très, très longues années. Cela vaut pour les USA comme pour les autres, car cela constitue une nouvelle et implacable réalité de la situation militaire (et militaro-budgétaire). Cette idée n’est pas complètement nouvelle puisque, il y a quelques années, en 2007, une étude avait été faite sur l’hypothèse de l’attaque terrestre de l’Iran par les USA (conflit très limité, rien de la Grande Guerre envisagée). Il avait été conclu qu’un peu plus d’un million d’hommes serait nécessaire et que la seule préparation et mobilisation de cette force prendrait entre deux et trois ans. Cette fois, Watts-Harrison examinent la situation structurelle générale impliquant une restructuration, et non plus un cas structurel qui n’implique finalement qu’une extension et un renforcement de structures déjà existantes. Pour eux, il est totalement impossible d’envisager le renouvellement d’un effort semblable à celui de la Deuxième Guerre mondiale, même dans une mesure réduite. Outre la situation générale très spécifique, de quasi “désarmement” structurel avec l’absence de stock et de réserve, il existe des situations qu’on pourrait considérer comme des “goulots d’étranglement”. Au contraire de la Deuxième Guerre mondiale où des usines produisant d’autres biens que de l’armement pouvaient aisément passer à la production d’armement (comme les usines Ford de production d’automobiles prenant en charge une portion importante de la production du bombardier B-24), la spécificité des produits, la très haute technologie de ces produits et des méthodes de production, rendent impossible une telle possibilité. La constitution d’unités de production demande, de la même façon, des travailleurs d’une si grande qualité et d’une si grande spécificité, des méthodes et des moyens technologiques à mesure, qu’il y a là également une situation de quasi impossibilité. Tout cela doit être d’autant mieux compris que, dans les circonstances actuelles, de telles mesures de renforcement se mesurent sur des longueurs de temps qui peuvent approcher ou dépasser la décennie, dans une situation devenue d’une extraordinaire complexité et d’une très grande tension si l’on se réfère aux difficultés, voire aux impasses de production expérimentées dans tous les grands programmes d’armement aux USA. Depuis la génération des années 1970 (F-15, F-16 et F-18), les USA ont été impuissants à conduire à terme un programme de production d’avions de combat. Le même Barry Watts qui a co-signé le rapport dont il est question observe que les USA ont eu quatre programmes d’avions de combat depuis la fin des années 1970, tous à technologies furtive (le F-117, le A-12, le B-2 et le F-22, – en excluant le F-35 dont on dirait qu’il est “en cours de difficultés” plutôt qu’“en cours de développement”) ; ces quatre programmes devaient aboutir à la production de 2.378 exemplaires, selon la programmation initiale ; la production totale des quatre a atteint 267 exemplaires, et dans des conditions d’une complète incertitude (exemple de l’immobilisation au sol des 187 F-22 qui serait sur le point de se terminer après une durée de quatre mois)…

Le cas US est évidemment le cas en pointe. Les autres puissances impliquées dans un scénario hypothétique de grand conflit connaissent de meilleures conditions d’une éventuelle mobilisation nécessaire, mais elles ont de très sévères limitations d'un autre type. (Ces puissances sont essentiellement la Russie et la Chine, mais certainement pas l'Allemagne citée par Quatrepoint, qui est un pays qui n'a plus aucune infrastructure d'armement pouvant lui permettre d'envisager quelque confit que ce soit, et n'étant plus du tout au niveau technologique adéquat, sans parler du soutien populaire.) D’une façon générale, leurs structures de force ne sont nullement orientées vers la projection de forces nécessaires à un grand conflit mais vers le contrôle de la sécurité de leurs zones régionales ; un changement radical, si même il était voulu, demanderait également un temps extrêmement long (bien au-delà de la décennie), sans nulle garantie de succès car les caractéristiques des matériels et l’infrastructure nécessaire, de très haute technologie, pour ce type de forces, pousseraient sans doute vers une situation de blocage “à l’américaine”. La situation porte donc sur un paradoxe qui contrecarre complètement le scénario envisagé : la seule puissance (les USA) qui peut porter une guerre à longue distance, – la Grande Guerre envisagée, – est en train de sombrer très rapidement dans l’impasse et l’impuissance, tandis que les autres sont dans une posture défensive.

Enfin, il y a une autre quasi impossibilité avec le facteur temps. On a vu que ces spéculations de réarmement ou de mobilisation se comptent presque en décennies, alors que les crises se précipitent à une vitesse stupéfiantes et se succèdent de semaine en semaine. Les conditions évoquées d’un conflit possible ne concernent pas une tendance longue, mais une tendance ultra-courte, incontrôlée, complètement erratique. On ne peut imaginer une disparité plus grande, avec l’idée implicite que la crise et la cause d’une éventuelle Grande Guerre seraient largement consommées dans une situation complètement nouvelle avant qu’on puisse commencer à planifier un tel conflit. Il s’agit en réalité d’une situation où le système du technologisme qui soutiendrait une Grande Guerre atteint lui-même une impasse qui est celle de notre civilisation. Encore n’envisage-t-on pas l’éniorme puissance du facteur populaire, qui pourrait s’avérer comme une entrave insurmontable de plus à tout projet de Grande Guerre.

Dans cette situation extrême, et si l’on tient à conserver l’option d’une Grande Guerre, le seul moyen restant est, très simplement et radicalement, celui d’un échange nucléaire, où les moyens restent disponibles. Ce cas nous paraît très aléatoire, et dépendre essentiellement d’une instabilité psychologique poussée à son extrême. Mais ce cas, justement, peut paradoxalement bénéficier de la situation de blocage “de civilisation” décrite ci-dessus ; ce blocage est évidemment entretenu également par une paralysie et une pesanteur bureaucratiques extraordinaires, surtout dans les appareils militaires, et cette paralysie et cette pesanteur joueraient probablement contre l’option d’une guerre nucléaire, vu la prudence des bureaucraties. Cela a sans doute été le cas en 2007, selon Seymour Hersh, où la bureaucratie militaire aurait réussi, par une menace de quasi insubordination, d’envisager une attaque nucléaire contre l’Iran. (voir le 3 juillet 2006).

Observé brièvement, nous dirons que nous ne sommes dans une situation d’impossibilité structurelle d’une Grande Guerre. Il faut dire que nous n’avons absolument pas besoin de cela pour notre situation d’effondrement actuel, qui ne se fait pas selon des antagonismes humains classiques, mais par des processus internes au Système, hors de notre contrôle, et à une vitesse qui renvoie la possibilité d’une Grande Guerre à un univers dépassé, qui n’existe plus…

Dedefensa


21/09/2011 - France: Le "serment d'allégeance aux armes" suscite de nombreuses réserves

La proposition de l'UMP d'imposer à tout Français un serment d'"allégeance aux armes de la France", à l'occasion d'un serment qui interviendrait au moment de sa majorité ou, s'il n'est pas né Français, lors de sa naturalisation, a suscité de nombreuses réserves dans la classe politique.

Le ministre de la défense, Gérard Longuet, s'est dit mardi "un petit peu" gêné par cette proposition. "L'idée est bonne mais il faut travailler la sémantique", a-t-il déclaré. Le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, chargé de l'élaboration du projet de l'UMP pour 2012, a pour sa part refusé de donner son sentiment sur cette proposition.

Luc Chatel, le ministre de l'éducation nationale, a estimé mercredi sur Europe 1 que la formulation "allégeance aux armes" n'était "pas forcément la plus adaptée", mais s'est dit favorable à une cérémonie qui "rappelle les valeurs de la République". "C'est une proposition, elle va vivre, on verra si elle est retenue par notre famille politique", a poursuivi le ministre, en ajoutant: "Nous débattrons du contenu de cette cérémonie".

"PAS LA PRIORITÉ DU MOMENT"

Marielle de Sarnez, numéro deux du MoDem, a  estimé sur Canal+ que "ce n'est vraiment pas la priorité du moment. Je vois bien qu'il y a une partie de la droite qui va toujours chercher quelques voix à l'extrême droite". "Je suis pour une défense européenne et donc je préfèrerais que l'on prenne le sujet de cette façon-là", a-t-elle ajouté.

Pour le député PS Bernard Cazeneuve , il s'agit d'une proposition "exclusivement électoraliste", "en forme de clin d'œil au Front national".

Sur RTL, Manuel Valls, candidat à la primaire PS, s'est quant à lui déclaré "favorable à l'idée d'un engagement, d'un serment mais à nos valeurs, à la République, pas aux armes". "C'est quand même étonnant que ceux qui, il y a quelques années avec Jacques Chirac, ont supprimé le service militaire, proposent un serment aux armes". Le maire d'Evry a proposé un "un service civique obligatoire pour les garçons et filles qui s'engagent pour les associations, [pour] les autres, pendant six à neuf mois".

A l'issue d'un meeting à Montbéliard mardi, François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a estimé que la proposition de l'UMP n'était "pas la formule la plus heureuse". "La fidélité à la France doit se marquer à des moments qui ne sont pas forcément liés aux armes", a-t-il dit. "Ce qu'on doit demander aux jeunes Français, c'est sans doute un engagement civique de fidélité à des principes de solidarité et de justice", a-t-il poursuivi.

"GIGANTESQUE CHASSE À L'ÉLECTEUR FN"

L'ancien ministre des finances Michel Sapin (PS), soutien de François Hollande dans la primaire présidentielle, a pour sa part qualifié sur France Inter la proposition de "désuette". "Et pourquoi pas une allégeance au président de la République ?" a-t-il demandé.

Quant au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il déclare dans un communiqué que "cette nouvelle proposition de l'UMP en dit long sur le profil de la campagne présidentielle de l'UMP, qui s'apparente désormais à une gigantesque chasse à l'électeur FN".

Le monde


15/09/2011 - Crise de l'euro : la Pologne évoque le risque d'une guerre

Le ministre polonais des Finance, Jan Vincent-Rostowski, a évoqué mercredi le risque d'une "guerre" à moyen ou long terme en Europe si la crise de l'euro devait conduire à l'éclatement de l'UE.

"Si la zone euro se fissure, l'UE ne sera sans doute pas en mesure de survivre avec toutes les conséquences dramatiques que l'on peut imaginer", a déclaré devant le Parlement européen à Strasbourg le ministre polonais, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'Union.
Il a ensuite raconté comment une vieille connaissance, rencontrée par hasard la semaine dernière dans un aéroport, et avec qui il a discuté de la crise actuelle, lui a fait part de sa crainte d'une "guerre au cours des dix prochaines années".

"Une guerre! Mesdames, messieurs ce sont les termes qu'il a employés. Alors là je suis inquiet et j'ai bien l'intention de demander la carte verte pour mes enfants pour les Etats-Unis, et je pense que ce serait vraiment regrettable", a ajouté M. Vincent-Rostowski sur un ton ironique.

Interrogé sur ces propos lors d'une conférence de presse peu après, le ministre a indiqué qu'il avait "seulement voulu souligner le caractère sérieux de la situation", afin que les responsables politiques européens "prennent conscience de l'ampleur de la crise de la zone euro", laquelle pourrait conduire à des "situations inimaginables".

"Si la zone euro disparaît, si cela devait arriver, alors il y a une grande menace que l'UE ne pourra pas survivre à une telle situation", ce qui, "dans un horizon de plusieurs années", pourrait conduire à un "très grand danger", a-t-il encore développé. Le projet européen a été lancé dans les années 1950 en grande partie pour éviter une nouvelle guerre entre la France et l'Allemagne et éviter que la Seconde Guerre mondiale ne se reproduise.

"La grande réalisation de l'Europe, c'est la paix politique, mais elle n'est pas éternelle. Si on ne prend pas les bonnes décisions, l'Histoire peut se retourner contre nous dans un mauvais sens", a-t-il conclu.

AFP


31/08/2011 - Les banques américano-européennes amènent le monde au bord de la guerre

«Pour les peuples occidentaux, qui ont échoué à tenir compte du plus grand avertissement de notre civilisation qui est que « ceux qui échoué à tenir compte de l’histoire et de ses leçons sont condamnés à la répéter », se trouvent les plus grands dangers tels que le seul moyen pour les systèmes capitalistes d’être capables de survivre réside à travers la guerre, et selon les experts, désormais cela viendra beaucoup plus tôt que plus tard.

« Les prémices de la  guerre mondiale totale pour protéger les économies américaines et occidentales ont d’abord sonné au printemps dernier par la voix du Haut conseiller d’Obama, Paul Krugman, prix Nobel d’économie, qui a dit:« D’un point de vue économique la Seconde Guerre mondiale a été, avant tout, une explosion  de dépenses publiques financées par le déficit, sur une échelle qui n’aurait jamais été approuvée autrement. Au cours de la guerre, le gouvernement fédéral a emprunté un montant égal à environ le double de la valeur du PIB en 1940, l’équivalent d’environ 30 $ milliards de dollars aujourd’hui. … Cet effondrement peut être guéri. Tout ce qu’il faudra c’est un peu de clarté intellectuelle, et beaucoup de volonté politique. »

« Krugman a été rejoint dans sa« logique de guerre »par ses camarades économiques« intellectuels » et l’analyste du  CNBC, Marc Faber, qui a averti de« se préparer à une « remise à zéro » globale et à une guerre. »

«Et cette guerre est à tel point proche que nous pouvons la déterminer à partir de l’ émissaire de la Russie à l’OTAN, Dmitry Rogozin, qui a averti que les Etats-Unis et ses alliés occidentaux étaient en train de planifier une campagne militaire contre la Syrie pour aider à renverser le régime du président Bachar al-Assad avec l’objectif plus lointain de préparer une tête de pont pour une attaque sur l’Iran, et qui, bien sûr, commencerait une troisième guerre mondiale car ni Moscou ni Pékin ne permettrait que cela arrive. »

Eutimes.net - Laitman


08/08/2011 - La dette, symptôme d'une crise de la mondialisation ?

Les crises qui secouent les systèmes politiques et financiers vont au-delà des problèmes de dette dont souffrent aujourd'hui les pays occidentaux et ont directement à voir avec le fonctionnement même de l'économie mondiale au cours de ces vingt dernières années.

Après avoir compté sur elle pendant des années pour alimenter la croissance, sortir des millions de personnes de la pauvreté, améliorer la vie quotidienne de leurs populations et les rendre heureuses, les Etats nations semblent avoir perdu le contrôle de la mondialisation.

A court terme, les dirigeants politiques risquent d'apparaître impuissants face à des marchés toujours plus rapides, ce qui pourrait saper leur autorité et potentiellement alimenter des troubles sociaux.

A plus long terme, il y a déjà des signes montrant que le monde pourrait répéter les erreurs des années 1930 et se retrancher derrière le protectionnisme.

"En période de récession économique, les pays ont tendance à devenir isolationnistes et à vouloir sortir de la mondialisation", commente Celina Realuyo, spécialiste de sécurité nationale à la National Defence University de Washington.

"Compte tenu du nombre accru d'acteurs en jeu sur n'importe quel sujet - le changement climatique, le système financier international, la cyber sécurité - on ne voit pas bien comment les Etats nations traditionnels pourraient mener le jeu, sans parler d'établir un consensus au niveau mondial."

CONTRÔLE IMPOSSIBLE ?

Le système financier, internet et même les chaînes d'approvisionnement pour les ressources naturelles se sont défaits sans bruit du contrôle effectif des Etats.

Ces instruments de la mondialisation ont généré d'énormes richesses et permis aux économies de fonctionner beaucoup plus efficacement mais ils pourraient bien se retourner contre ceux qui détiennent l'autorité.

Tout comme le président égyptien Hosni Moubarak a découvert que bloquer internet ne suffisait pas à empêcher un mouvement de contestation alimenté par les réseaux sociaux de le renverser, les Etats les plus puissants de la planète sont confrontés à leur impuissance à maîtriser les marchés et les flux financiers.

L'innovation technologique et la dérégulation ont permis à l'information tout comme aux actifs financiers de s'échanger à travers le monde plus vite que jamais auparavant, plus vite peut-être que ce que les Etats sont en mesure de maîtriser même avec les contrôles et les réglementations les plus efficaces.

Le large consensus qui avait présidé au G20 de Londres en 2009 a déjà laissé la place aux reproches et à une radicalisation des positions sur les scènes nationales et internationale.

D'habitude plutôt discrets, la Chine et la Russie critiquent aujourd'hui ouvertement les Etats-Unis, que le Premier ministre russe Vladimir Poutine a présenté comme un "parasite" économique.

Aux Etats-Unis et en Europe, des mouvements extrémistes comme le Tea Party bloquent le processus politique, alors qu'à gauche, des voix s'élèvent pour exiger un plus grand contrôle des marchés et des capitaux.

Il est toutefois peu probable que des Etats puissent sortir d'un système mondialisé dont ils sont devenus dépendants.

INSOUTENABLE ?

"Internet interprète la censure comme une avarie et la contourne", déclarait le gourou de l'informatique John Gilmore en 1993. On pourrait en dire autant aujourd'hui des tentatives de restreindre les échanges économiques et financiers.

"Ironiquement, la théorie a toujours été que (...) la monnaie unique (l'euro) empêcherait les méchants capitalistes de déstabiliser l'Europe", souligne Charles Robertson, économiste en chef à la banque anglo-russe Renaissance Capital.

Après avoir été ignorés pendant des décennies, les problèmes et les déséquilibres au coeur du système financier international apparaissent aujourd'hui au grand jour, révélés par ces mêmes marchés ultra-rapides qui les nourrissaient autrefois.

Ces difficultés ne concernent pas seulement les grandes économies occidentales mais aussi les puissances émergentes censées prendre un jour leur relais.

"Pendant une grande partie de la dernière décennie, la croissance et l'activité économique dans de nombreux endroits ont été portées par des forces qui n'étaient pas soutenables", estime Simon Derrock, directeur des changes à Bank of New York Mellon.

"Ce qui se passe maintenant, c'est qu'ils sont sous pression et qu'on ne peut plus l'ignorer. Mais pour tous ces enjeux, la réponse politique ne sera pas évidente à trouver."

Les Echos


05/08/2011 - La Grèce se prépare à la guerre?

Un fossé antichar long de 120 kilomètres, large de 30 mètres et profond de 7 mètres sera creusé à la frontière entre la Grèce et la Turquie, a annoncé jeudi la version électronique de l'hebdomadaire grec To Vima.

"Au moment de la récession économique profonde et du découragement qui gagne la Grèce, cet immense projet défensif de la plus grande importancestratégique […] modifiera radicalement les éléments géographiques défavorables dans un secteur crucial du territoire grec", indique le journal.

Selon To Vima, le fossé remplira une double mission: d'une part, il éliminera la possibilité d'une attaque terrestre de la Turquie contre la Grèce et d'autre part, il barrera la voie aux milliers de migrants clandestins qui franchissent chaque année la frontière gréco-turque.

D'après le journal, les travaux financés par le ministère grec de la Défense et l'état-major général de l'Armée de terre ont débuté en décembre 2009. A l'heure actuelle, une tranchée longue de 14,5 kilomètres est déjà construite. Le coût total de l'ouvrage est gardé secret.

Novosti


09/03/2011 -  Le monde est il condamné dans une guerre de tous contre tous?

«Je montre d’abord que l’état des hommes sans société civile (quel état peut être nommé l’état naturel) est rien sauf «une guerre de tous contre tous» [bellum omnium contra omnes]; et que, dans cet état, tous ont le droit de toutes choses.» Hobbes (1651)

Il est courant pour les pays industrialisés de citer d’une façon résignée voire hypocrite les maux de la planète sans tenter d’y trouver des remèdes radicaux. Le néolibéralisme sauvage semblable à un train fou que personne ne peut arrêter semble tenir en laisse les gouvernants occidentaux et broie les peuples vulnérables aussi bien au Nord qu’au Sud pour la seule religion du profit, le money-théisme, dénuée de toute morale. 

 Les messes hypocrites de Davos, les miettes de l’APD ne peuvent cacher la réalité; il y a de plus en plus un fossé abyssal entre les riches et les damnés de la Terre. De plus, la fracture sociale, notamment au Nord n’est pas seulement entre le Nord et le Sud, elle est aussi entre les citoyens d’un même pays où les compressions, les besoins de «flexibilité» de rentabilité jettent sur le bord de la route, les plus vulnérables que sont les personnes sans qualification, les personnes âgées et, on l’aura compris, les variables d’ajustement que sont les allogènes.

En 2009, 1,02 milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde; pour éradiquer ce fléau, il suffirait de seulement 30 milliards de dollars par an. En comparaison, le budget militaire de base du Pentagone est de 533,7 milliards de dollars pour l’exercice 2010. En 2010, les sociétés françaises composant l’indice CAC 40, ont réalisé globalement un chiffre d’affaires de 1262 milliards d’euros, en augmentation de 6,92% par rapport à l’année précédente. Les bénéfices cumulés des quarante sociétés de l’indice atteignent 82,5 milliards d’euros, soit 85% de plus que l’année passée. La rémunération des présidents des entreprises du CAC 40 est repartie à la hausse en 2009 avec quelque 928.000 euros en moyenne contre un peu plus de 864.000 euros en 2008, indique le cabinet Proxinvest. Par ailleurs, les institutions financières américaines vont distribuer pour cette année 2010 le chiffre record de 144 milliards de dollars en seul bonus, primes et stock-options à leurs dirigeants c’est-à-dire aux responsables de la crise économique mondiale.

Pour le capitalisme prédateur, tout est bon pour arriver à ses fins, dresser les uns contre les autres, réveiller les démons de la division identitaire voire religieuse, tout ceci est du pain bénit. La guerre de tous contre tous est la stratégie du capital. Même Dominique Strauss-Kahn gardien de l’orthodoxie ultra-néo-libérale s’inquiète. Il a mis en garde contre les deux maux essentiels qui entachent l’économie mondiale: le chômage et la cherté de la vie qui risquent, selon lui, de provoquer des troubles sociaux. « Sinon, ce sera la guerre» a-t-il clamé. Il a également considéré que la cherté des produits alimentaires pourrait aussi avoir des conséquences destructrices chez les populations les plus pauvres. «Le genre de déséquilibres mondiaux qui précèdent les crises, se manifeste de nouveau».

Dominique Strauss Kahn oublie aussi d’ajouter que « 20% de la population mondiale consomme 86% des ressources naturelles, dont la moitié a déjà disparu en un siècle, (il faudra beaucoup moins de temps pour épuiser le reste). Non content de piller le bien commun, le modèle économique néolibéral fondé sur le développement exponentiel, détruit inexorablement la nature, pervertit les relations humaines, compromet gravement l’avenir des générations futures.

Phil Flynn, un spécialiste des marchés agricoles à Chicago, affirme sans ambages, qu’en vérité, « lorsque la FED décide de faire de l’assouplissement quantitatif, elle exporte de l’inflation vers les marchés émergents (...) Il n’y a pas de doute qu’un des effets secondaires d’un dollar faible et de l’assouplissement quantitatif est la hausse des produits de base. Cela a contribué à créer une poussée haussière pour les denrées...». Ed Yardeni, un autre professionnel des marchés, proposait ironiquement dans sa lettre confidentielle qu’il fallait ajouter le nom du Directeur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, à la liste des révolutionnaires, puisque sa politique a provoqué des troubles et des révolutions dans le monde. « Depuis qu’il s’est prononcé pour un changement révolutionnaire de politique monétaire le 27 août 2010, lors de son allocution à Jackson Hole, le prix du maïs, du soja et du blé a augmenté respectivement de 53%, de 37% et de 24,4% à la clôture des marchés vendredi dernier.» « L’explosion des prix de l’énergie et de la nourriture se rajoute à un chômage important dans les pays actuellement frappés par des émeutes.»(1)

El Moussaoui, analyste financier, désigne lui aussi du doigt Ben Bernanke le rendant responsable des révoltes du Monde arabe quand il écrit:

« Le renchérissement des prix des matières premières est en train de se diffuser au reste de la chaîne en affectant les prix au niveau des importations, de la production des denrées alimentaires, du commerce de gros, du commerce de détail, jusqu’à faire grimper les prix des produits alimentaires à la consommation. Selon l’index des prix de la FAO, publié le 3 février à Rome, les prix ont augmenté pour le septième mois consécutif, pour atteindre 231 points sur l’index établi par la FAO, soit «le plus haut niveau depuis que la FAO a commencé à mesurer les prix alimentaires, en 1990», indique l’organisation onusienne. Outre l’influence des perturbations de la météo (sécheresse en Russie et en Ukraine, inondations en Australie), de la tendance haussière de la demande en provenance des pays émergents, et la concurrence des biocarburants, il était prévisible qu’imprimer de la monnaie allait affaiblir la valeur du dollar et déboucher sur l’inflation. En effet, plus il y a de monnaie en circulation, plus sa valeur diminue et plus les prix des biens libellés en cette monnaie augmenteront. Cette inflation est une grande menace surtout pour les pays à faibles revenus car ils abritent beaucoup de foyers pauvres qui dépensent plus de la moitié de leurs revenus dans la nourriture, pratiquement la majorité des pays arabes. Face à la polémique, Bernanke nie toute responsabilité de la politique de la FED dans l’inflation des produits alimentaires en désignant comme bouc émissaire, la croissance de la demande en provenance des pays émergents, notamment la Chine. (...) Il est donc permis de penser que la politique monétaire irresponsable de Bernanke est en train de contribuer au remodelage de la scène politique dans le Monde arabe en provoquant un vent inflationniste soufflant sur les braises des tensions sociales dans ces pays. Peut-être un mal pour un bien...»(2)

Selon l’index des prix de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, publié jeudi à Rome, les prix ont augmenté de 3,4% par rapport à décembre, pour atteindre 231 points sur l’index établi par la FAO, «le plus haut niveau depuis que la FAO a commencé à mesurer les prix alimentaires, en 1990», indique l’organisation onusienne.

Quels sont les autres responsables en dehors de la faiblesse voulue du dollar?

Pour Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac France :

« La part des spéculateurs sur les marchés alimentaires explique en partie la hausse continue des prix depuis l’été 2010. Les produits alimentaires sont devenus des actifs financiers comme les autres. On se souvient en 2008 des images des «émeutes de la faim». Depuis, plus rien ou presque sur nos écrans, même si le nombre de sous-nutris a bondi et dépassé le milliard. (...) Difficile également de ne pas souligner le rôle des agrocarburants, qui ont détourné plus du tiers de la production de maïs des Etats-Unis, l’année dernière. (...) Mais encore plus que la flambée des prix alimentaires, c’est leur volatilité qui pose problème. Ces marchés ne répondent pas aux hypothèses strictes de l’économie néo-classique standard. Demande rigide, variation aléatoire et difficulté d’ajustement de l’offre, anticipations fausses des producteurs... pour de multiples raisons, les prix varient de façon extrême et chaotique. C’est pourquoi, historiquement, quasiment tous les grands pays ont fortement régulé leurs prix intérieurs pour les stabiliser. »(3)

Mais c’était sans compter sur l’orthodoxie néolibérale, qui a poussé depuis plusieurs dizaines d’années, sous l’égide de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et du Gatt (relayé par l’OMC), à démanteler les outils de régulation des prix alimentaires, dans les pays du Nord comme du Sud. Désormais, leurs prix s’alignent sur les cours mondiaux. En particulier, les pays pauvres, soumis aux plans d’ajustement structurel pour rembourser leur dette, se sont lancés dans la dérégulation de leurs marchés. Confrontés au dumping des pays riches et à la concurrence des agricultures étrangères, engagés dans une spécialisation de leur agriculture pour exporter, ils ont vu leur agriculture vivrière décliner. Une très grande majorité est devenue importatrice nette de produits alimentaires, donc dépendante des cours mondiaux. Quand ceux-ci flambent, c’est un drame pour les populations pauvres urbaines, dont une grande partie du revenu va à l’alimentation. Et quand ils chutent, c’est un drame pour les paysans. De ce fait, la part des spéculateurs par rapport aux acteurs commerciaux a explosé. (...) D’autres causes de la flambée soudaine des prix ont été évoquées, le FMI soulignant par exemple la croissance de la demande alimentaire dans les pays émergents, mais qui sont vite démontées dès lors qu’on les confronte aux indicateurs mondiaux.»(3)

Qu’en est-il des matières premières minérales?

Là encore la lutte est sourde pour la possession de ces produits, 2010 aura été l’année de toutes les hausses. Faiblesse du dollar, croissance chinoise, spéculation, raréfaction de l’offre, sont autant de facteurs qui tirent vers le haut le prix des matières premières. S’agissant des métaux, on apprend là aussi que les prix ont évolué dans de grandes proportions. La tonne de nickel a coûté jusqu’à 27.500 dollars avant de retomber à 24.000 dollars. Néanmoins, sur un an, la hausse atteint près de 40%. Les tensions, sur l’approvisionnement, ont alimenté cette hausse. La crise actuelle n’aura pas dérogé à la règle: l’once d’or fin a encore augmenté de 25% [elle a atteint 1420$ début mars]. Il est au plus haut depuis 30 ans. Les incertitudes sur la reprise continueront, en 2011, d’alimenter la hausse S’agissant du pétrole, le baril a atteint 118$. Suite aux révoltes arabes et, notamment la situation en Libye. Mais la hausse n’est probablement pas terminée. La barre des 150$ pourrait être dépassée en 2011. S’agissant du cuivre, la demande chinoise a augmenté. Au final, 40% de hausse en un an et un record: 9700 dollars la tonne. La reprise ne devrait pas apaiser les tensions sur ce marché: +8% en 2011 selon le consensus.

Pour la Commission européenne :

« les matières premières sont des composantes essentielles des produits de haute technologie et des produits de consommation courante, tels que les téléphones mobiles, les cellules photovoltaïques en couches minces, les batteries ion lithium, les câbles à fibres optiques ou encore les carburants de synthèse. Or, leur disponibilité est de plus en plus restreinte. (4)

Parmi les 41 minéraux et métaux examinés lors de ce tout premier état des lieux de l’accès aux matières premières dans l’UE, d’après le groupe d’experts, 14 matières premières minérales sont d’une importance critique pour l’Union européenne: l’antimoine, le béryllium, le cobalt, le spath fluor, le gallium, le germanium, le graphite, l’indium, le magnésium, le niobium, les métaux du groupe du platine, les terres rares, le tantale et le tungstène. Les prévisions indiquent que, pour certaines matières premières critiques, le niveau de la demande en 2030 pourrait être plus de trois fois supérieur à celui de 2006. En ce qui concerne l’approvisionnement en matières premières critiques, les risques élevés sont surtout dus au fait qu’une grande partie de la production mondiale provient essentiellement d’un cercle restreint de pays, à savoir la Chine, la Russie, la République démocratique du Congo et le Brésil».(4)

En juin 2010 le projet chinois d’interdire les exportations de matières premières essentielles appelées «terres rares» dont elle détient 95% dès 2015 est pour les pays occidentaux une source d’inquiétude chez les fabricants de produits de haute technologie allant des ordinateurs aux batteries de voitures électriques et aux turbines éoliennes, ont prévenu certains experts. Le 3 mars 2011, selon certaines sources, des conclusions confidentielles de l’Organisation mondiale du commerce concernant les limites d’exportation de la Chine sur les matières premières, ont ouvert la voie à des contestations formulées par l’UE sur la diminution des exportations de terres rares chinoises.

Ces pays émergents

Alors que l’Europe tente de s’assurer un accès sans distorsion aux matières premières pour ses industries, les conflits commerciaux sur les restrictions à l’exportation constituent des sources de tension croissante au sein du commerce international. En effet, les pays en développement défendent leur droit à réduire l’accès du reste du monde à leurs ressources afin de soutenir le développement de leurs économies nationales. En novembre 2008, la Commission européenne a présenté une nouvelle stratégie intégrée sur les matières premières, proposant trois piliers pour formuler une réponse politique de l’UE aux différents défis liés à l’accès aux ressources mondiales:

« L’Histoire mondiale fut influencée par des guerres pour les ressources et la colonisation européenne de l’Afrique s’est opérée en grande partie pour acquérir un contrôle sur les matières premières», a expliqué Mogens Peter Carl, l’ancien directeur général de la DG Commerce à la Commission européenne. Du fait de sa dépendance aux importations, la stratégie de l’UE sur les matières premières, place un accent particulier sur la lutte contre les restrictions à l’exportation, ce qui comprend les taxes, les interdictions d’exporter et la régulation. Le monde assiste déjà à une guerre des ressources aujourd’hui, a expliqué M.Carl, faisant référence à une série de conflits commerciaux causés par les restrictions chinoises quant à l’exportation des terres rares. «La Chine restreint ses exportations mais permet aux entreprises locales de les utiliser et de les transformer en produits finis, c’est ce qui est source de conflit.»

L’impérialisme occidental après avoir laminé les plus faibles s’attaque aux autres puissances qui lui disputent le leadership, et là il a fort à faire, inexorablement, le barycentre de la puissance va basculer vers l’Est. Il est à espérer que les nouveaux maîtres du monde n’emprunteront pas le même chemin que celui de la mondialisation laminoir. On l’aura compris , seule la réhabilitation de la dignité humaine qui doit être ce faisant au cœur de tout projet de société quelque soit la latitude. On peut l’espérer avec les pays émergents, notamment l’Inde et la Chine pétries d’une sagesse de plus de trois millénaires.

Pr Chems Eddine Chitour : Ecole Politechnique enp-edu.dz - Mondialisation.ca

1. http://www.comiterepubliquecanada.ca/EgypteCestlhyperinflationalimentaire.htm

2. El Moussaoui: Bernanke est-il en train de réussir là où Bush a échoué? Agoravox 4.03.2011

3. Aurélie Trouvé.
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/140111/flamblee-des-prix-alimentaires-memes-causes-mem14 Janvier 2011

4.Rapport de la Commission européenne IP/10/752 Bruxelles, le 17 juin 2010 http://ec.europa.eu/enterprise/policies/raw-materials/critical/index_fr.htm

5.Matières premières: Vers une guerre des ressources mondiales? Euractiv 03 mars 2011


09/03/2011 -  Quand le monde se fissure, la guerre est proche.

C'est un sentiment malcommode à décrire. Il s'éprouve plus qu'il ne s'explique. Comment dire ? A la surface du monde, des fissures s'installent, des lignes de fracture s'esquissent. 

Bientôt, peut-être, vont-elles s'approfondir. La guerre civile en Côte d'Ivoire signerait l'entrée en crise, à terme, d'une bonne part de l'Afrique. La guerre civile en Libye ouvrirait la voie à d'autres conflits. Les deux Corées finiraient par aller à l'affrontement, et l'arrogance chinoise pourrait l'envenimer.


On pourrait allonger la liste, parcourir l'Amérique latine et même les franges de la vieille Europe, se souvenir que Tibet, Cachemire et Pakistan sont aussi, pour des raisons distinctes, des zones sensibles de la tectonique planétaire. Partout, sur des failles anciennes, une activité nouvelle est repérée - même par les plus rudimentaires sismographes politiques.

Rien, pourtant, ne laisse penser qu'une nouvelle grande guerre soit probable. Les facteurs de stabilité l'emportent : l'interdépendance mondiale paraît interdire toute catastrophe de grande envergure. On devrait donc s'attendre à une sorte de paix craquelée, traversée de tensions et d'éclats, parsemée de conflits locaux, qui évoluent selon des temporalités diverses. Or cela ne correspond à aucun de nos grands schémas mentaux. Jusqu'à présent - en simplifiant beaucoup, certes, mais ce n'est pas forcément inutile -, nous n'avons eu à notre disposition que deux grandes grilles de lecture.

L'une nous a fait penser que plus le monde était rationnel, plus la paix s'organisait durablement. Illustrée par Rousseau, elle se perfectionne chez Kant avec le célèbre « Projet de paix perpétuelle » (1795), qui forge l'idée de traités supranationaux et multilatéraux capables d'étouffer radicalement tout conflit. Comme chacun sait, la Société des nations, puis l'ONU, s'inscrivent dans cet héritage. Ceux qui rêvent encore, aujourd'hui, d'un gouvernement mondial prolongent cette lignée. A l'opposé, on trouve les penseurs que l'idée même de progrès fait rire. Comme Schopenhauer ou Nietzsche, ils sont convaincus que la guerre est sans fin, l'humanité sans avenir assuré, la raison impuissante face au chaos de l'histoire. Comme Machiavel ou Clausewitz, ils ne jurent que par les rapports de force, les hasards des combats et la logique paradoxale des affrontements.

La singularité de la situation présente est qu'elle déconcerte les deux grilles. En mêlant ordre global et violences locales, stabilité d'ensemble et fractures multiples, l'actualité souligne combien nos schémas sont à revoir. Elle exige impérieusement de nouvelles manières de penser. Mais on ne les voit pas encore venir. Souvent mal compris autant que détesté, Samuel Huntington, avec son fameux « conflit des civilisations », a tenté de penser ensemble la globalisation du monde et les affrontements multiples. Pourtant il a été en grande partie démenti par les faits : les fractures s'ouvrent aujourd'hui au sein des civilisations, bien plus qu'entre elles. Au lieu de les dresser les unes contre les autres, c'est du dedans que ces divisions travaillent les cultures. On le constate dans le monde musulman, on le devine pour bientôt au sein de la sphère chinoise.

Il se pourrait que ce qui nous attend soit un étrange patchwork, une bigarrure de guerres et de paix, un méli-mélo de stabilité et de turbulences. Une fois encore, nous n'avons pas encore d'outils suffisants pour penser ce mélange. La seule évidence, c'est qu'il vaut mieux que la paix des cimetières. On a oublié que cette dernière formule, devenue courante, vient de Kant. Il rappelle, dans l'introduction de son « Projet », qu'un aubergiste hollandais, sous son enseigne A la paix éternelle, avait fait peindre un cimetière. Mais de qui juste, ajoute Kant, l'hôtelier voulait-il se moquer ? De toute l'humanité ? Des souverains, « insatiables de guerre » ? Ou bien des philosophes qui poursuivent le rêve inaccessible d'une paix perpétuelle ? Quand le monde se fissure, ces questions prennent un nouveau sens. 

Roger-Pol Droit - Les echos


11/01/2011 - Ambrose Evans Pritchard: l’autosatisfaction pour avoir éviter une répétition des années 1930 est prématurée.

Les États-Unis dérivent d'une crise financière à une crise sociale plus profonde et plus insidieuse. L’autosatisfaction des autorités américaines pour avoir cette fois éviter une répétition des années 1930 est prématurée.

Il y a un détail révélateur dans les données des grands magasins aux Etats-Unis pour Décembre. Stephen Lewis, de chez Monument Securities souligne que les boutiques de luxe ont enregistré une hausse de 8.1pc par rapport à il y a un an, mais les magasins de discount alimentant la moitié la plus pauvre de l'Amérique a augmenté de seulement 1.2pc.


Tiffany's, Nordstrom, et Saks Fifth Avenue sont en plein essor. Les ventes de voitures Cadillac ont grimpé de 35%, alors que les ventes américaines de Porsche sont en hausse de 29%.

Cartier et Louis Vuitton ont contribué à la hausse de l'indice boursier des produits de luxe de près de 50% depuis Octobre. Pourtant, Best Buy, Target et Walmart se sont trainés.

Tel est le fruit pourri de la politique de la Réserve fédérale. La Fed ne conteste plus que l'objet même de son dernier souffle d'achats d'obligations, ou QE2, est de faire grimper Wall Street, peut-être parce qu'elle n’a manifestement pas réussi à atteindre son autre objectif de faire baisser les coûts d'emprunt.

Pourtant, sans doute, la stratégie de goutte à goutte de Ben Bernanke, risque de corroder l’éthique de solidarité de l'Amérique bien avant qu’elle ait fait beaucoup pour aider les pauvres d'Amérique.

Les données de ventes au détail peuvent être bizarres mais elles s'inscrivent dans tout ce que nous savons. Le nombre de personnes recevant des coupons alimentaires a atteint 43,2 millions, un niveau record de 14% de la population. Les destinataires reçoivent des cartes de paiement – pas de timbres - qui vaut actuellement environ 140 $ par mois en vertu de relance du président Obama.

La Conférence des maires américains a déclaré que les visites aux soupes populaires sont en hausse de 24pc cette année. Il y a 643.000 personnes qui ont besoin d'abris chaque nuit.

Les données sur l’emploi publiées vendredi ont de nouveau été choquantes. La seule raison pour laquelle le chômage global est tombé de 9.7% à 9.4% était qu’un grand nombre de gens ont abandonné le système dans son ensemble.

Le «taux d'activité" pour les hommes en âge de travailler est tombé à 73.6%, le plus bas depuis que la série de données a commencé en 1948. Je pense que ce chiffre dépasse la moyenne de la Grande Dépression (moins la plus cruelle année de 1932).

Le «Corporate Americain » se trouve dans une reprise en V", a déclaré Robert Reich, ancien secrétaire du travail. "Voilà de bonnes nouvelles pour les investisseurs dont les économies sont principalement en actions et obligations, et pour les cadres et pour les traders de Wall Street. Mais la plupart des travailleurs américains sont pris au piège dans une reprise en forme de L. "

Il n'est pas surprenant que le mouvement dissident armé de l'Amérique ait refait surface. Pour un aperçu de cette sous-culture, lisez le magazine Time «Locked and Loaded: The Secret World of Extreme Militias (le Monde Secret des Milices Extrêmes)".

Les journalistes du Time sont entrés dans la clandestinité avec 300 « Force de défense de l'Ohio », une troupe éclectique de citoyens qui passent le week-end avec des fusils d'assaut M16 et une mitrailleuse M60 recevant une formation pour défendre leurs droits constitutionnels par la guérilla.

Il se trouve que j'ai passé quelque temps avec des groupes de miliciens à travers les États-Unis à la toute fin de la récession au début des années 1990. Alors que le cri de ralliement était le contrôle des armes et les atteintes à la liberté, le mouvement a été à la racine un cri primordial par les Américains aux cols bleus laissés pour compte dans la nouvelle donne mondiale. Ce grief est sans doute pire aujourd'hui.

Les chômeurs de longue durée (plus de six mois) ont atteint 42% du total, soit deux fois le sommet du début des années 1990. Rien de tel n'a été vu depuis la Seconde guerre mondiale.

Le coefficient de Gini qui permet de mesurer l'inégalité des revenus a augmenté depuis le milieu des années 30 à 46,8 au cours du dernier quart de siècle, touchant les mêmes extrêmes atteint dans les années folles, juste avant la crise. Il a également augmenté en Grande-Bretagne et en Europe.

Raghuram Rajan, l'ancien économiste en chef du FMI, soutient que, l'accumulation de la dette subprime a été une tentative - «si soigneusement planifiée ou le chemin du moindre effort» - pour masquer la stagnation des revenus et faire taire les pauvres.

"Le projet de loi inévitable pourrait être reporté dans le futur. Aussi cynique que cela puisse paraître, le crédit facile a été utilisé à travers l'histoire comme un palliatif par les gouvernements qui sont incapables de répondre directement aux inquiétudes les plus profondes de la classe moyenne, dit-il.

Les faillites de banques dans la dépression ont été en partie causées par l'expansion du crédit aux agriculteurs en difficulté en réponse au mouvement populiste américain.

Les inégalités extrêmes sont toxiques pour les sociétés, mais il y a aussi un corps d'études suggérant qu'ils provoquent des dépressions aussi en bouleversant l'équilibre économique. Ils créent un déplacement en faveur des bulles d'actifs et le surinvestissement, tout en maintenant la consommation, jusqu'à ce que le système devienne trop lourd et bascule, comme cela s'est produit dans les années 1930.

Le passage des muscles au cerveau dans l'ère d'Internet a évidemment entraîné une hausse du nombre du Gini, mais la mondialisation aussi. Les multinationales exploitent "l’arbitrage du travail» en déplaçant les usines dans les pays à bas salaires, mettant les travailleurs de la Chine contre ceux de l'Occident. La part des profits des sociétés a atteint un record à travers l'Amérique et l'Europe.

Plus subtilement, les pouvoirs mercantiliste de l'Asie ont inondé le monde avec une capacité excédentaire, en maintenant leur monnaie pour verrouiller des excédents commerciaux. L'effet est de créer un trou noir dans le système mondial.

Il n'y a pas de solution facile à la dépression rampante en Amérique et rampant dans l'Ancien Monde. Un « New Deal» keynésien de l'emprunt sur les marchés obligataires pour construire des routes, des ponts, des fermes solaires, ou des centrales nucléaires pour absorber l'armée de chômeurs n'est pas une option crédible dans notre nouvel âge de la nervosité de la dette souveraine. La carte fiscale se joue.

Donc, nous boitons, avec un très grand nombre de personnes en Occident piégé du mauvais côté de la mondialisation, et personne ne fait grand-chose. Est-ce que Franklin Roosevelt aurait toléré un état si lamentable des choses, ou aurait-il déchiré et remodelé le système mondial jusqu'à ce qu'il répond aux besoins de ses citoyens ?

Article rédigé en français par Melvine en Action
Source : Article d’ Ambrose Evans-Pritchard – The Telegraph


09/12/2010 - Georges Soros : Chaos économique, émeutes en Europe et guerre civile aux USA...

"Dans des moments comme ceux-ci, la survie est la chose la plus importante", dit-il, en regardant à travers ses lunettes de hibou et ses mèches de cheveux gris brossés. Cela ne signifie pas seulement qu'il est temps de protéger vos actifs, mais cela signifie qu'il est temps de conjurer la catastrophe. D'après lui, le monde est confronté à une des périodes les plus dangereuses de l'histoire moderne: la période du "Mal".
L'Europe est confrontée à une descente dans le chaos et des conflits. En Amérique, il prédit des émeutes dans les rues qui conduiront "à une répression brutale qui va considérablement restreindre les libertés civiles. Le système économique mondial pourrait même s'effondrer complètement"... (lu sur le Daily Beast)

Il convient de souligner que George Soros a été, pendant longtemps, un trader utilisant une méthode d"analyse apprise à la London School of Economics pour faire des paris de plus en plus rentable sur une variété de devises.

Il avait parié des milliards de dollars que la livre sterling allait s'effondrer. En fait, cela s'est avéré une prophétie auto-réalisatrice et soudain Soros est devenu le trader le plus célèbre d'entre tous...
Une célébrité à un point tel que la reine d'Angleterre, elle-même, lui a accordé une audience privée.

Guerre civile aux USA ?

Dans le contexte actuel, il est convaincu que les États-Unis se dirigent vers une "guerre des classes". Autrement dit : une guerre civile...
"Pendant que la colère monte, les émeutes dans les rues des villes américaines seront inévitables. La réponse aux troubles pourrait être plus dommageable que la violence elle-même. "Ce sera une excuse pour une répression utilisant des tactiques musclées afin de maintenir la loi et l'ordre, qui, poussé à l'extrême, pourrait apporter un système politique répressif, une société où la liberté individuelle est beaucoup plus limitée, ce qui serait une rupture avec la tradition des États-Unis."

A propos de l'Europe, Soros a déclaré sur le Market Watch du Wall-Street Journal que les mesures prises en Décembre par la BCE ont soulagé les problèmes de liquidité des banques européennes.Mais cela ne résout pas "les difficultés de financement face auxquelles les États membres endettés souffrent."

Comme dirait Olivier Delamarche sur BFM Business : "Ce n'est pas en imprimant des billets que la solvabilité des États sera résolue..."

Italie et Espagne : Bienvenue dans le Tiers-Monde

Les primes de risque élevées sur les obligations italiennes et espagnoles menacent l'adéquation des fonds propres des banques et menacent de transformer les nations les plus faibles de la zone euro en nations "reléguées au statut de pays du Tiers- Monde devenus très endettés en devises étrangères".

Soros a également déclaré que l'Allemagne agit comme un chef de corvée en imposant une discipline budgétaire dure : "Cela va générer deux tensions qui pourraient détruire l'Union européenne: économiques et politiques."

Des émeutes couvent en Europe

Dans l'Angleterre en récession... on muscle ses troupes pour de nouvelles émeutes...

Au Portugal, on s'entraîne à l'austérité à coups de grenades lacrymogènes et de matraques...

En Italie, les chauffeurs taxis se frottent aux matraques et certains "promettent l'enfer" s'ils ne sont pas écoutés par le gouvernement... euh... pardon... les banquiers qui ont renversé Berlusconi...

La Roumanie hésite entre le mot "révolte" et "révolution" (désolé pour la vidéo qui a disparu dans le texte de cet article de Rue89).

Et en Grèce (3ème nouveau pays du Tiers-Monde), on s'habitue à la survie... sans salaires pendant que la troïka poursuit sa mise à mort

Goldup


09/12/2010 - Scénario: la troisième guerre mondiale pour 2020?

Un atterrissage en douceur pour les Etats-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux Etats-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projètent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les Etats-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.



Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

Les données économiques, éducatives et militaires disponibles indiquent, pour ce qui est de la puissance mondiale des Etats-Unis, que les tendances négatives s’accumuleront rapidement d’ici à 2020 et atteindront probablement une masse critique au plus tard en 2030. Le Siècle Américain, proclamé si triomphalement au commencement de la Deuxième Guerre Mondiale, sera réduit à néant et s’éteindra d’ici à 2025, dans sa huitième décennie, et pourrait être relégué définitivement au passé d’ici 2030.

Fait révélateur, en 2008, la Commission Nationale Américaine des Renseignements [US National Intelligence Council] a admis pour la première fois que la puissance globale des Etats-Unis suivait vraiment une trajectoire déclinante. Dans l’un de ses rapports périodiques sur le futur, Global Trends 2025 [Tendances Mondiales 2025], cette commission a cité « le transfert brutal de la richesse mondiale et de la puissance économique, actuellement en cours, de l’Ouest vers l’Est », et « sans précédent dans l’histoire moderne », comme premier facteur du déclin de la « force relative des Etats-Unis – même dans le domaine militaire ». Toutefois, comme beaucoup à Washington, les analystes de cette commission ont anticipé un atterrissage très en douceur et très long de la prééminence mondiale américaine, et ils ont nourri l’espoir que d’une façon ou d’une autre les Etats-Unis « garderaient longtemps une capacité militaire unique… afin de projeter leur puissance militaire sur le monde » pour les décennies à venir.

Pas la moindre chance ! Selon les projections actuelles, les Etats-Unis se retrouveront en deuxième position derrière la Chine (déjà deuxième économie mondiale) en terme de production économique, aux alentours de 2026, et derrière l’Inde d’ici à 2050. De même, l’innovation chinoise suit une trajectoire qui conduira la Chine au leadership mondial en science appliquée et en technologie militaire entre 2020 et 2030, juste au moment où les nombreux scientifiques et ingénieurs brillants de l’Amérique actuelle prendront leur retraite, sans pouvoir être adéquatement remplacés à cause d’une nouvelle génération mal instruite.

D’ici 2020, selon les prévisions actuelles, le Pentagone se lancera dans un va-tout militaire d’un empire mourrant. Il lancera une triple couverture spatiale létale, constituée de robotique avancée et qui représente le dernier meilleur espoir de Washington de maintenir son statut de puissance mondiale, malgré son influence économique déclinante. Toutefois, dès cette année-là, le réseau mondial de satellites de communication de la Chine, soutenu par les super-ordinateurs les plus puissants du monde, sera également entièrement opérationnel, procurant à Pékin une plate-forme indépendante pour la militarisation de l’espace et un puissant système de communication pour ses missiles – ou attaques cybernétiques – dans tous les endroits de la planète.

Enveloppée dans sa prétention démesurée impériale, comme Whitehall ou le Quai d’Orsay avant elle, la Maison Blanche semble toujours imaginer que le déclin américain sera progressif, modéré et partiel. Dans son Adresse à l’Union en janvier dernier, le Président Barack Obama a donné la garantie qu’il « n’accepte pas la deuxième place pour les Etats-Unis d’Amérique ». Quelques jours plus tard, le Vice-président Joseph Biden, a tourné en dérision l’idée même que « nous sommes destinés à réaliser la prophétie de [l’historien Paul] Kennedy, selon laquelle nous serons une grande nation qui aura échoué parce que nous avons perdu le contrôle de notre économie et que nous nous sommes trop agrandis ». De la même manière, Joseph Nye, le gourou néolibéral en politique étrangère, s’exprimant dans le numéro de novembre du journal institutionnel Foreign Affairs, a balayé toute idée d’essor économique et militaire de la Chine, rejetant « les métaphores trompeuses de déclin organique » et niant qu’une détérioration de la puissance globale des Etats-Unis était en cours.

Les Américains ordinaires, voyant leurs emplois se délocaliser à l’étranger, ont une vision plus réaliste que leurs dirigeants qui, eux, sont bien protégés. Un sondage d’opinion d’août 2010 a mis en évidence que 65% des Américains pensaient que leur pays était désormais « en état de déclin ». Déjà, l’Australie et la Turquie, des alliés militaires traditionnels des Etats-Unis, utilisent leurs armes fabriquées en Amérique pour des manœuvres aériennes et navales conjointes avec la Chine. Déjà, les partenaires économiques les plus proches des Etats-Unis s’éloignent de la position de Washington et se tournent vers la devise chinoise, dont les taux sont manipulés. Alors que le président [Obama] revenait d’Asie le mois dernier, un gros titre sinistre du New York Times résumait ainsi le moment fort de son voyage : « Sur La Scène Mondiale, La Vision Economique d’Obama Est Rejetée, La Chine, La Grande-Bretagne Et L’Allemagne Contestent Les USA, Les Pourparlers Commerciaux Avec Séoul Ont Egalement Echoué ».

D’un point de vue historique, la question n’est pas de savoir si les Etats-Unis perdront leur puissance globale incontestée, mais juste à quelle vitesse et avec quelle brutalité se produira leur déclin. A la place des désirs irréalistes de Washington, prenons la propre méthodologie du National Intelligence Council pour décrypter l’avenir, afin de suggérer quatre scénarios réalistes (accompagnés de quatre évaluations associées de leur situation actuelle) sur la manière, que ce soit avec fracas ou dans un murmure, dont la puissance globale des Etats-Unis pourrait toucher à sa fin dans les années 2020. Ces scénarios futuristes comprennent : le déclin économique, le choc pétrolier, la mésaventure militaire et la Troisième Guerre Mondiale. Même si ces scénarios sont loin d’être les seules possibilités en matière de déclin – voire même d’effondrement – américain, ils offrent une fenêtre sur un futur qui arrive au pas de charge.

Le déclin économique

La situation actuelle

Aujourd’hui, trois menaces principales existent vis-à-vis de la position dominante des Etats-Unis dans l’économie mondiale : la perte de l’influence économique grâce à une part du commerce mondial qui se rétrécit, le déclin de l’innovation technologique américaine et la fin du statut privilégié du dollar en tant que devise de réserve mondiale.

Dès 2008, les Etats-Unis sont déjà tombés au troisième rang mondial pour les exportations, avec 11% des exportations mondiales, comparés à 12% pour la Chine et 16% pour l’Union Européenne. Il n’y a aucune raison de croire que cette tendance va s’inverser.

De la même façon, le leadership américain dans l’innovation technologique est sur le déclin. En 2008, les Etats-Unis étaient encore numéro deux derrière le Japon en matière de dépôts de brevets, avec 232.000, mais la Chine se rapprochait très vite avec 195.000 brevets, grâce à une augmentation foudroyante de 400% depuis l’an 2000. Un signe annonciateur d’un déclin supplémentaire : en 2009, les Etats-Unis sont tombés au plus bas, au cours de la décennie précédente, parmi les 40 pays étudiés par la Fondation pour l’Innovation et l’Information Technologique, en termes de « changement » dans la « compétitivité mondiale en matière d’innovation ». Ajoutant du corps à ces statistiques, en octobre dernier, le Ministère de la Défense chinois a dévoilé le super-ordinateur le plus rapide du monde, le Tianhe-1 A, si puissant, selon un expert américain, qu’il « fait voler en éclat les performances de l’actuelle machine n°1 » aux Etats-Unis.

Ajoutez à cette preuve limpide que le système éducatif américain, qui constitue la source des futurs scientifiques et innovateurs, est passé derrière ses concurrents. Après avoir été à la tête du monde pendant des décennies sur la tranche d’âge des 25-34 ans possédant un diplôme universitaire, ce pays a sombré à la douzième place en 2010. Le Forum Economique Mondial, la même année, a classé les Etats-Unis à une médiocre 52ème place sur 139 pays, en ce qui concerne la qualité de ses universités de mathématiques et d’instruction scientifique. Près de la moitié de tous les diplômés en sciences aux Etats-Unis sont désormais des étrangers, dont la plupart rentreront chez eux, et ne resteront pas aux Etats-Unis comme cela se passait autrefois. Autrement dit, d’ici 2025, les Etats-Unis se retrouveront probablement face à une pénurie de scientifiques de talent.

De telles tendances négatives encouragent la critique acerbe croissante sur le rôle du dollar en tant que devise de réserve mondiale. « Les autres pays ne veulent plus adhérer à l’idée que les Etats-Unis savent mieux que les autres en matière de politique économique », a observé Kenneth S. Rogoff, ancien chef économiste au FMI. A la mi-2009, avec les banques centrales qui détenaient un montant astronomique de 4.000 milliards de dollars en bons du trésor américain, le Président russe Dimitri Medvedev a insisté sur le fait qu’il était temps de mettre fin au « système unipolaire artificiellement maintenu » et basé sur « une devise de réserve qui avait été forte dans le passé ».

Simultanément, le gouverneur de la banque centrale chinoise a laissé entendre que l’avenir pourrait reposer sur une devise de réserve mondiale « déconnectée des nations individuelles » (c’est-à-dire, le dollar américain). Prenez tout ceci comme des indications du monde à venir et comme une tentative possible, ainsi que l’a soutenu l’économiste Michael Hudson, « d’accélérer la banqueroute de l’ordre mondial militaro-financier des Etats-Unis ».

Un scénario pour 2020

Après des années de déficits croissants, nourris par des guerres incessantes dans des pays lointains, en 2020, comme l’on s’y attend depuis longtemps, le dollar américain perd finalement son statut spécial de devise de réserve mondiale. Soudain, le coût des importations monte en flèche. Incapable de payer des déficits allant crescendo en vendant des bons du Trésor à présent dévalués, Washington est finalement obligé de réduire considérablement son budget militaire boursouflé. Sous la pression de ses citoyens et de l’étranger, Washington retire les forces américaines de centaines de bases à l’étranger qui se replient sur un périmètre continental. Cependant, il est désormais bien trop tard.

Face à une superpuissance qui s’éteint et qui est incapable de payer ses factures, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et d’autres puissances, grandes ou régionales, défient et provoquent la domination des Etats-Unis sur les océans, dans l’espace et le cyberespace. Pendant ce temps, en pleine inflation, avec un chômage qui croit sans cesse et une baisse continue des salaires réels, les divisions intérieures s’étendent en violents clashs et en débats diviseurs, souvent sur des questions remarquablement hors sujet. Surfant sur une vague politique de désillusion et de désespoir, un patriote d’extrême-droite capture la présidence avec une rhétorique assourdissante, exigeant le respect de l’autorité américaine et proférant des menaces de représailles militaires ou économiques. Le monde ne prête quasiment pas attention alors que le Siècle Américain se termine en silence.

Le choc pétrolier

La situation actuelle

Une victime collatérale de la puissance économique déclinante de l’Amérique a été son verrouillage des approvisionnements en pétrole. Accélérant et dépassant l’économie américaine gourmande en pétrole, la Chine est devenue cet été le premier consommateur mondial d’énergie, une position détenue par les Etats-Unis depuis plus d’un siècle. Le spécialiste [américain] de l’énergie Michael Klare a exposé que ce changement signifie que la Chine « donnera le rythme pour façonner notre avenir mondial ».

D’ici 2025, la Russie et l’Iran contrôleront près de la moitié des réserves mondiales de gaz naturel, ce qui leur octroiera potentiellement un énorme effet de levier sur une Europe affamée d’énergie. Ajoutez les réserves pétrolières à ce mélange, ainsi que le National Intelligence Council a prévenu, et dans juste 15 ans, deux pays, la Russie et l’Iran, pourraient « émerger comme les chevilles ouvrières de l'énergie ».

Malgré leur ingéniosité remarquable, les principales puissances pétrolières vident actuellement les grands bassins de réserves pétrolières qui s’avèrent être des extractions faciles et bon marché. La véritable leçon du désastre pétrolier de « Deepwater Horizon » dans le Golfe du Mexique n’était pas les normes de sécurité laxistes de BP, mais le simple fait que tout le monde ne voyait que le « spectacle de la marée noire » : l’un des géants de l’énergie n’avait pas beaucoup d’autre choix que de chercher ce que Klare appelle du « pétrole coriace », à des kilomètres sous la surface de l’océan, pour maintenir la croissance de ses profits.

Aggravant le problème, les Chinois et les Indiens sont soudainement devenus des consommateurs d’énergie beaucoup plus gourmands. Même si les approvisionnements en pétrole devaient rester constants (ce qui ne sera pas le cas), la demande, et donc les coûts, est quasiment assurée de monter – et, qui plus est, brutalement. D’autres pays développés répondent agressivement à cette menace en se plongeant dans des programmes expérimentaux pour développer des sources énergétiques alternatives. Les Etats-Unis ont pris une voie différente, faisant bien trop peu pour développer des sources énergétiques alternatives, tandis qu’au cours des dix dernières années, ils ont doublé leur dépendance sur les importations du pétrole provenant de l’étranger. Entre 1973 et 2007, les importations de pétrole [aux Etats-Unis] sont passées de 36% de toute l’énergie consommée aux Etats-Unis à 66%.

Un scénario pour 2025

Les Etats-Unis sont restés si dépendants du pétrole étranger que quelques événements défavorables sur le marché mondial de l’énergie déclenchent en 2025 un choc pétrolier. En comparaison, le choc pétrolier de 1973 (lorsque les prix ont quadruplé en quelques mois) ressemble à un avatar. En colère face à la valeur du dollar qui s’envole, les ministres du pétrole de l’OPEP, se réunissant en Arabie Saoudite, exigent les futurs paiements énergétiques dans un « panier de devises », constitué de yen, de yuan et d’euro. Cela ne fait qu’augmenter un peu plus le coût des importations pétrolières américaines. En même temps, tandis qu’ils signent une nouvelle série de contrats de livraison à long-terme avec la Chine, les Saoudiens stabilisent leurs propres réserves de devises en passant au yuan. Pendant ce temps, la Chine déverse d’innombrables milliards pour construire un énorme pipeline à travers l’Asie et finance l’exploitation par l’Iran du plus grand champ gazier au monde, à South Pars, dans le Golfe Persique.

Inquiets que l’US Navy pourrait ne plus être en mesure de protéger les bateaux-citernes naviguant depuis le Golfe Persique pour alimenter l’Asie Orientale, une coalition entre Téhéran, Riyad et Abu-Dhabi forme une nouvelle alliance inattendue du Golfe et décrète que la nouvelle flotte chinoise de porte-avions rapides patrouillera dorénavant dans le Golfe Persique, depuis une base dans le Golfe d’Oman. Sous de fortes pressions économiques, Londres accepte d’annuler le bail des Américains sur la base de Diego Garcia, située sur son île de l’Océan Indien, tandis que Canberra, contrainte par les Chinois, informe Washington que sa Septième Flotte n’est plus la bienvenue à Fremantle, son port d’attache, évinçant de fait l’US Navy de l’Océan Indien.

En quelques traits de plume et quelques annonces laconiques, la « Doctrine Carter », selon laquelle la puissance militaire étasunienne devait éternellement protéger le Golfe Persique, est enterrée en 2025. Tous les éléments qui ont assuré pendant longtemps aux Etats-Unis des approvisionnements illimités en pétrole bon marché depuis cette région – logistique, taux de change et puissance navale – se sont évaporés. A ce stade, les Etats-Unis ne peuvent encore couvrir que 12% de leurs besoins énergétiques par leur industrie d’énergie alternative naissante, et ils restent dépendants du pétrole importé pour la moitié de leur consommation d'énergie.

Le choc pétrolier qui s’ensuit frappe le pays comme un ouragan, envoyant les prix vers de nouveaux sommets, rendant les voyages une option incroyablement coûteuse, provoquant la chute-libre des salaires réels (depuis longtemps en déclin) et rendant non-compétitif ce qui reste des exportations américaines. Avec des thermostats qui chutent, le prix des carburants qui bat tous les records et les dollars qui coulent à flot vers l’étranger en échange d’un pétrole coûteux, l’économie américaine est paralysée. Avec des alliances en bout de course qui s’effilochent depuis longtemps et des pressions fiscales croissantes, les forces militaires américaines commencent finalement un retrait graduel de leurs bases à l’étranger.

En quelques années, les Etats-Unis sont fonctionnellement en faillite et le compte à rebours à commencé vers le crépuscule du Siècle Américain.


La mésaventure militaire

La situation actuelle

Contrairement à l’intuition, tandis que leur puissance s’éteint, les empires plongent souvent dans des mésaventures militaires inconsidérées. Ce phénomène, connu des historiens spécialistes des empires sous le nom de « micro-militarisme », semble impliquer des efforts de compensation psychologique pour soulager la douleur de la retraite ou de la défaite en occupant de nouveaux territoires, pourtant de façon brève et catastrophique. Ces opérations, irrationnelles même d’un point de vue impérial, produisent souvent une hémorragie de dépenses ou de défaites humiliantes qui ne font qu’accélérer la perte de puissance.

A travers les âges, les empires assaillis souffrent d’une arrogance qui les conduit à plonger encore plus profond dans les mésaventures militaires, jusqu’à ce que la défaite devienne une débâcle. En 413 av. J.-C., Athènes, affaiblie, envoya 200 vaisseaux se faire massacrer en Sicile. En 1921, l’Espagne impériale mourante envoya 20.000 soldats se faire massacrer par les guérillas berbères au Maroc. En 1956, l’empire britannique déclinant détruisit son prestige en attaquant Suez. Et, en 2001 et en 2003, les Etats-Unis ont occupé l’Afghanistan et envahi l’Irak. Avec la prétention démesurée qui marque les empires au fil des millénaires, Washington a augmenté à 100.000 le nombre de ses soldats en Afghanistan, étendu la guerre au Pakistan et étendu son engagement jusqu’en 2014 et plus, recherchant les désastres, petits et grands, dans ce cimetière nucléarisé des empires, infesté par les guérillas.

Un scénario pour 2014

Le « micro-militarisme » est si irrationnel et imprévisible que les scénarios en apparence fantaisistes sont vite surpassés par les évènements réels. Avec l’armée américaine étirée et clairsemée de la Somalie aux Philippines et les tensions qui montent en Israël, en Iran et en Corée, les combinaisons possibles pour une crise militaire désastreuse sont multiformes.

Nous sommes au milieu de l’été 2014 au sud de l’Afghanistan et une garnison américaine réduite, dans Kandahar assailli, est soudainement et de façon inattendue prise d’assaut par les guérillas Taliban, tandis que les avions américains sont cloués au sol par une tempête de sable aveuglante. De lourdes pertes sont encaissées et, en représailles, un commandant militaire américain embarrassé lâche ses bombardiers B-1 et ses avions de combat F-16 pour démolir tout un quartier de la ville que l’on pense être sous contrôle Taliban, tandis que des hélicoptères de combat AC-130 U « Spooky » ratissent les décombres avec des tirs dévastateurs.

Très vite, les Mollahs prêchent le djihad dans toutes les mosquées de la région, et les unités de l’armée afghane, entraînées depuis longtemps par les forces américaines pour renverser le cours de la guerre, commencent à déserter massivement. Les combattants Talibans lancent alors dans tout le pays une série de frappes remarquablement sophistiquées sur les garnisons américaines, faisant monter en flèche les pertes américaines. Dans des scènes qui rappellent Saigon en 1975, les hélicoptères américains portent secours aux soldats et aux civils américains depuis les toits de Kaboul et de Kandahar.

Pendant ce temps, en colère contre l’impasse interminable qui dure depuis des dizaines d’années à propos de la Palestine, les dirigeants de l’OPEP imposent un nouvel embargo pétrolier contre les Etats-Unis pour protester contre leur soutien à Israël, ainsi que contre le massacre d’un nombre considérable de civils musulmans dans leur guerre en cours dans tout le Grand Moyen-Orient. Avec le prix des carburants qui monte en flèche et ses raffineries qui s’assèchent, Washington prend ses dispositions en envoyant les forces des Opérations Spéciales saisir les ports pétroliers du Golfe Persique. En retour, cela déclenche un emballement des attaques-suicides et le sabotage des pipelines et des puits de pétrole. Tandis que des nuages noirs s’élèvent en tourbillons vers le ciel et que les diplomates se soulèvent à l’ONU pour dénoncer catégoriquement les actions américaines, les commentateurs dans le monde entier remontent dans l’histoire pour appeler cela le « Suez de l’Amérique », une référence éloquente à la débâcle de 1956 qui a marqué la fin de l’Empire Britannique.

La Troisième Guerre Mondiale

La situation actuelle

Au cours de l’été 2010, les tensions militaires entre les Etats-Unis et la Chine ont commencé à croître dans le Pacifique occidental, considéré autrefois comme un « lac » américain. Même un an plus tôt, personne n’aurait prédit un tel développement. De la même manière que Washington a exploité son alliance avec Londres pour s’approprier une grande part de la puissance mondiale de la Grande-Bretagne après la Deuxième Guerre Mondiale, la Chine utilise à présent les profits générés par ses exportations avec les Etats-Unis pour financer ce qui risque probablement de devenir un défi militaire à la domination américaine sur les voies navigables de l’Asie et du Pacifique.

Avec ses ressources croissantes, Pékin revendique un vaste arc maritime, de la Corée à l’Indonésie, dominé pendant longtemps par l’US Navy. En août, après que Washington eut exprimé un « intérêt national » dans la Mer de Chine méridionale et conduit des exercices navals pour renforcer cette revendication, le Global Times, organe officiel de Pékin, a répondu avec colère, en disant : « Le match de lutte entre les Etats-Unis et la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale a fait monter les enchères pour décider quel sera le futur dirigeant de la planète. »

Au milieu des tensions croissantes, le Pentagone a rapporté que Pékin détient à présent « la capacité d’attaquer… les porte-avions [américains] dans l’Océan Pacifique occidental » et de diriger « des forces nucléaires vers l’ensemble… des Etats-Unis continentaux. » En développant « des capacités offensives nucléaires, spatiales et de guerre cybernétique », la Chine semble déterminée à rivaliser pour la domination de ce que le pentagone appelle « le spectre d’information dans toutes les dimensions de l’espace de combat moderne ». Avec le développement en cours de la puissante fusée d’appoint Long March V, de même que le lancement de deux satellites en janvier 2010 et d’un autre en juillet dernier, pour un total de cinq [déjà mis sur orbite], Pékin a lancé le signal que le pays faisait des progrès rapides en direction d’un réseau « indépendant » de 35 satellites pour le positionnement, les communications et les capacités de reconnaissance mondiales, qui verra le jour d’ici 2020.

Pour contrôler la Chine et étendre mondialement sa position militaire, Washington a l’intention de construire un nouveau réseau numérique de robotique aérienne et spatiale, de capacités avancées de guerre cybernétique et de surveillance électronique. Les planificateurs militaires espèrent que ce système enveloppera la Terre dans un quadrillage cybernétique capable de rendre aveugles des armées entières sur le champ de bataille ou d’isoler un simple terroriste dans un champ ou une favela. D’ici 2020, si tout fonctionne selon son plan, le Pentagone lancera un bouclier à trois niveaux de drones spatiaux – pouvant atteindre l’exosphère depuis la stratosphère, armés de missiles agiles, reliés par un système modulaire de satellites élastique et opérant au moyen d’une surveillance totale par télescope.

En avril dernier, le Pentagone est entré dans l’histoire. Il a étendu les opérations de drones à l’exosphère en lançant discrètement la navette spatiale non habitée X-37 B, la plaçant en orbite basse au-dessus de la planète. Le X-37 B est le premier d’une nouvelle génération de véhicules non-habités qui marqueront la militarisation complète de l’espace, créant une arène pour les futures guerres, contrairement à tout ce qui a été fait auparavant.

Un scénario pour 2025

La technologie de la guerre spatiale et cybernétique est tellement nouvelle et non-testée que même les scénarios les plus bizarres pourraient bientôt être dépassés par une réalité encore difficile à concevoir. Toutefois, si nous employons simplement le type de scénarios que l’US Air Force a elle-même utilisés dans son 2009 Future Capabilities Game, nous pouvons obtenir « une meilleure compréhension sur la manière dont l’air, l’espace et le cyberespace coïncident dans l’art de la guerre » ; et, commencez alors à imaginer comment la prochaine guerre mondiale pourrait réellement être livrée !

Il est 23h59 en ce jeudi de Thanksgiving 2025. Tandis que les foules se pressent dans les cyberboutiques et qu’elles martèlent les portails de Best Buy pour des gros discounts sur les derniers appareils électroniques domestiques provenant de Chine, les techniciens de l’US Air Force, au Télescope Spatial de Surveillance de Maui [Hawaï], toussent sur leur café tandis que leurs écrans panoramiques deviennent soudainement noirs. A des milliers de kilomètres, au centre de commandement cybernétique au Texas, les combattants cybernétiques détectent rapidement des codes binaires malicieux qui, bien que lancés de façon anonyme, montrent l’empreinte numérique distincte de l’Armée de Libération Populaire de Chine.

Cette première attaque ouverte n’avait été prévue par personne. Le « programme malicieux » prend le contrôle de la robotique à bord d’un drone américain à propulsion solaire, le « Vulture », alors qu’il vole à 70.000 pieds au-dessus du Détroit de Tsushima, entre la Corée et le Japon. Il tire soudain tous les modules de fusées qui se trouvent en dessous de son envergure gigantesque de 135 mètres, envoyant des douzaines de missiles létaux plonger de façon inoffensive dans la Mer Jaune, désarmant ainsi efficacement cette arme terrible.

Déterminé à répondre coup pour coup, la Maison Blanche autorise une frappe de rétorsion. Confiant que son système de satellites F-6, « fractionné et en vol libre » est impénétrable, les commandants de l’Air Force en Californie transmettent les codes robotiques à la flottille de drones spatiaux X-37 B qui orbitent à 450 kilomètres au-dessus de la Terre, leur ordonnant de lancer leurs missiles « triple terminator » sur les 35 satellites chinois. Aucune réponse. Proche de la panique, l’US Air Force lance son véhicule de croisière hypersonique Falcon dans un arc de 160 kilomètres au-dessus de l’Océan Pacifique et ensuite, juste 20 minutes plus tard, envoie les codes informatiques pour tirer les missiles contre sept satellites chinois en orbite basse. Les codes de lancement sont soudainement inopérants.

Au fur et à mesure que le virus chinois se répand irrésistiblement à travers l’architecture des satellites F-6 et que ces super-ordinateurs américains de deuxième classe ne parviennent pas à cracker le code diablement complexe du programme malicieux, les signaux GPS, cruciaux pour la navigation des navires et des avions américains dans le monde entier, sont compromis. Les flottes de porte-avions commencent à tourner en rond au milieu du Pacifique. Des escadrons d’avions de combat sont cloués au sol. Les drones moissonneurs volent sans but vers l’horizon, se crashant lorsque leur carburant est épuisé. Soudain, les Etats-Unis perdent ce que l’US Air Force a longtemps appelé « le terrain élevé de combat ultime » : l’espace. En quelques heures, la puissance mondiale qui a dominé la planète pendant près d’un siècle a été vaincue dans la Troisième Guerre Mondiale sans causer la moindre victime humaine.

Un nouvel ordre mondial ?

Même si les événements futurs s’avèrent plus ternes que ce que suggèrent ces quatre scénarios, toutes les tendances importantes pointent vers un déclin beaucoup plus saisissant de la puissance américaine d’ici 2025 que tout ce que Washington semble maintenant envisager.

Alors que les alliés [des Etats-Unis] dans le monde entier commencent à réaligner leurs politiques pour rencontrer les puissances asiatiques montantes, le coût de maintien des 800 bases militaires ou plus à l’étranger deviendra tout simplement insoutenable, forçant finalement Washington à se retirer graduellement à contre-cœur. Avec la Chine et les Etats-Unis qui se trouvent dans une course à la militarisation de l’espace et du cyberespace, les tensions entre les deux puissances vont sûrement monter, rendant un conflit militaire d’ici 2025 au moins plausible, voire quasiment garanti.

Pour compliquer un peu plus les choses, les tendances économiques, militaires et technologiques exposées brièvement ci-dessus n’agiront pas de manière clairement isolée. Comme cela s’est produit pour les empires européens après la Deuxième Guerre Mondiale, de telles forces négatives se révèleront sans aucun doute synergiques. Elles se combineront de façon complètement inattendue, créeront des crises pour lesquelles les Américains ne sont absolument pas préparés et menaceront d’envoyer l’économie dans une spirale descendante soudaine, reléguant ce pays dans la misère économique, pendant une génération ou plus.

Tandis que la puissance américaine s’estompe, le passé offre un éventail de possibilités pour un futur ordre mondial. A un bout de ce spectre, la montée d’une nouvelle superpuissance mondiale, même si elle est improbable, ne peut pas être écartée. Toutefois, la Chine et la Russie manifestent toutes deux des cultures autoréférentielles, des écritures abstruses non-romaines, des stratégies de défense régionales et des systèmes légaux sous-développés, leur contestant les instruments clés pour la domination mondiale. Alors, dans ce cas, aucune superpuissance de semble pouvoir succéder aux Etats-Unis.

Dans une version noire contre-utopique de notre futur mondial, il est concevable qu’une coalition d’entreprises transnationales, de forces multilatérales comme l’OTAN et d’une élite financière internationale puisse élaborer un réseau supranational instable qui ne donnerait plus aucun sens à l’idée même d’empires nationaux. Tandis que des entreprises dénationalisées et des élites multinationales dirigeraient de façon usurpée un tel monde depuis des enclaves urbaines sécurisées, les multitudes seraient reléguées dans des terres, rurales ou urbaines, laissées à l’abandon.

Dans Planet of Slums [planète bidonvilles], Mike Davis offre au moins une vision partielle du bas vers le haut d’un tel monde. Son argument est que le milliard de personnes (deux milliards d’ici 2030) déjà entassées dans des bidonvilles fétides de type favelas autour du monde, feront « les villes sauvages et en faillite du Tiers Monde […] l’espace de combat caractéristique du 21ème siècle ». Alors que l’obscurité s’installe sur quelques super-favelas futures, « l’empire peut déployer des technologies orwelliennes de répression », tandis que « les hélicoptères de combats de type hornet chassent des ennemis énigmatiques dans les rues étroites des bas-quartiers… Tous les matins, les bidonvilles répliquent par des attentats-suicides et des explosions éloquentes ».

Au milieu de ce spectre de futurs possibles, un nouvel oligopole pourrait émerger entre 2020 et 2040, avec les puissances montantes chinoise, russe, indienne et brésilienne collaborant avec des puissances en déclin comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis, en vue d’imposer une domination globale ad hoc, semblable à l’alliance approximative des empires européens qui ont dirigé la moitié de l’humanité aux alentours de 1900.

Une autre possibilité : la montée d’hégémons régionaux dans un retour à quelque chose rappelant le système international en œuvre avant que les empires modernes ne se forment. Dans cet ordre mondial néo-westphalien, avec ses perspectives sans fin de micro-violence et d’exploitation incontrôlée, chaque hégémon dominerait sa région immédiate – le Brésil en Amérique du Sud, Washington en Amérique du Nord, Pretoria en Afrique méridionale, etc. L’espace, le cyberespace et les profondeurs maritimes, retirés du contrôle de l’ancien « gendarme » planétaire, les Etats-Unis, pourraient même devenir des nouvelles parties communes mondiales, contrôlées au moyen d’un Conseil de Sécurité onusien élargi ou d’une autre institution ad hoc.

Tous ces scénarios extrapolent des tendances futuristes existantes, sur la supposition que les Américains, aveuglés par l’arrogance de décennies de puissance sans précédent historique, ne peuvent pas prendre ou ne prendront pas les mesures pour gérer l’érosion incontrôlée de leur position mondiale.

Si le déclin de l’Amérique suit en fait une trajectoire de 22 années entre 2003 et 2025, alors les Américains ont déjà gaspillé la plus grande partie de la première décade de ce déclin avec des guerres qui les ont détournés des problèmes à long-terme et, de la même manière que l’eau est bue rapidement par les sables du désert, des trillions de dollars terriblement nécessaires gaspillés.

S’il reste seulement 15 ans, les risques de les gaspiller tous reste toujours élevé. Le Congrès et le président [des Etats-Unis] sont à présent dans une impasse ; le système américain est submergé par l’argent des grandes entreprises qui bloquent les usines ; et peu de choses laissent penser que toute question d’importance, y compris les guerres américaines, l’Etat national sécuritaire bouffi de l’Amérique, son système éducatif démuni et ses approvisionnements énergétiques archaïques, sera traitée avec assez de sérieux pour assurer la sorte d’atterrissage en douceur qui pourrait maximiser le rôle et la prospérité des Etats-Unis dans un monde en changement.

Les empires d’Europe sont révolus et le pouvoir suprême des Etats-Unis se poursuit. Il semble de plus en plus improbable que les Etats-Unis obtiendront quelque chose qui ressemble de près ou de loin à la réussite de la Grande-Bretagne, pour façonner un ordre mondial réussi qui protège leurs intérêts, préserve leur prospérité et porte la marque de leurs meilleures valeurs.

Alfred W McCoy est professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

 Traduction QuestionsCritiques - Asia Times Online, 8 décembre 2010



27/11/2010 - Hasard? Les ventes d'armes augmentent dans une période de dépression économique mondiale

Récemment, les Etats-Unis ont annoncé une vente d'armes modernes d'une valeur de 60 milliards de dollars à l'Arabie Saoudite, une des plus grandes ventes d'armes réalisées par les Etats-Unis à ce jour. Que ce soit lors de la crise financière ou actuellement, en période de reprise économique solide, les ventes d'armes ont prospéré au fil des années. 

Selon un rapport récemment publié par l'institut de Stockholm International Peace Research, ces dernières années, le nombre de ventes d'armes à l'échelle mondiale n'a cessé d'augmenter et les Etats-Unis et la Russie sont les deux grands gagnants.

Les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France, ces quatre plus grands pays exportateurs d'armes du monde ont engrangé d'énormes bénéfices économiques avec les ventes d'armes.

Toujours selon le rapport, le chiffre d'affaires des exportations d'armes des Etats-Unis a atteint 38,1 milliards de dollars, soit le plus grand du monde entier, ce qui a créé un nouveau record. La Russie s'est classée à la 2e place avec un chiffre d'affaires de 10,4 milliards de dollars en 2009, grâces à ses armes avancées, de bonne qualité et bon marché. 


En tant que pays européen de vieille tradition militaire, la France est toujours un géant du marché des exportations d'armes. Selon le rapport publié le 6 octobre 2010 par le ministère de la défense du pays, le chiffre d'affaires des ventes d'armes de la France a augmenté de 13% en 2009 par rapport à celui de 2007 et de 2008, créant le nouveau record du siècle pour se classer à la 4e place des pays exportateurs d'armes les plus grands du monde, suivant les Etats-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne.

Le mois dernier, peu après l'annonce étonnante de la vente d'armes d'une valeur de 60 milliards de dollars à Arabie Saoudite par les Etats-Unis, la Russie a déclaré publiquement qu'elle exécutera un contrat signé avec la Syrie en 2007 dont la valeur s'élève à 300 millions de dollars. Selon le contrat, la Russie va livrer à cette dernière 72 missiles « Yakhont P-800 ».

90% des grandes commandes d'armes ont été faites par des acheteurs asiatiques

Parmi les grandes commandes d'armes à l'échelle mondiale, celles faites par les acheteurs asiatiques en ont représenté 90%. L'Inde constitue ces dernières années un des acheteurs principaux de l'Asie. Elle demande des navires de guerre, des sous-marins, des avions militaires, des chars de combat et autres armes modernes à tous les vendeurs possibles et a signé sans cesse de grandes commandes d'armes, que convoitent les commerçants d'armes internationaux. Les Etats-Unis, l'Europe et la Russie se sont tous disputés le marché indien, en transférant même certaines technologies modernes à l'Inde pour se procurer des commandes.

En entrant dans l'année 2010, en tant que plus grand pays exportateur d'armes, les Etats-Unis ont déjà vendu des armes à Taiwan, à l'Inde, au Koweït, à Israël et au Mexique, etc, alors que le président russe Medvedev effectuera en décembre une visite en Inde et lui proposera une importante offre d'armes.

Selon la presse russe, lors de la visite de Medvedev en Inde, les deux parties signeront officiellement une entente sur la recherche et le développement d'avions militaires de la 5e génération, selon laquelle la Russie livrera d'ici 10 ans 250-300 avions militaires de 5e génération et 45 avions de transport militaire.

Par ailleurs, le Moyen-Orient constitue un autre grand marché d'armes où les Etats-Unis et la Russie sont en concurrence. Ce n'est pas simplement pour l'argent mais aussi pour des intérêts stratégiques et l'influence.

Peopledaily



De la crise financière à la 3ème guerre mondiale


On raconte qu’un battement d’aile de papillon aurait des effets sur l’ensemble de la planète. Si c’est vrai, chacun d’entre nous devrait percevoir les effets de la confrontation titanesque à laquelle se livrent le nouvel impérialisme chinois et l’empire américain déclinant. 

La crise économique

L’empire américain s’affaiblit. Ce constat que les maîtres de l’empire rejettent, le peuple américain l’appréhende. Un sondage d’opinion d’août 2010 a mis en évidence que 65% des Américains pensaient que leur pays était désormais « en état de déclin » (3).

Il est malheureusement exclu que l’empire s’effondre de lui-même, tout doucement, sous le poids de ses dettes et de ses contradictions internes. L’empire ottoman a été démembré après sa défaite au cours de la Grande guerre. Le IIIe Reich allemand a été écrasé après avoir mis l’Europe à feu et à sang. L’Empire britannique a connu son dernier sursaut suite à sa mise en échec en Inde et devant le Canal de Suez. L’empire français a saccagé l’Indochine et l’Algérie avant de déclarer forfait. L’empire américain s’accroche, s’arme et résiste à sa mise au rancart. C’est de la bête blessée dont il faut se méfier le plus (*).

2.1 La stratégie américaine

Les partenaires commerciaux des États-Unis se sont fait flouer par le dollar. La spéculation sur les marchés monétaires internationaux, la gestion frauduleuse de valeurs boursières fumeuses (dont on verra la mécanique dans le chapitre sur les produits dérivés), le surendettement des divers paliers de gouvernement fédéral, états et municipalités – le déficit budgétaire fédéral devrait être de 1 580 milliards en 2010 – a entraîné la dévaluation du dollar et donc la dépréciation des immenses réserves de tous les pays créditeurs des États-Unis, notamment la Chine.

En décembre 2010, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé un deuxième cycle d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») – l’impression de mille milliards de dollars américains – une démarche agressive et unilatérale, largement perçue par les rivaux économiques des États-Unis comme un acte d’hostilité. Cette dévaluation de fait du dollar a pénalisé tous les détenteurs de devises américaines (notamment tous les pays producteurs de pétrole qui effectuent leurs transactions en dollars).

Les pays concurrents des États-Unis cherchent à défendre leurs industries d’exportation en intervenant pour bloquer l’augmentation de leur taux de change et contenir les investissements spéculatifs qui font monter leur monnaie en provoquant une surchauffe de leur économie (4). En effet, quand une monnaie comme le dollar se dévalue, les investisseurs convertissent leurs avoirs en monnaies fortes, plus rentables et plus sécuritaires. Ainsi, le Brésil a dû faire face à un afflux de capitaux qui a poussé le gouvernement à en taxer l’entrée pour éviter une flambée du real, sans grand succès d’ailleurs. Malgré des taux d’intérêt proches de zéro, le Japon voit sa monnaie monter en flèche, bien qu’il ait dépensé 24 milliards de dollars, au cours du mois de septembre 2010, afin de tenter de maintenir la valeur du dollar et d’arrêter la montée du yen.

Selon les statistiques officielles, les banques centrales de Corée du Sud, Malaisie, Indonésie, Thaïlande et Taiwan ont racheté près de 30 milliards de dollars en moins d’un mois (entre le 27 septembre et le 11 octobre 2010), afin de soutenir la devise américaine et éviter ainsi la dépréciation de leurs réserves en dollars et une montée de leurs propres monnaies.

En effet, la réévaluation de leur monnaie entraîne par voie de conséquence une hausse des prix des produits exportés, et tous ces pays sont essentiellement tournés vers les marchés étrangers (5). Ce n’est pas tant la concurrence des manufacturiers américains ou européens qui les inquiète que celle de la Chine qui, à son tour, manipule les taux de change de sa monnaie pour la maintenir à un bas niveau et se protéger de ses concurrents.

2.2 Paradis fiscaux et produits dérivés

Les capitalistes modernes, maîtres d’une économie qu’on pourrait penser dématérialisée, sont ainsi emprisonnés dans une spirale de crises économiques à répétition n’offrant aucune solution, d’autant plus que la moitié des flux financiers internationaux sont invisibles, non taxables, non imposables, non contrôlables. Ils transitent via des paradis fiscaux (Bermudes, Caïmans, Barbade, Seychelles, Monaco, Macao, etc.). Ce stratagème permet à ces capitalistes financiers de se soustraire aux taxes, aux impôts et aux autres redevances fiscales de leur pays respectif. On comprend maintenant pourquoi chacun d’entre nous doit payer plus de taxes et d’impôts à la place de tous ceux-là qui n’en payent pas.

Ces derniers bénéficient de surcroît d’un « congé » législatif et juridique. En effet, à partir de ces paradis, tout leur est permis, y compris de blanchir l’argent sale et de le mêler aux capitaux licites dérobés au fisc et aux appareils juridiques. Cette situation provoque des contradictions au sein du camp “capitaliste” : ceux qui se soumettent aux règles fiscales et judiciaires acceptent mal la concurrence déloyale de ceux qui s’y soustraient dans ces États de complaisance.

Il faut savoir qu’une grande part de ces flux financiers concernent des produits dérivés constitués de CDS (Credit Default Swap), des dettes (créances), souvent non solvables, que des assureurs obligataires garantissent et transforment en titres financiers selon le principe d’une pyramide de Ponzi (**). En effet, des dettes, souvent non solvables, deviennent ainsi du crédit, de l’argent fantôme! Ces produits financiers dérivés totalisaient 690 000 milliards de dollars au début de l’année 2008 et 444 000 milliards de dollars en 2009.
Cette diminution a reflété le retrait de nombreuses banques européennes et asiatiques qui entendent se dégager peu à peu de ces produits spéculatifs sulfureux ; alors que les banques américaines, dont quatre des plus grandes (JP Morgan, Bank of America, Citibank et Goldman Sachs), continuent à spéculer sur cette monnaie virtuelle, engrangeant 211 850 milliards de dollars de ces actifs de « Monopoly », soit presque 3,7 fois le PIB (Produit intérieur brut) de tous les pays de la planète (6).

Force est de constater que le rôle du dollar comme monnaie de réserve pour les échanges internationaux tire à sa fin. À telle enseigne que récemment la Chine et la Russie se sont mises d’accord pour utiliser leur monnaie respective au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Auparavant la Chine avait conclu le même accord avec le Brésil. Dès que les pays de l’OPEP cesseront d’utiliser le dollar pour le commerce du pétrole, c’en sera fini de l’hégémonie du dollar (7).

Retenons bien cette observation, car elle nous permettra de mieux comprendre la politique américaine vis-à-vis de l’Iran.

Tous ces pays tentent d’échapper au carcan du dollar. En effet ils se font escroquer deux fois par les Américains : en dévaluant son dollar d’une part, le gouvernement étatsunien déprécie les réserves de dollars de ses concurrents, devise qu’il leur a pourtant imposée lors des accords de Bretton Woods (8) ; d’autre part, il déprécie également la valeur des obligations gouvernementales qu’il leur a vendues. La Chine et le Japon détiennent de très importantes réserves de «débentures » américaines libellées en dollars. Il en est de même pour les pays exportateurs de pétrole dont l’Iran. À la mi-2009, les banques centrales des pays créditeurs des É-U détenaient un montant astronomique de 4.000 milliards de dollars en bons du Trésor américain. Le Président russe Dimitri Medvedev a alors insisté sur le fait qu’il était temps de mettre fin au système unipolaire artificiellement maintenu et basé sur « une devise de réserve qui avait été forte dans le passé » (9).

C’est cette gabegie que le président du Fonds monétaire international appelle « La guerre des monnaies ». Suite à la grande dépression des années trente, les pays impérialistes s’étaient lancés dans une telle guerre des monnaies qui a abouti à la Deuxième guerre mondiale. Nous prépare-t-on une Troisième guerre mondiale ?

2.3 La crise financière et monétaire

Comment et pourquoi cette « guerre des monnaies »? Pour comprendre, examinons la crise de l’euro. Depuis un an l’Union européenne est ébranlée par la crise de sa monnaie. La guerre de l’euro a débuté par l’attaque concertée des agences de notation américaines Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings contre notamment la Grèce, l’Irlande et le Portugal ; l’Espagne devrait suivre incessamment.

L’abaissement des cotes de crédit de ces pays par ces agences étasuniennes les a relégués dans la catégorie des investissements spéculatifs, ce qui a augmenté considérablement le coût de leurs emprunts sur les marchés obligataires. Comme ces pays sont déjà lourdement endettés, une hausse de trois ou de quatre points du coût de leurs emprunts a fait bondir leur service de la dette déjà surchargé et a réduit considérablement les sommes disponibles pour les services de santé, d’éducation et le reste, d’où les mesures d’austérité qui leur sont imposées par l’Union européenne et par le FMI.

Cette attaque des agences de notation a été appuyée, selon le professeur Paye, par l’appareil d’État américain qui a relayé les déclarations alarmistes du conseiller économique du président Obama, Paul Volcker, lequel a suggéré une future désintégration de la zone euro. Pourtant, les États-Unis sont, toute chose étant égale par ailleurs, aussi endettés que ces pays mis au pilori par les banquiers. Cette offensive contre l’euro visait à ramener aux États-Unis les capitaux étrangers qui avaient commencé à fuir l’ombrelle du dollar pour se réfugier sous le parapluie de l’euro.

Ces capitaux étrangers sont nécessaires à la couverture du déficit de la balance financière (entrée moins sortie des argents et des valeurs des États-Unis – 398 milliards de dollars en 2009), déficit qui s’ajoute au colossal déficit de la balance commerciale (achat moins vente de marchandises et de services – 990 milliards en 2009) lequel s’ajoute à une partie du déficit budgétaire des gouvernements américains (– 1 409 milliards de dollars en 2009 pour l’État fédéral seulement) (10). L’objectif américain pour l’ensemble de cette opération de déstabilisation de l’euro est de créer les conditions pour une intégration du marché commun européen (UE) au marché commun nord américain (ALENA) en un très vaste bloc transatlantique, d’ailleurs prévu, après un vote du Parlement européen, à l’horizon 2015.

Les États-Unis envisagent-ils le retrait de l’euro et son remplacement par le dollar pour l’ensemble de la zone transatlantique? La chose est possible. Il s’agirait alors de renflouer le dollar ou la « nouvelle monnaie commune » pour la maintenir en tant que devise de réserve internationale. Pour ma part je crois plutôt que la tactique américaine est d’attacher solidement l’économie nord américaine à l’économie européenne, sans toutefois se défaire de l’euro, de façon qu’une attaque contre le dollar déclenche une réaction américano-européenne sur tous les marchés. Cette option est préférable pour les banquiers américains qui ne souhaitent pas partager la gestion de leur monnaie avec Bruxelles.

L’économiste Jean-Claude Paye décrit ainsi le but de l’opération de sauvetage de l’euro : « L’enjeu fondamental, en mettant la pression sur la monnaie commune, est de faire payer la crise aux salariés et ainsi d’effectuer un gigantesque transfert de revenus des ménages vers les entreprises, principalement les institutions financières. (…) La politique budgétaire de diminution accélérée des déficits des États causée par leurs déboursés en faveur des banques et des entreprises, va se faire au détriment du pouvoir d’achat des populations européennes et ne peut se faire sans une récession économique». (11).

2.4 Le transfert

L’idée du transfert est de rejeter le coût de la crise sur le dos de la population en réduisant les dépenses des ménages et les dépenses gouvernementales affectées à la reproduction de la force de travail (école, soins de santé, médicaments, services sociaux, services municipaux, loisirs et culture) Les sommes ainsi « économisées » seront versées via le service de la dette et les subventions directes au grand capital spéculatif, aux entreprises, et surtout aux banquiers, comme l’a souligné Marc Fiorentino (12). C’est ce phénomène que l’économiste Paye appelle le transfert d’immenses sommes d’argent des ménages vers les entreprises (13). Mais cette pseudo solution ne sera pas viable à moyen terme et ses limites sont déjà perceptibles. Les mouvements sociaux qui s’annoncent, et dont la population grecque nous a donné un avant goût en décembre dernier, sont les signes précurseurs de l’irréalisme d’une telle politique.

Explicitons maintenant la mécanique de ce transfert. Le prix d’une marchandise correspond à la somme des facteurs de production auxquels s’ajoute la plus-value produite par les travailleurs et source unique de profit. Une façon de contrer la baisse des taux de profit est de réduire les coûts du facteur de production appelé main-d’œuvre, en d’autres termes de réduire le coût de reproduction de la force de travail. C’est la raison pour laquelle on observe un parfait consensus chez les capitalistes internationaux pour inciter leurs gouvernements à réduire les dépenses en éducation, en santé, en services sociaux, en culture et en loisir et à attaquer les régimes de retraite des travailleurs (qui est en fait une attaque contre les salaires) ces fonds que les travailleurs ont mis de côté pour assurer leurs vieux jours. Les coupures dans les régimes de retraite et l’augmentation du nombre d’années de travail requis pour obtenir une pension complète visent à maintenir ces ouvriers sur le marché du travail afin d’accroître la concurrence entre les travailleurs et ainsi réduire la pression à la hausse sur les salaires que crée la pénurie de main-d’œuvre.

Les mesures de gestion des flux d’immigration – émigration complètent cette stratégie afin de s’assurer que le coût de la force de travail (salaires et bénéfices marginaux) et le coût de reproduction de la force de travail (éducation, santé bien-être et loisir) soient réduits à leur minimum.

Phénomène étonnant, les taux de chômages élevés pourraient laisser penser que la main-d’œuvre est en surabondance alors qu’en réalité la main-d’œuvre qualifiée est une denrée rare et donc coûteuse. Le système capitaliste n’a jamais su planifier adéquatement le développement de la main-d’œuvre parce qu’il est impossible dans ce système anarchique de développement économique d’anticiper quels secteurs économiques seront les plus profitables pour le grand capital dans les années à venir. L’armée de réserve des travailleurs est donc sans cesse transférée d’un secteur industriel et commercial à un autre.

Comme un malheur ne survient jamais seul, ces compressions relatives des salaires et des bénéfices marginaux – en définitive des dépenses des ménages et des déboursés gouvernementaux en biens et en services – entraînent une contraction de la demande intérieure à laquelle le capital n’a pas d’autre moyen de répondre que de tenter d’accroître ses parts de marchés extérieurs. Afin d’être concurrentiels sur ces marchés extérieurs, les capitalistes doivent réduire davantage les coûts de main-d’œuvre et stabiliser le taux de change de leur monnaie. C’est ce que l’on appelle la spirale de la misère, la spirale déflationniste, qui succède très souvent à une spirale inflationniste. Comme ce processus a cours dans plusieurs pays capitalistes à la fois, ce sont des centaines d’entreprises qui se retrouvent en concurrence féroce pour s’accaparer des marchés de plus en plus éloignés et exigus (14).

2.5 La stratégie chinoise

Les États-Unis font des remontrances à la Chine et prétendent qu’elle devrait réévaluer sa monnaie afin de renchérir le prix de ses produits et permettre une relance de l’industrie américaine. Dans une lettre envoyée au vice-Premier ministre Wang Qishan (avant la visite du président chinois Hu Jintao aux États-Unis prévue en janvier 2011), 32 sénateurs américains ont déclaré qu’il était « impératif » que les deux pays « travaillent ensemble de manière constructive ». « Nous demandons à la Chine de prouver son engagement à adopter un taux de change déterminé par le marché en laissant sa monnaie s’apprécier de manière significative avant la visite du président Hu », ont écrit les sénateurs américains (15).

Il faut plutôt comprendre que cette prise de position des sénateurs est une fumisterie destinée à tromper les travailleurs américains qui souffrent de la délocalisation de leurs usines, voulue par les capitalistes américains que représentent ces 32 sénateurs ? Les entreprises occidentales sont justement celles qui ont délocalisé leurs usines des États-Unis, du Canada, d’Europe occidentale en partie vers l’Europe orientale et les pays baltes, et en partie vers la Chine et vers l’Inde (informatique, pharmaceutique, etc.) ; alors elles ne souhaitent certainement pas nuire au développement de leurs filiales étrangères et leur couper l’accès aux marchés occidentaux qu’elles desservent désormais à partir de la Chine notamment. En 2010, la Chine a connu une hausse importante de ses exportations et ce sont les sociétés à capitaux étrangers qui furent la principale source de l’excédent commercial, ont indiqué les douanes chinoises, précisant que sur les 11 premiers mois de l’année, elles ont compté pour 112,5 milliards de dollars sur un excédent total de 170,4 milliards de USD (16).

L’effet pervers qu’aurait la réévaluation du yuan chinois serait d’augmenter le prix des millions de produits, babioles et vêtements importés de Chine. Ce sont donc les consommateurs américains, européens, canadiens et australiens qui en définitive paieraient le prix de cette hausse de la valeur du yuan.

De toute façon, un renchérissement du yuan n’entraînerait pas une hausse significative des ventes des entreprises américaines, car dans la plupart des cas les moyens de production ont été détruits lors de la délocalisation des usines vers la Chine, l’Inde, le VietNam ou les Philippines. À titre d’exemple, l’usine de la General Motors en banlieue de Montréal a été démantelée lors de sa délocalisation ; on ne reconstruit pas rapidement une usine de montage d’automobiles et toutes les entreprises sous-traitantes qui en dépendent.
La délocalisation a entraîné une baisse dramatique des effectifs industriels dans la population active américaine qui est passée de 32,6 % en 1974 à 18 % environ en 2009. Avec un PIB de 14 600 milliards de dollars, l’industrie américaine ne représente plus que 2 993 milliards de dollars (20% du total) dont la majeure partie dépend de l’industrie de l’armement (30% des exportations mondiales). La consommation représente 70 % du PIB des Américains. Les USA ne produisent pas, ils consomment. Les États-Unis sont de moins en moins un pays industriel et de plus en plus un État parasitaire et prédateur spécialisé dans la consommation de masse de produits importés achetés à crédit, en quelque sorte la Rome dégénérée des temps modernes.

De plus, un renchérissement de 10 % ou de 15 % du prix des produits chinois ne serait pas suffisant pour permettre aux entreprises occidentales de concurrencer la Chine. Il faudrait une hausse de probablement 25 ou 50 % des prix pour que les usines canadiennes, américaines ou françaises puissent produire à meilleur marché. Par contre, suite à une telle hausse de prix les dragons asiatiques et l’Inde seraient à même de s’emparer des marchés et d’y malmener leurs concurrents chinois. On le voit, les guerres commerciales inter impérialistes sont féroces et perpétuelles. Si les grands capitalistes internationaux font consensus pour rejeter le fardeau de la crise sur le dos des travailleurs, en revanche, ils se déchirent comme des chiffonniers pour s’approprier les ressources naturelles et les marchés.

Ce refus de réévaluer sa monnaie semble étrange de la part de la Chine. Ses coûts de production sont si bas qu’elle pourrait hausser ses prix de dix ou de quinze pour cent sans perdre ses marchés étrangers au profit de l’Inde ou d’autres pays asiatiques. Alors pourquoi ne réévalue-t-elle pas sa monnaie pour empocher ce bénéfice facile ? C’est que les impérialistes chinois sont de fins renards. Cette hausse de prix entraînerait une baisse de la demande pour les produits chinois de la part des consommateurs pauvres que desservent tous les Walmart de ce monde (70 % de tout ce que vend cette chaîne américaine, première entreprise mondiale, provient de Chine) et provoquerait une spirale inflationniste catastrophique dans les pays importateurs. Étant donné que 80 % des ménages occidentaux sont déjà très lourdement endettés, une soudaine hausse des prix entraînerait le défaut de paiement et la faillite personnelle de nombreux consommateurs comme ce fut le cas en 2008 aux États-Unis lors du crash de l’immobilier, une crise dont l’économie mondiale ne s’est pas encore remise (17).

L’intérêt présent de la Chine est de résister à la cupidité des multinationales occidentales installées sur son sol et de maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs occidentaux en attendant qu’elle ait développé son marché intérieur et conquis les marchés africain et sud américain et consolidé ses positions sur les marchés occidentaux. Le gouvernement chinois vient d’annoncer 1 500 milliards de dollars d’investissement afin de développer de nouveaux secteurs de production. C’est donc la Chine qui présentement jugule les poussées inflationnistes sur les marchés occidentaux. Quand le temps sera venu, les capitalistes chinois passeront à la caisse, et alors les temps seront très difficiles pour leurs concurrents occidentaux. C’est alors que la bourgeoisie nous serinera à l’oreille le chant raciste et sinophobe de la guerre impérialiste contre les Chinois, contre les Coréens et contre tous ces « jaunes hypocrites » qui appauvrissent « nos » misérables riches.

* Il va de soi que nous sommes sortis du “capitalisme” primitif, concurrentiel, tel que le Marx et Engels en ont effectué l’analyse et la critique : il s’agit d’une forme mutante et tératologique du capitalisme d’antan (qui fut d’abord un capitalisme patrimonial), à savoir un anarchocapitalisme d’actionnariat, oligarchique, intégré (capital industriel et capital bancaire) et internationaliste en phase impérialiste.

** Une telle pratique financière est basée sur le principe de la pyramide, le spéculateur financier devant sans cesse trouver un plus grand nombre de nouveaux investisseurs spéculateurs dont l’argent lui sert à payer les intérêts des spéculateurs précédents jusqu’à ce que la pyramide s’écroule faute de nouveaux investisseurs spéculateurs (18).


La guerre contre l’Iran

Quand George W. Bush a envahi l’Irak, ce n’était pas seulement l’Irak qu’il visait… Quand George W. Bush a agressé l’Afghanistan, ce n’était pas seulement l’Afghanistan qu’il visait… Quand un président américain attaquera l’Iran, ce ne sera pas seulement l’Iran qu’il visera, ce sera surtout le Détroit d’Ormuz. Pour entraver le commerce du pétrole dans le Golfe persique, il faut pouvoir fermer le Détroit d’Ormuz à toute navigation. Les stratèges américains en sont venus à la conclusion qu’il leur fallait attaquer l’Iran qui, occupant les côtes Nord et Est du détroit, possède la capacité militaire de fermer le détroit, en laissant croire que les États-Unis s’y opposent (19).

Les États-Unis se préoccupent très peu des ogives nucléaires pakistanaises pourtant grandement menacées par l’instabilité de ce gouvernement moribond. Les États-Unis ne se sont pas préoccupés du nucléaire iranien quand le Shah était au pouvoir à Téhéran et qu’il avait placé le pétrole iranien sous contrôle américain. Les États-Unis se sont préoccupés du nucléaire iranien quand l’Iran a réuni, il y a quelques années, une dizaine de pays exportateurs de pétrole et de gaz ainsi que quelques clients, dont la Chine et quelques pays membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai et qu’elle leur a proposé de transiger les hydrocarbures en se servant d’un panier de devises duquel serait exclu le dollar de plus en plus problématique.

Tel que souligné précédemment, le jour où les pays exportateurs de pétrole abandonneront le dollar comme devise pour leur commerce marquera la fin de la suprématie du dollar et la fin de l’hégémonie financière des États-Unis d’Amérique. Barak Obama l’a réaffirmé devant le Congrès américain à l’occasion du premier anniversaire de son intronisation « Je ne laisserai pas les États-Unis devenir la seconde puissance mondiale ».

Voilà pourquoi la superpuissance déclinante se préoccupe tellement de l’Iran et ce pour quoi elle a lancé son Pitbull israélien sur la piste du nucléaire iranien. Les États-Unis possèdent quelques milliers d’ogives nucléaires de nouvelle génération extrêmement performantes et destructrices. La première bombe iranienne, de première génération, fait bien rire les stratèges du Pentagone. Jamais on ne les entendra rire cependant ; il faut un prétexte sérieux pour fermer le Golfe persique à la navigation internationale.

3.2 Rétablir l’hégémonie du dollar

Nous faisons l’hypothèse que l’attaque contre l’Iran visera essentiellement à fournir le prétexte pour qu’en représailles ce pays ferme le Détroit d’Ormuz à la circulation pétrolière internationale privant instantanément le monde de la moitié de ses approvisionnements en hydrocarbures. Imaginons un instant la crise économique qui s’ensuivra. Hausse drastique du prix du pétrole, renchérissement des marchandises, inflation, déclin des capacités chinoises de production (la Chine tenue à dessein dépendante du pétrole du Golfe persique), hausse de la valeur de la monnaie refuge (le dollar) et baisse de la valeur des monnaies des pays concurrents devenus incapables de faire fonctionner leurs usines ou de livrer leurs marchandises.

Ceux qui auront songé à utiliser un panier de devises pour les échanges pétroliers devront se raviser. Les « majors » américaines contrôlant la plupart des autres gisements de pétrole sur terre (sauf au Venezuela) approvisionneront les « bons » et sanctionneront les « méchants »… « Vous êtes avec nous ou contre nous, disait Georges W. ». Soulignons que les États-Unis s’approvisionnent en pétrole dans le Golfe du Mexique, en Alaska, au Venezuela et au Canada (sables bitumineux de l’Alberta), et qu’ils ne sont pas du tout dépendants du pétrole du Moyen-Orient.

Il est fort probable que ce remède drastique pour rétablir la crédibilité du dollar et la puissance financière américaine ne sera utilisé qu’en dernier recours car les conséquences seront énormes pour l’économie mondiale ainsi que pour l’économie des alliés de Washington (Europe et Japon). Dans la vie, les impérialistes ne se préoccupent que de leurs profits, pas de ceux de leurs amis.

Tous les préparatifs de guerre des différents pays du pourtour du Golfe persique ne visent que cet objectif. Les Américains viennent de vendre pour 125 milliards d’armements aux pays du Golfe (excluant l’Iran évidemment) en prévision de cette attaque.

3.3 L’agression

Certes on ne peut prédire avec certitude la date exacte de l’attaque, mais dans la mesure où Barak Obama a prévu pour 2014 le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan, on peut penser que l’assaut aura lieu entre 2011 et 2014, possiblement en 2013 l’année suivant son hypothétique réélection. Si Barak Obama n’était pas réélu, on peut penser que le président républicain qui le remplacera ne sera que plus pressé de déclencher l’agression. L’assaut sera essentiellement aérien. Suite aux expériences irakienne et afghane, l’Amérique sait qu’elle ne peut occuper un pays trois fois plus étendu que l’Irak et trois fois plus peuplé que l’Afghanistan. Il est donc hors de question de s’emparer et de contrôler directement les puits de pétrole iraniens. L’armée américaine peut détruire ce pays du haut des airs, mais elle ne peut le contrôler ni l’administrer si elle ne l’occupe pas militairement.

La « révolution verte » ayant tourné court, il est maintenant évident que les politiciens amateurs qui aspiraient à s’emparer du pouvoir en Iran, à la faveur d’une élection truquée, ne font pas le poids devant la confrérie des mollahs. Le gouvernement d’Ahmadinejad sera ébranlé mais pas renversé. Ce ne serait pas utile de toute façon. Au contraire, comment justifier le minage du Détroit d’Ormuz avec un gouvernement coopérant installé à Téhéran ?

Les militaires israéliens hystériques continueront de trépigner à Tel-Aviv, ils ne seront pourtant pas autorisés à attaquer, histoire de ne pas froisser la susceptibilité des princes arabes qui, tout en demeurant alliés des Américains, subiront tous les inconvénients de leur tactique militaire (arrêt temporaire de leurs exportations). L’armée israélienne aura pour mission d’attaquer le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Sud Liban ; ils s’y préparent déjà. Les troupes israéliennes parviendront à détruire les infrastructures et à assassiner des milliers de civils libanais et gazaouis, mais ils ne parviendront pas à éradiquer le Hamas et encore moins le Hezbollah qui pourrait bien infliger un troisième revers consécutif à l’armée sioniste (20).

L’Irak retombera dans la guerre civile sous la poussée des milices chiites sous influence iranienne. Mais les États-Unis se seront déjà dégagés de ce guêpier. Par contre, la réussite de cette tactique nécessite que la crise afghane soit déjà réglée.

3.4 L’Afghanistan et le Pakistan

Dans un article paru en juin 2010, je soulignais le fait qu’une escadre américaine composée du porte-avions Truman et d’une douzaine de navires d’escorte dont un lanceur de missiles israélien avaient traversé le Canal de Suez en direction de la Mer rouge, ce qui ne signifiait nullement qu’une attaque contre l’Iran était imminente (21). En effet cette escadre allait alors renforcer la ligne d’attaque contre les talibans repliés dans les « zones tribales » au nord-ouest du Pakistan (22).

Pendant ce mois de juin 2010 les services militaires israéliens furent particulièrement agités. Ils firent courir le bruit, via le Sunday Times de Londres, d’un accord de l’Arabie Saoudite pour un usage offensif de son espace aérien en prévision d’une attaque aérienne imminente. Après le démenti saoudien, comme de raison les rumeurs émanant de l’État-major israélien se tournèrent vers la base américaine de Diego Garcia qui effectivement fut mise à contribution, non pas pour attaquer l’Iran comme nous le savons maintenant, mais pour intensifier l’agression contre le Nord du Pakistan, sanctuaire des forces de la résistance afghane. Cette intensification de l’agression bat son plein présentement et chaque jour les drones américains guidés par satellite depuis les États-Unis s’abattent du haut des airs sur la population du Pakistan et de l’Afghanistan (23). Ce ne serait pas une surprise d’apprendre que le porte-avions Truman n’est jamais entré dans le Golfe persique et qu’il s’est sagement amarré en mer d’Oman à l’entrée du Golfe. En effet, ses avions, ses missiles et ses drones peuvent ainsi attaquer les talibans sans survoler l’espace aérien iranien.

À tour de rôle les généraux de l’OTAN l’ont admis : ils ne gagneront jamais leur guerre afghane, pas plus que les Russes n’ont gagné la leur. Alors pourquoi cette intensification des bombardements et bientôt ces 30 000 soldats américains supplémentaires dans une guerre perdue d’avance ? Les Américains n’occupent pas ce pays des plus pauvres de la planète pour s’emparer de ses richesses naturelles (mis à part le pavot) ; ce n’est pas non plus pour y chasser la centaine de survivants d’Al Qaida que le Pentagone sait avoir décimés depuis longtemps ; ce n’est pas non plus pour enfoncer les principes de la démocratie en mettant du plomb dans la cervelle des Afghans. Alors pourquoi toutes ces dépenses pour massacrer un peuple pauvre, analphabète, jouissant de l’espérance de vie parmi les plus courtes de la planète (45 ans) ? Notre hypothèse, c’est qu’ils se préparent en vue d’espionner et d’agresser les principaux protagonistes de l’Organisation de coopération de Shanghai (Chine, Russie).

À cette fin, ils ont besoin des talibans « modérés », ceux qui acceptent de négocier, qui seront contraints d’accepter l’établissement dans leur pays de quelques bases militaires secrètes de l’OTAN. Quand les résistants afghans « modérés » auront accepté ces conditions, le pauvre Karzaï, s’il est toujours vivant, leur sera abandonné. Mais la partie n’est pas jouée pour autant, car les talibans sont en position de force et ne sont pas disposés à négocier. Il y a encore fort à faire pour les armées de l’OTAN pour les forcer à négocier (24). Grâce à ces bases militaires à partir du territoire afghan, des commandos américains pourront mener des raids secrets vers l’Ouzbékistan, le Turkménistan et vers le Kazakhstan afin de dynamiter les oléoducs que la Chine a déjà fait construire en prévision de cette guerre afin de maintenir ses approvisionnements en gaz et en pétrole russe, kazak et iranien. Il n’est pas question que la Chine obtienne par voie terrestre ce qui lui aura été refusé par la mer.

Il ne sera même plus utile d’exhiber l’épouvantail de l’oppression de la femme iranienne (« Jamais sans ma fille »), irakienne, pakistanaise ou afghane (« retirer cette burqa que je ne saurais voir ») à moins que certaines ONG féministes estiment qu’elles peuvent collecter quelques deniers supplémentaires avant de plier bagage devant la colère populaire des mères amères. Ce qu’elles attendent, ces femmes afghanes, pakistanaises, irakiennes et iraniennes, ce n’est pas l’aumône de ces ONG, ou qu’elles reconstruisent ce que les armées détruisent, mais que chacune d’entre elles retourne dans son pays d’origine arrêter le bras séculier de leur gouvernement.

Il est vrai que l’Alliance de Shanghai a refusé la demande d’adhésion iranienne afin de ne pas se retrouver en situation d’avoir à défendre l’Iran lors de l’attaque américaine. Le bloc asiatique n’est pas encore préparé à engager le conflit ultime avec le bloc transatlantique.

Ceux qui doutent de l’alliance entre Pékin, Moscou et Téhéran, suite à l’annulation par la Russie de la livraison du système antimissile S-300 à l’Iran, découvriront, le jour de l’attaque, que l’Iran possède des systèmes S-300 ou l’équivalent. Wikileaks nous a appris que la Russie avait troqué les systèmes S-300 destinés à l’Iran contre l’accès à la technologie des drones américano-israéliens. Cependant, la Russie n’a jamais déclaré qu’elle n’aiderait pas l’Iran à se défendre.

3.5 La suite

Qu’adviendra-t-il suite à ce « désastre » iranien ? Des milliers de morts civils en Iran, à Gaza, au Liban, des pays ravagés, détruits en partie mais pas domptés pour autant. On peut penser que les capacités d’exploitation et de raffinage de l’Iran seront réduites à néant pour quelque temps. Le dollar sera réévalué et il aura repris momentanément la première place comme devise de réserve, les autres monnaies auront été dévaluées et les devises du monde entier seront retournées enrichir les financiers de Wall Street. Les populations qui auront fait les frais de cette guerre de rapine, de ce conflit du pétrole et de cette crise économique prendront quelques années à s’en relever.

Dans la mesure où les capacités économiques et industrielles de la superpuissance chinoise et de son allié russe n’auront pas été affectées durablement, rien ne sera joué pour autant. L’axe Pékin-Moscou-Téhéran se sera raffermi et le bloc asiatique – Alliance de coopération de Shanghai – sera prêt à affronter à nouveau le bloc transatlantique dans une ronde subséquente pour le partage des ressources naturelles et des marchés mondiaux.

Les propriétaires des moyens de production (usines, transports, ressources naturelles, services), les banquiers et les financiers, les spéculateurs et les tondeurs de coupons richissimes ne peuvent plus accepter aujourd’hui ce qu’ils ont dû concéder hier. La situation économique et politique n’est plus la même, l’empire est en déclin et l’ennemi impérialiste étranger est à l’intérieur de la cité. Branle-bas de combat. La guerre des monnaies annonce la guerre des blocs, et les peuples du monde feront les frais de cette guerre interimpérialiste à moins que les sautes « d’humeur » populaires, les combats sur le front économiques pour la défense du pouvoir d’achat ne se transforment en révolte politique consciente. L’impérialisme, c’est la guerre, disait un homme célèbre. La résistance est la seule protection du peuple, disait un autre.

Robertbibeau